Début avril, il soufflait comme un vent de panique sur le monde de l'horlogerie. Les salons spécialisés devaient être, selon certains, marqués par la morosité en raison des événements mondiaux. Les diverses crises, conflits étatiques et l'incertitude qui régnait sur l'évolution du marché étaient supposés avoir des retombées sur les grands rendez-vous de l'année. On craignait alors une chute du nombre de visiteurs aux foires et salons, ainsi qu'une forte baisse des ventes. Pourtant, à l'issue de ces expositions, le constat global s'est avéré plutôt positif. Les marques réunies se sont montrées rassurées, et même très motivées pour la suite. Si quelques-unes sont allées visiter les marchés asiatiques et américains pour améliorer encore leurs résultats, c'était aussi une manière de ne pas céder au syndrome de l'angoisse et d'anticiper une évidente relance seulement ralentie par une conjoncture difficile.
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Début avril, il soufflait comme un vent de panique sur le monde de l'horlogerie. Les salons spécialisés devaient être, selon certains, marqués par la morosité en raison des événements mondiaux. Les diverses crises, conflits étatiques et l'incertitude qui régnait sur l'évolution du marché étaient supposés avoir des retombées sur les grands rendez-vous de l'année. On craignait alors une chute du nombre de visiteurs aux foires et salons, ainsi qu'une forte baisse des ventes. Pourtant, à l'issue de ces expositions, le constat global s'est avéré plutôt positif. Les marques réunies se sont montrées rassurées, et même très motivées pour la suite. Si quelques-unes sont allées visiter les marchés asiatiques et américains pour améliorer encore leurs résultats, c'était aussi une manière de ne pas céder au syndrome de l'angoisse et d'anticiper une évidente relance seulement ralentie par une conjoncture difficile. Oui, cette année encore, les salons horlogers ont réussi à faire rêver. Dans les vitrines des maisons exposant à Bâle ou à Genève, peu de grandes innovations, peu de montres révolutionnaires à l'horizon, mais une profusion de jolis modèles prêts à passer aux poignets. Ce déballage de styles, de marques et de formes avait d'ailleurs quelque chose d'assez marquant : les nouveautés étaient moins " choc " mais plus " chic ". Même en période difficile, on achète des montres. On en achète toujours mais différemment. Les deux années passées avaient été marquées par une inflation des prix et une importante augmentation de la taille des boîtiers. En 2003, ces deux phénomènes se sont ralentis. La hausse sur l'étiquette sera donc moins forte, ce qui devrait intéresser une plus large clientèle. Les marques championnes toutes catégories en matière de taille de montres semblent, elles aussi, vouloir faire marche arrière. Ainsi, certains fabricants, toujours très attentifs aux demandes des clients, lancent des collections de petits formats. La maison Bell & Ross, très en pointe en ce qui concerne les orientations du marché, a présenté consécutivement deux collections pour suivre, comme le disait très justement son dirigeant Carlos Rosillo, la demande italienne. C'est un fait avéré, ce pays, gros consommateur de produits horlogers, s'intéresse de plus en plus aux montres " vintage " de faible diamètre comme les Bubble Back de Rolex des années 1930 et 1940 ou les montres des grandes manufactures des années 1960 qui ne dépassaient guère les 36 ou 38 mm. Ce changement d'attitude n'a pas manqué d'être perçu par les deux fondateurs de la marque au logo si caractéristique. Fins stratèges, ils se sont empressés de traduire cette demande en une collection de modèles classiques, efficaces et agréables au regard : la ligne Medium 34. Proposées en versions mécaniques à remontage automatique ou quartz et dans des déclinaisons chronographes, sur cuir ou bracelet en acier à mailles, ces pièces aux lignes claires et aux cadrans à lisibilité exceptionnelle seront appréciées autant par les femmes à la recherche de modèles graphiques que par des hommes se refusant à porter des montres débordant de leurs poignets. La maison Bulgari suit la même tendance si l'on s'en réfère à la nouvelle montre Bulgari-Bulgari Annual Calendar. Cette pièce offrant un calendrier annuel sur base de mouvement mécanique à remontage automatique ne dépasse pas les 38 mm de diamètre, une taille réduite pour ce genre de complication. Chez Oris, le modèle Petite Complication Phase de Lune, d'un diamètre extérieur de 38 mm, connaît, lui aussi, un beau succès. Enfin, si des personnes souhaitent porter une pièce d'une dimension légèrement supérieure à un prix similaire, elles auront toujours la possibilité de