L'Italie, l'Espagne ou la Grèce appartiennent désormais aux cuisines du monde bien connues. Aujourd'hui pour se dépayser le palais, il faut aujourd'hui aller chercher les saveurs de l'autre côté du globe. Et pas question de céder à la facilité ! Les nouveaux épicuriens évitent les schémas réducteurs façon Japon = sushi. Face à des convives de plus en plus avertis, les cantines exotiques, elles, se surpassent. Côté cadre, on évite les clichés. Les propriétaires n'hésitent pas à faire appel à des architectes d'intérieur tendance pour concevoir des décors en phase avec les goûts actuels. Dans le même esprit, les cartes ne cèdent plus au banal porc aigre-doux ou au mezzé oriental sans âme. Au fur et à mesure que grandit dans le public le savoir relatif aux mets d'ailleurs, il y a une véritable volonté du côté des chefs de prouver que les cuisines du monde, elles aussi, possèdent des terroirs. Il est donc question de leur rendre hommage au plus juste de leurs préparations et de leurs spécificités. On songe surtout au restaurant le Samouraï, situé dans un recoin de la rue Fossé aux Loups. Cette adresse - qui existe depuis 1975 - permet une initiation à la cuisine japonaise telle qu'on pourrait la déguster à Tokyo. Pour preuve, le chef, Saito Harumi, est de ceux qui sont passés par les meilleures maisons japonaises.
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L'Italie, l'Espagne ou la Grèce appartiennent désormais aux cuisines du monde bien connues. Aujourd'hui pour se dépayser le palais, il faut aujourd'hui aller chercher les saveurs de l'autre côté du globe. Et pas question de céder à la facilité ! Les nouveaux épicuriens évitent les schémas réducteurs façon Japon = sushi. Face à des convives de plus en plus avertis, les cantines exotiques, elles, se surpassent. Côté cadre, on évite les clichés. Les propriétaires n'hésitent pas à faire appel à des architectes d'intérieur tendance pour concevoir des décors en phase avec les goûts actuels. Dans le même esprit, les cartes ne cèdent plus au banal porc aigre-doux ou au mezzé oriental sans âme. Au fur et à mesure que grandit dans le public le savoir relatif aux mets d'ailleurs, il y a une véritable volonté du côté des chefs de prouver que les cuisines du monde, elles aussi, possèdent des terroirs. Il est donc question de leur rendre hommage au plus juste de leurs préparations et de leurs spécificités. On songe surtout au restaurant le Samouraï, situé dans un recoin de la rue Fossé aux Loups. Cette adresse - qui existe depuis 1975 - permet une initiation à la cuisine japonaise telle qu'on pourrait la déguster à Tokyo. Pour preuve, le chef, Saito Harumi, est de ceux qui sont passés par les meilleures maisons japonaises. Ce restaurant se présente comme une cantine longiligne à la déco contemporaine. On songe d'emblée à un baby loft new-yorkais. Musique rythmée, touches de couleur et service sympa, au Siam Square on est du côté de l'adresse cool pour passer une soirée entre amis. L'assiette préparée par une équipe du cru est plutôt réussie : le tofu au curry vert et lait de coco (9,90 euros) surfe avec beaucoup de justesse sur les piments et rend un hommage mérité à la cuisine thaï. Mention également pour la salade de b£uf grillée Yam Neva. Dans un esprit très frais et sain, l'adresse accorde aussi une large place aux préparations végétariennes. Siam Square, 118, rue Américaine, à 1050 Bruxelles. Tél. : 02 346 32 00. Orientalia a été ouvert par deux frères libanais venus étudier les mathématiques et la chimie en Belgique au début des années 1970. Afin de combler un vide culinaire, ils décident d'ouvrir une cantine-snack sans prétention respectant la lettre et l'esprit de la cuisine libanaise. Feyrouz, la s£ur, en livre une version inspirée radicalement opposée aux