Omniprésente crise. Qui s'incruste dans toutes les conversations. Du bistrot du coin aux dîners mondains. En janvier dernier, à Milan, puis à Paris, lors des défilés de prêt-à-porter masculin automne-hiver 09-10, le sujet était sur toutes les lèvres. Et tous les podiums. Plusieurs marques jouent la carte de la prudence, s'en tiennent aux basiques. Burberry ou Dolce & Gabbana adoptent la stratégie du retour aux sources. En renouant avec des valeurs sûres, leur ADN. Du tartan, des trenchs pour la griffe british, un look Palerme (costume noir, chemise blanche, casquette) du côté du binôme sicilien.
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Omniprésente crise. Qui s'incruste dans toutes les conversations. Du bistrot du coin aux dîners mondains. En janvier dernier, à Milan, puis à Paris, lors des défilés de prêt-à-porter masculin automne-hiver 09-10, le sujet était sur toutes les lèvres. Et tous les podiums. Plusieurs marques jouent la carte de la prudence, s'en tiennent aux basiques. Burberry ou Dolce & Gabbana adoptent la stratégie du retour aux sources. En renouant avec des valeurs sûres, leur ADN. Du tartan, des trenchs pour la griffe british, un look Palerme (costume noir, chemise blanche, casquette) du côté du binôme sicilien. Autre réaction : certaines maisons transforment le catwalk en manifeste politique. Comme Miuccia Prada ou Riccardo Tisci (Givenchy) qui dessinent un homme sombre, glacial. A l'inverse, Lucas Ossendrijver (Lanvin) prend la tangente avec une collection jeune, confort, taillée pour le cocooning. Le vêtement comme valeur refuge. Pied de nez à la morosité. " On peut faire une collection très noire, très sombre, déclarait le styliste néerlandais à l'issue de son défilé. Mais dans un contexte difficile, il faut être optimiste, donner envie aux gens. " A la Barack. C'est précisément un sosie d'Obama tout sourire qui clôturait la présentation Lanvin. L'ombre du jeune président américain planait aussi chez Armani, dont le défilé tombait le 20 janvier, jour d'investiture. " Dottore " Giorgio portait un badge à l'effigie du nouveau leader. Jean Paul Gaultier lui dédie pour sa part un opus inspiré de la culture ska. En perruques afro, les mannequins de la ligne Gaultier2 (hommes, femmes et enfants) sont venus saluer le public, champagne à la main, mine festive. Moins explicite, mais sans aucun doute nourrie de l'humeur métis ambiante - même si l'on peut regretter la surreprésentation, surtout à Milan, des mannequins blancs - la nouvelle collection Louis Vuitton trouve son inspiration sur le Continent noir. Paul Helbers dit s'être passionné pour " l'Afrique et ses grandes lignées de rois, en imaginant les caravanes royales parcourant le monde moderne ". Une ode au nomadisme. Une promesse de rêve et d'évasion. Une issue de secours ? Costumes, manteaux, trenchs, cabans, le retour en force des basiques reflète le sursaut de prudence des marques. Même John Galliano, par-delà les apparences " balcostumées " de son show, propose des pièces franchement portables pour l'hiver prochain. Dries Van Noten et Raf Simons s'acquittent d'un véritable travail de tailleurs old school. Christopher Bailey, empreint de " nostalgie moderne ", revient aux racines de Burberry ( photo). Pour égayer son vestiaire à dominante noire, on s'asperge çà et là de rouge. De bordeaux, aussi. Promis, ça ne tache pas. Ça ne fait pas tache non plus, d'ailleurs. Ça rend beau, c'est tout. Chez Dirk Bikkembergs, Etro ou Jean Paul Gaultier en total look ( photo). Ou sur des chaussettes Hermès, un revers de veste Burberry, des chaussures Paul Smith, un gilet de costume Dsquared2, un blouson Versace, un bonnet Louis Vuittonà L'audace se distingue dans les détails. Dans des imprimés géométriques, des coupes graphiques. Vu chez Neil Barrett, Giorgio Armani, Hugo ( photo), Gaspard Yurkievich, Missonià Le gris, le noir, le bleu marine ont dominé les podiums. Ils sont partout. Prada ( photo), Hugo, John Richmond, Costume National, John Varvatos, Ann Demeulemeester, Gucci (en partie)à On pense à l'optical art, ou aux années 1980. Le noir et blanc est à nouveau au goût du jour. Dolce & Gabbana ( photo), Dior Homme, Gianfranco Ferré, Jean Paul Gaultierà Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Des matières confortables. Du jersey et pas mal de cachemire. Luxe et volupté chez Salvatore Ferragamo, Dirk Bikkembergs ( photo), Costume National, Hermèsà Beaucoup de tweeds, de velours, de laines (Veronique Branquinho, Emporio Armani, Dries Van Noten). Des motifs prince-de-galles, tennis, collège (Moschino, Paul Smith). Des références aux maîtres du dandysme, Oscar Wilde ou Beau Brummell (D&G, Alexander McQueen ( photo), John Galliano). L'inspiration british, déjà très présente en 2008 avec le tartan, confirme sa place : haut sur les podiums. Avatar de l'uniforme militaire (disparu des collections de l'été 2009), le look de beau cavalier s'impose chez Ann Demeulemeester ( photo), Comme des Garçons, sur vestons ou imprimés trompe-l'£il chez D&G. En rangers ou en bottes, le gars de 2010 ne se rend pas. Il affronte la rue, les pieds sur terre, chaussés lourd chez Kris Van Assche ( photo), Giorgio Armani, Lanvin, Ann Demeulemeesterà C'est la dernière nouveauté venue tout droit du vestiaire des femmes. Le legging pointe le bout de son nez un peu partout. Selon les de-signers, l'idéal est de le porter avec des grosses boots ( voir tendance 9). Chez Gucci, Savaltore Ferragamo, Marni, Givenchy ( photo), Kris Van Assche, Ann Demeulemeesterà Baudouin Galler