s'offrir la séduisante Highlife C£ur Ouvert Rétrograde, 39 mm de diamètre, en or ou acier, de la maison Frédérique Constant. Qu'il y ait un retour en force des montres de taille classique et des petits modèles ne veut pas dire pour autant que le règne de la montre de grand diamètre soit fini. Une chose est sûre, la majorité des maisons de renom ne peut se satisfaire d'une seule tendance aujourd'hui, et capitalise plutôt sur la diversité. Ainsi, la maison Boucheron, en lançant la nouvelle MEC en trois dimensions différentes (32, 38 et 42 mm de diamètre) entend bien ratisser le marché le plus large possible. Mais qu'est-ce qu'une montre de taille classique ? Au fond, il s'agit de la proportion la plus adaptée au mode de porter le plus couramment employé. Et dans le registre de la taille moyenne, l'incontournable maison Rolex détient, à son corps défendant peut-être, un peu le rôle de mètre étalon. La version de la Submariner à lunette tournante verte, qui fit " jaser " cette année à la foire de Bâle, ne change en rien des modèles classiques, excepté au niveau de la couleur de la bague en aluminium anodisé et du cadran (une interprétation a priori très élaborée d'un cadran de Yacht Master). Cette montre incontournable commémore le cinquantième anniversaire de la création du modèle de plongée baptisé Submariner, considéré par tous les amateurs comme une référence horlogère. Son volume général, le diamètre d'ouverture de la lunette et bien évidemment son esthétique jusqu'au traitement du bracelet, servent de base de travail à la majorité des marques, même si souvent toutes s'en défendent. Ce modèle n'est ni trop fort, ni en soi petit. Dans le passé, à une époque où toutes les montres restaient en deçà de 39 mm, il semblait certainement un peu encombrant, mais chacun s'en satisfaisait pour la raison que ce garde-temps était un instrument spécialisé. Aujourd'hui, cette icône reste une réfé-rence pour le marché occidental. Pourquoi ? D'évidence, l'Européen, ou mieux encore l'Américain, dépasse physiquement d'une tête l'Asiatique. Alors, s'il s'agit du tour de poignet, ce modèle sportif correspond davantage aux aspirations de cette clientèle. Est-ce à dire que les marques qui produisent des montres de grand format cherchent à se gagner le marché parfois un peu difficile de l'Europe ou des Etats-Unis ? C'est fort possible ! On le sait, nombre de " faiseurs de tendances " ont fait de leurs garde-temps des pièces " bibendum " dont le principe premier est la visibilité et l'assurance médiatique... Pour sa part, Chanel a trouvé la parade à cette orientation, tout en restant dans l'esprit des pièces emblématiques. Son dernier modèle est à la fois d'une modernité déconcertante et d'un design proche des montres de plongée. De taille classique (34 et 38 mm de diamètre en version automatique ou à quartz), les J 12, en céramique noire à lunette en tungstène ou en céramique blanche de lait avec lunette sertie de diamants, s'offrent l'inaltérabilité en s'habillant de matières particulièrement inrayables. Dans ce contexte, il n'est pas exagéré de dire que cette maison, à la réputation de grand sérieux, sait faire un pied de nez à la société de consommation dont l'une des bases de travail se fonde sur la péremption et l'obsolescence à court terme. Ne pas déplaire, ne pas choquer, rester dans le cadre de ce qui se porte en trouvant une juste adéquation entre l'équilibre et la légitimité, voilà le propos et la recherche entamée par l'immense majorité des maisons horlogères. Alors, les montres s'adaptent au mode de porter des clients potentiels. Elles croissent un petit peu en taille pour se rendre plus agréables à l'£il, maintenant habitué à voir dépasser l'objet de la chemise à poignets mousquetaires. Que dirait le dandy des années 1930 devant un tel look ? Tant qu'à payer cher sa tocante, autant qu'elle se voit... Dans un monde ostentatoire, on se satisfait assez peu d'un hédonisme de bon aloi et on veut partager son plaisir. Il faut faire participer son entourage, faire en sorte que la réussite soit visible au premier coup d'£il. Dans ce domaine, le bon goût n'a pas toujours droit de cité... Les maisons horlogères veillent toutefois à entretenir un certain savoir-vivre. Pour conquérir des hommes avertis, Chaumet offre, à qui veut porter du sobre à belle signature, la nouvelle montre Dandy de 38 mm en version exclusivement mécanique dans un dessin de boîte coussin en or ou acier sur bracelet toile ou crocodile. La manufacture A. Lange & Söhne, qui avait conservé une taille de boîte relativement réduite pour ses garde-temps, a augmenté le diamètre de ses pièces de référence comme la Lange 1 et la Langematik, les faisant