mets gras et imbibés d'huile d'olive. Ses recettes sont en effet ciselées et exhalent la juste dose et le raffinement lié à l'utilisation savante de produits simples mais frais. Feyrouz prépare des mets qui s'inscrivent dans la tradition de la cuisine libanaise catholique, soit des plats végétariens conçus à l'origine pour le carême tels que des omelettes avec courgettes, ail, persil et menthe ou des salades parfumées de coriandre, d'ail et d'oignons confits. Elle travaille aussi la cuisine plus classique avec des préparations comme les falafels, les taboulés - plein de persil - et le hoummos. On recommandera sans hésiter le kibbeh qui mêle avec gourmandise viande d'agneau, boulgour et pignons de pain. On mange pour moins de 25 euros. Orientalia, 129, chaussée de Mons, à 1070 Bruxelles. Tél. : 02 520 75 75. S'il est un endroit qui est au-dessus du lot en matière de restaurant japonais, c'est sans hésiter le Samouraï. Cet établissement qui a la taille d'un bonzaï est géré en famille sous la houlette de Sasaoka Teruo, le père. Ce chef £uvre avec une justesse et une probité totale. Là où certains se contentent d'envoyer un riz trop froid et du gingembre confit de seconde zone à des autochtones peu versés dans la gastronomie nippone, Sasaoka travaille comme il le ferait s'il se trouvait en plein c£ur de Tokyo ou d'Osaka. On prend toute la mesure de son talent en commandant une soupe miso en guise de mise en bouche. Rien à voir avec l'habituel bouillie fadasse et lyophilisée. Ici, fumets et saveurs sont au rendez-vous. Ensuite, on fond pour les coquilles Saint-Jacques frites à la sauce soja et gingembre (16 euros). Sushi et sashimi, eux, comptent parmi les meilleurs de Bruxelles. Et puis le Samouraï, c'est people : quand elles sont à Bruxelles, nombreuses sont les stars - comme Marie Gillain, Alain Bashung ou Catherine Deneuve - qui viennent y faire un tour. Samouraï, 28b, rue Fossé aux Loups, à 1000 Bruxelles. Tél. : 02 217 56 39. Internet : www.samourai-restaurant.be Ce qui frappe ici d'emblée, c'est la mise en scène contemporaine. Ensuite, c'est le look de cette adresse vietnamienne qui étirée tout en longueur annihile toute impression d'exiguïté. Dès l'entrée, un très beau bar circulaire donne le ton d'un décor tout en harmonie. Le mauve règne en maître dans ce restaurant à la chaleur intimiste. La carte sur laquelle figurent des mets en cascade vous est rapidement présentée. Le service est en effet l'un des points forts de l'endroit. Du côté de la cuisine, c'est franchement bon. On retrouve les grands classiques - dont une délicieuse et diététique soupe Pho - mais aussi quelque suggestions. En entrée, les rouleaux de printemps ne déméritent pas. Frais et bien croquants, ils mettent en appétit. En plat, une grande soupe-repas nouilles et poulet (10 euros) rassasie. Un délice savamment parsemé de lemon-grass et de citronnelle. L'adresse propose également une large sélection de vins. Little Asia, 8, rue Sainte-Catherine, à 1000 Bruxelles. Tél. : 02 502 88 36. Ou l'approche cosmopolite et brillante des cuisines extrême-orientales. Aux commandes : Caroline Bonte, une Bruxelloise fascinée par l'Asie et dont la passion est sans £illères. La jeune femme refuse de s'en tenir à une seule cuisine et son restaurant permet de s'initier à la fois aux cuisines indiennes, chinoises, thaïes et vietnamiennes. Les mets sont préparés sans fausse note par une chef thaï. Les lentilles à l'indienne sont parfaites et arrivent à bonne température à table. Côté déco, Caroline Bonte a fait appel à Laurence Sonck, une architecte d'intérieur qui a imaginé un cadre à la fois minimaliste et chaud. Le tout pour un chic urbain réussi qui évite les pièges du tape-à-l'£il. Cela donne des murs sombres (un marron intense mêlé de noir), deux grands