passer de 38 à 40 mm. Cette stratégie l'aura évidemment distinguée pour cette année, mais A. Lange & Söhne n'est pas la seule manufacture à avoir tenté cette croissance, la plupart de ses concurrentes avaient simplement entamé ce processus quelques années auparavant. Parmi celles-ci, les maisons Omega, avec la série De Ville, et Blancpain, avec les collections Le Brassus, jusqu'à Jaquet Droz, avec la montre à heures sautantes Les Douzes Villes. Toutes trois appartiennent au Swatch Group et offrent des modèles portables en toutes situations dans des standards de taille correspondant à l'attente générale des clients, asiatiques compris. Tag Heuer, maison particulièrement implantée dans le Sud-Est asiatique, revient aussi en force avec une nouvelle campagne de publicité et une montre Link très épurée, aux proportions que tous les spécialistes se sont accordés à reconnaître comme idéales, puisqu'elle ne dépasse pas, dans sa version aiguilles-date, 40 mm. Certains disent que l'ère du chronographe est révolue. Il va falloir faire de sévères études pour vérifier cette thèse tout en tenant compte de spécificités des marchés. C'est vrai, la majorité des gens qui en possèdent n'emploient que très irrégulièrement les poussoirs de ces instruments techniques. Ce n'est pas pour autant que les clients masculins vont bouder leur montre fétiche. N'en déplaise à la tendance, il semble peu probable que ce produit cède le pas à d'autres modèles comportant diverses fonctions pour la simple et bonne raison que celles-ci coûtent très cher en boutique. Cela n'empêche pas certaines marques de spéculer sur le retour des fuseaux horaires, fonctions utiles dans un monde toujours en déplacement, d'autres d'anticiper avec des phases de lune toujours plus justes, ou de se positionner dans l'univers ultrasportif en offrant des fonctions spécialisées aux clients passionnés par leurs activités. En premier lieu, les chronographes ne risquent pas de disparaître au vu des nouveautés proposées à Bâle et à Genève. L'immense majorité de ces produits tournent autour des 42, 43 mm de diamètre, format respectable mais pas incommodant. Le nouveau chronographe PGC, déclinaison luxueuse du graphique PAC commémorant la réussite de la marque Porsche Design, s'inscrit dans cette typologie. D'autres maisons osent des jeux plus subtils, mais dans des registres de prix sans comparaison possible avec le reste du marché classique. Ulysse Nardin avec sa Trilogie Astronomique éditée en un set à diffusion limitée trouvera ses adeptes tout comme la marque Corum saura imposer son regard de la lecture universelle avec la Classical GMT 24 au cadran représentant un planisphère coloré. Cette maison, qui aime les émaux, s'adonne aussi au yachting par l'intermédiaire de sa montre Admiral's Cup, réinterprétation d'un modèle du passé. Dans cet univers très spécifique porté par la course de l'America, Audemars Piguet a su profiter de la vague d'intérêt en éditant sa Royal Oak Alinghi. Destiné à tous les mordus de régates, cet instrument mécanique à remontage automatique possède l'esprit vainqueur qui les aidera à prendre un bon départ. La montre féminine ou tout du moins celle qui est originellement destinée aux dames revient aussi à une dimension plus normale. Cela n'empêchera pas les femmes, toujours avides de se différencier, d'emprunter les montres sportives que leur compagnon rechigne à porter en costume durant la semaine. De toute façon, la montre féminine " habillée " ne disparaîtra pas de sitôt : après avoir voulu s'imposer avec un instrument d'homme au poignet signifiant leur droit à l'égalité dans les fonctions, les femmes cèdent encore à la tentation de retrouver charme et féminité en soirée. Dans ces conditions, plus de " chrono " virils, plus de grosses pièces outrancières aux fins poignets, mais une montre légère et valorisante comme le serait un bijou. Les collections Nina Ricci, jolies et toujours abordables, offriront donc avec la N011, un modèle de petite taille aux élégantes voulant rester raisonnables. Les adoratrices des griffes ne manqueront pas de s'intéresser aux dernières créations de Dior en la matière. La Malice Diorling porte à merveille son petit nom. La belle " tentatrice " devrait faire beaucoup d'heureux acquéreurs. Plus classique tout en étant très bien signée, la nouvelle Paprika de la maison Hermès se dessine avec un brin de piquant et devrait enchanter les femmes dont l'esprit se rapproche de celui du sellier parisien. Pour celles qui sont sensibles à la marque, peu farouches à la modernité tout en étant davantage dépensières. Cartier semble vouloir suivre la tendance de la réduction de format tout en défrichant dans le