panneaux de Plexiglas illuminés par derrière, un plancher foncé et des accessoires de tables en inox. Côté bonnes nouvelles, on notera que l'addition reste bien sage et que l'on peut se faire un joli festin pour moins de 25 euros. En été, 26 couverts s'offrent en terrasse. Citizen, 4, rue Saint-Boniface, à 1050 Bruxelles. Tél. : 02 502 00 08. Vingt ans d'existence pour cette cantine située dans le quartier de l'université : cette longévité exceptionnelle ne trompe pas. On portera une attention toute particulière aux préparations " viandeuses " façon roulade de b£uf aux cinq parfums (6,50 euros) ou la fondue vietnamienne impériale (42 euros pour deux couverts). Un autre bon plan consiste à opter pour le menu quatre services qui s'affiche à 23,50 euros et constitue une excellente initiation à la cuisine vietnamienne. Côté cadre, on apprécie le décor à deux vitesses : au rez-de-chaussée ambiance lounge, tandis que l'étage décline une atmosphère de maison vietnamienne traditionnelle qui culmine dans les lambris de bois et les ventilateurs. Le service, lui, est à la fois prévenant et efficace. L'Orchidée Blanche, 436, chaussée de Boondael, à 1050 Bruxelles. Tél. : 02 647 56 21. Le restaurant Noï de Linkebeek est l'une des grandes références bruxelloises en matière de cuisine thaïe. Cette ancienne menuiserie reconvertie en restaurant thaïlandais de la première heure attire son lot d'afficionados. Tant et si bien que Noï a décidé en 2000 d'essaimer dans le haut de la ville ainsi qu'à Wavre. Pour Bruxelles, c'est la chaussée de Charleroi qui a été choisie. Soit, un bel emplacement pour une cantine 100 % urbaine. L'endroit fait valoir une longue salle, haute de plafond, qui s'ouvre sur un imposant bar. L'atmosphère est raffinée et contemporaine. En entrée, le tout bon plan consiste à s'offrir l'assiette Noïcha (10,30 euros) qui permet de déguster plusieurs entrées délectables : beignets de crevette, raviolis frits, brochettes de poulet... En plat, le poulet au basilic thaï révèle un joli condensé de saveurs. L'adresse initie également à la street food avec des soupes telles qu'on peut les trouver en rue aux quatre coins des villages thaïs. Noï, 39, chaussée de Charleroi, à 1060 Bruxelles. Tél. : 02 537 44 47. Internet : www.noi.be L'accueil réservé par Adela sa propriétaire - une conductrice de camion chilienne devenue réfugiée politique - vaut à lui seul le déplacement. L'Araucana (le nom rend hommage aux premiers habitants du Chili) est dédié à la viande. Des steaks de b£uf argentin de 500 grammes parfaitement cuits s'affichent à 20 euros. Ces derniers se savourent " bruts " dans l'assiette avec des tomates mêlées d'ail et des frites maison. Excellent. L'endroit propose aussi d'énormes scampis, des empañadas (des chaussons farcis chiliens), un vrai ceviche qui n'a rien d'un pseudo-tartare et du pastel de choclo (de la viande hachée de poulet enrobé de pâte de maïs)... L'impression de dépaysement est totale ainsi que celle de passer une soirée de l'autre côté de l'Atlantique. Surtout les vendredis et samedis soirs où des musiciens viennent mettre l'ambiance. Quelques détails qui ne passeraient pas ailleurs font ici partie du charme : la déco très kitsch et le vin servi trop chaud. Araucana, 63, rue Hôtel des Monnaies, à 1060 Bruxelles. Tél. : 02 539 25 76 ou 0496 38 04 88. Dès l'entrée, le ton est donné. Le convive est embarqué sur un véritable chemin de galets qui réussit à évoquer l'Asie de belle façon. On comprend d'emblée que les allusions à la Thaïlande seront subtiles et de bon goût. On repère ensuite le beau mur recouvert d'un texte calligraphié en relief. A l'étage, l'£il est apaisé par des tonalités où domine une harmonie de couleurs qu'on qualifierait de taupe. Le mobilier, le mur recouvert d'une fine cloison de bois, un bel éclairage... L'atmosphère est très agréable. Deux espaces supplémentaires affichent des lignes intéressantes : un bar fumoir au rez-de-chaussée et une mezzanine mise en valeur par un jeu de lattis et de poutres. Côté cuisine, les mets sont à la hauteur. On conseille d'entamer par une excellente soupe thaïe à base de bouchées de b£uf. En plat, même le basique poulet aigre-doux fait mouche, en faisant l'économie des habituels glutamates. Rien que du beau travail : pas de liant bidon mais une sauce offrant une texture légère et intéressante. Dans le même esprit, les légumes sont servis découpés avec grand soin et un raffinement non feint. Mention aussi pour le service tout en gentillesse. L'addition tourne aux alentours de 35 euros le couvert. Bois Savanes, 208, chaussée de Waterloo, à 1640 Rhode- Saint-Genèse. Tél. : 02 358 37 78. Niché là où ça bouge, c'est-à-dire du côté de la place Saint-Géry, Hang Hao a des allures d'élégante microcantine vietnamienne. C'est un beau défi que d'avoir réussi à planter une atmosphère contemporaine dans un lieu si restreint. Les murs verts s'harmonisent parfaitement avec les abat-jour à motifs et l'ensemble dégage un certain fonctionnalisme design. La cuisine ne se prend pas la tête : potages parfumés, b£uf grillé ou porc caramélisé. C'est bon, fait consciencieusement et cela reste très démocratique (moins de 20 euros le couvert). On aime beaucoup l'esprit familial qui règne ici : deux frères et une s£ur en salle, tandis que le père officie en cuisine. Détail amusant : on peut entrevoir le chef par une petite lucarne montée d'un encadrement de type £uvre d'art. Preuve supplémentaire que la cuisine en live pourrait bien relever de la catégorie des Beaux-Arts. Hang Hoa, 18, rue du Pont de la Carpe, à 1000 Bruxelles. Tél. : 02 502 87 14. Cette adresse thaïe est sans doute l'une des plus plébiscitées à Bruxelles. La recette de son succès tient probablement à son décor minimaliste et à son ambiance empreinte de simplicité. La salle en forme de grand cube accueille les foodies sans flonflons. Les tables de métal renforcent l'idée d'une cantine sans effets de manches. Au mur, une énorme peinture contemporaine empêche l'endroit de sombrer dans la froideur. Une froideur qui est également tenue à distance par une équipe en place bien rodée. On a l'habitude ici de jouer à guichets fermés. L'assiette s'affiche thaïe avec des moments forts comme les scampi aux légumes et gingembre, le poulet coco ou les délicieuses soupes épicées (addition aux alentours de 25 euros). La carte des vins n'est pas sans intérêt mais mieux vaut se laisser tenter par la Shinga, une bière thaïe tout en légèreté. En été, la petite terrasse urbaine à même le trottoir ajoute au charme du lieu. Le Deuxième Élément, 7, rue Saint-Boniface, à 1050 Bruxelles. Tél. : 02 502 00 28. Conçu sur les bases d'un ancien restaurant japonais, le Lotus Bar propose une carte 100 % thaï. Pitou Engels, le propriétaire, a opté pour une atmosphère à mi-chemin entre l'ethnique et le contemporain, le restaurant et le bar. A l'entrée une fontaine de fumée - un système allemand fonctionnant avec des ultrasons - plonge les convives dans une amusante ambiance mystique. La décoration a été conçue par Laurence De Bolle, une spécialiste du feng-shui : espace fluide, lustre imposant et bar aux vitraux multicolores. Le sous-sol, plus intimiste, associe fauteuils en osier et sièges en peau de zèbre pour une note plus décalée. En cuisine et en salle, une équipe thaïe apporte savoir-faire et gentillesse spontanée à l'ensemble. On goûtera les différents plats de currys et de lait de coco qui témoignent d'une belle maîtrise. Compter 35 euros le couvert. Lotus Bar, 12, rue Joseph Stevens, à 1000 Bruxelles. Tél. : 02 514 50 59. Michel Verlinden