domaine des nouvelles matières. Ainsi, la toute dernière création horlogère, la fascinante Déclaration, une montre rectangulaire galbée avec petit cadran découvert par des anneaux sertis, est habillée d'un métal inattendu : le titane. Cette pièce de caractère, au design abandonnant les habituels dessins classiques, n'en reste pas moins une montre de la collection Cartier dans laquelle s'inscrivent aussi tous les autres modèles habillés de diamants taille baguette, toujours plus gros et plus purs. La collection de la marque Ebel prend aussi cette direction avec les pièces serties Beluga tout comme l'essentiel des modèles de montres produits chez Van Cleef & Arpels, Piaget ou encore Chaumet. En période de crise, une chose revient toujours comme une évidence : le luxe se fonde plus sur la qualité que sur la quantité... La preuve. Il y en aura toujours pour choisir une montre afin de la porter en costume au quotidien et d'autres qui, contre vents et marées, voudront pouvoir montrer leur acquisition au risque d'avoir quelques difficultés à la faire passer sous la manche de leur chemise. Pour ceux-là, certaines manufactures de renom comme IWC proposent des pièces de haute volée en fort calibre. La dernière en date, la Portugaise QP avec sa taille d'exception et sa plaque de fonction, développée par Kurt Klaus lui-même, ravira l'esthète par son équilibre. Dans cet univers du grand à forte connotation, le tout nouveau Grande Chronomaster XXT Quantième Perpétuel de Zenith, avec ses 46 mm de diamètre, devrait satisfaire l'inconditionnel de montres particulièrement visibles. Panerai, qui fut probablement l'une des maisons à initier l'augmentation du calibre, poursuit avec l'étonnante version en Tantale de son modèle phare. Mais c'est quand même la marque Breitling qui détient la palme en 2003 : elle vient de sortir un robuste chronographe de 48 mm de diamètre, en partenariat avec Bentley, vainqueur cette année des Vingt-quatre heures du Mans. Cette dernière est suivie de près par le tout nouveau chronographe T3, un instrument horaire futuriste protégé à l'extrême par des sécurités à tous les poussoirs. Il a été conçu par Audemars Piguet pour Arnold Schwarzenegger, le héros du film à succès " Terminator ". D'autres maisons, plus habituées aux collections horlogères classiques, n'ont pas manqué de présenter cette année au moins un modèle " hors gabarit ". Montblanc avec sa TimeWalker au demeurant très classique et sobre d'aspect, et Dunhill Ltd avec l'Xcentric, plus inattendue en raison de formes di-symétriques, se risquent à aller à la rencontre d'un public attiré par les garde-temps importants tout en conservant et déclinant leurs collections classiques. A l'adage " Il en faut pour tous les goûts ", il est donc de bon ton d'ajouter chez les horlogers : " Il en faut de toutes les tailles ". Rondes comme les Ulysse Nardin, rectangulaires comme les Reverso Latitudes de Jaeger LeCoultre, les Girard Perregaux Vintage 1945 ou les Eterna 1935, carrées comme la toute dernière 1911 d'Ebel, voilà citées les principales formes horlogères classiques. Mais la géométrie des boîtiers de montres n'a pas encore trouvé sa limite et une nouvelle figure, annoncée l'an passé dans quelques collections, se démocratise cette année : le rectangulaire allongé dans le sens du poignet. La Divan de Cartier, la Hampton Spirit de Baume & Mercier, tout comme la Instinct Semainier de Rodolphe ou la Micrograph de Tag Heuer sont des pièces qui, tout en osant une dimension respectable (un grand rectangle), ont adopté cette architecture. Une forme inattendue mais assez innovante pour des montres, qui a déjà trouvé ses adeptes : les poignets fins voulant porter des garde-temps conséquents. Comme quoi, tout est question de mensurations ! Autre repère dans ce registre des étrangetés, sachant que 80 % des montres vendues sont rondes : les modèles tonneau. Contrairement à toute attente, la marque Franck Muller est loin d'avoir le monopole de cette forme. Les maisons anciennes savent aussi opérer un retour en arrière pour fabriquer ou rééditer des pièces de collection. C'est le cas d'Omega avec la montre Muséum, Vacheron-Constantin avec la féminine Egerie et la très graphique Royal Eagle. D'autres comme Longines avec la toute fraîche collection Evidenza interprètent leur passé pour créer des séries plus commerciales aux dessins parfaitement équilibrés. La maison Piaget, quant à elle, emploie de longue date la forme de sa Emperado : le rectangle cintré rentrant. Connue pour ses £uvres d'envergure, la marque a su interpréter à merveille ce dessin en lui offrant une superbe complication : le tourbillon. Mais il est d'autres entreprises, certes moins célèbres, dont il faudra bientôt retenir le nom. Bedat & Bedat se fait rapidement une place dans le domaine des montres haut de gamme en façonnant admirablement le rectangle cintré à brancards incurvés rentrants, pourtant difficile à réaliser. Ces pièces, qui portent en guise de nom de collection un simple numéro, sont à la fois originales et se donnent de faux airs classiques. Elles conquièrent les passionnés en sachant rester intimistes dans leur diffusion. La forme est une niche. Elle assure une forte image, joue toujours sur la corde raide entre petits volumes de vente et succès interplanétaire. Mais l'histoire est là pour en témoigner : pas une seule de ces formes (excepté le rectangle long et étroit) n'a duré plus de dix ans en termes de vente depuis que la montre se porte au poignet. Cela n'empêche pas les créateurs, généralement des designers, de proposer tous les ans des modèles à l'esthétique très marquée. Leur durée de vie correspond évidemment au goût des clients, et cela fonctionne assez bien tant que le renouvellement de style se fait régulièrement. Jorg Hysek en sait quelque chose, la marque Ventura aussi. Nouvelles arrivées dans le domaine du produit typé à fonctions multiples après que la marque Japy ait déboisé le terrain : les montres multifonctionnelles produites par la maison Voltime et l'incomparable WN-1 munie d'un cadran semi-sphérique sur lequel apparaît une vue de la Terre. Cette dernière est proposée par Think the Earth, une association pour le développement durable. Pièce horlogère en titane, elle se démonte, s'expose et se transforme à volonté en outil pédagogique grâce aux cartes contenues dans le coffret de vente. C'est ludique et encore abordable pour un produit à forte évocation. C'est en tout cas inhabituel et cela permet d'avoir à peu de frais une montre remarquable à 20 mètres, en édition non limitée mais rare quand même. Sur les salons, on a pu voir aussi des montres exceptionnelles de complexité, produites en toutes petites quantités. Rares et donc chères, elles représentent une part très faible du marché horloger en volume, mais importante en valeur absolue. Souvent classiques d'aspect, elles renferment des mouvements compliqués, comme la nouvelle Breguet Réveil de Tsar qui offre, grâce à un tout nouveau calibre de manufacture, la fonction GMT avec réveil indexé. Il n'est donc pas nécessaire de leur donner un aspect particulièrement fort pour les rendre identifiables. Elles le sont par essence. Ainsi, la Leroy grande Osmior Lune en platine, éditée à 100 exemplaires, est à la fois une pièce sobre avec son boîtier tambour et totalement reconnaissable avec son grand guichet occupé par une lune sur fond argenté guilloché d'un blanc immaculé. Toujours rond, nouveau et esthétiquement classique : le tourbillon L.U.C. de Chopard. Quand on dit d'une montre qu'elle a du chien, libre à chacun de le croire mais en ce qui la concerne, l'unanimité a prouvé que le beau est parfois un concept universel. Dans un autre genre, la splendide Julius Assmann de la manufacture allemande Glashütte devrait légitimement séduire les inconditionnels des complications réalisées de main d'hommes. Et comme les passionnés aiment à trouver quelque originalité dans l'objet, celui-ci leur plaira. Mécaniquement parfait, esthétiquement réussi, il se porte en montre gousset ou, avec sa carrure, au poignet. Pour ceux qui ne peuvent se résoudre à acheter autre chose que des objets d'art réalisés par des maîtres dont les pièces portent le nom, voici des modèles de choix : l'Opus 3 créée par Vianney Halter pour la maison Harry Winston, l'Octa Calendrier Annuel réalisée par François Paul Journe dans ses ateliers de Genève, mais aussi la dernière sculpture horlogère technique de Richard Mille, la RM003, une GMT au design et au calibre horloger futuriste. Et si le rond classique ou la forme ultracontemporaine ne conviennent pas aux collectionneurs extrémistes de pièces à grandes complications, ils pourront encore jauger ces autres perles : la dernière merveille de Piaget, le Tourbillon Emperador, la Reverso Platinium Number Two de Jaeger LeCoultre, et aussi la magnifique montre Tourbillon Dix Jours à remontage manuel et cage invisible, côté cadran, de Patek Philippe. Chacun l'aura compris, cette année le choix de montres sera vaste, les formes nombreuses et les tailles variées. Même s'il n'y a pas eu de révolution horlogère au sens strict, les maisons se sont donné beaucoup de mal pour proposer un grand nombre de nouveautés. Fort d'une offre plus importante, c'est le moment idéal pour trouver le modèle de son choix, d'autant qu'une certaine stabilité des prix devrait faciliter le passage à l'acte. n