Alors que les grèves faisaient rage des deux côtés de la frontière, c'est un petit miracle si son Thalys a pu arriver en gare du Midi. Un timide rayon de soleil nous a même permis de nous installer à la terrasse du Muntpunt Grand Café. Au menu : un thé vert et un morceau de cake aux pommes, mais aussi l'amour inconditionnel d'Arik Levy pour la mer, son aversion pour le tourisme et son concept tout personnel de " travail en vacances ".
...

Alors que les grèves faisaient rage des deux côtés de la frontière, c'est un petit miracle si son Thalys a pu arriver en gare du Midi. Un timide rayon de soleil nous a même permis de nous installer à la terrasse du Muntpunt Grand Café. Au menu : un thé vert et un morceau de cake aux pommes, mais aussi l'amour inconditionnel d'Arik Levy pour la mer, son aversion pour le tourisme et son concept tout personnel de " travail en vacances ". Ma première fois remonte à une vingtaine d'années, quand je scénographiais des spectacles de danse contemporaine. La maison du compositeur Nicholas Lens était tout près d'ici et toute une bande de copains s'y retrouvait pour des fêtes et des jam-sessions ; la folie totale. C'est comme ça que j'ai découvert Bruxelles. Et c'était génialissime ! Moi, je travaille tout le temps. L'art et le design m'occupent plus qu'à plein temps, ils sont une réaction seconde par seconde à tout ce que je vois, ressens, analyse ou expérimente. Comme un muscle non contrôlé, littéralement impossible à arrêter. Il n'y a pas de switch, de On/Off. Donc mon travail, c'est mes vacances ! Au contraire, j'adore. Ce " travail en vacances " est différent de celui de l'année : je suis loin et indisponible, je peux fonctionner à un autre rythme, accepter ou refuser certaines choses et trouver de nouvelles sources d'inspiration. Durant l'année, je voyage énormément, alors si je reste dix jours dans un même lieu, on peut dire que je suis en vacances. Mais je suis un très mauvais touriste, je déteste le réflexe " On va à tel endroit donc on suit le circuit habituel des monuments et des musées ". Moi, je débarque quelque part et je ne bouge plus. Depuis huit ans, je vais en République dominicaine. Avant cela, je suis parti douze ans en Grèce. Simplement parce qu'on découvre des choses insoupçonnées au fil des années. Et on ne se demande plus où manger, faire ses courses ou trouver la meilleure plage. En arrivant, je n'ai qu'à poser mon sac. Ensuite, j'enfile mes Flipflop et j'abandonne mes chaussures. Pour très longtemps. Non, c'est ma façon de m'approprier le moment. Je continue à travailler parce que c'est ce que j'aime. Mais quand je lève les yeux de mon ordinateur, je vois l'océan. Si, tout le temps. L'eau, c'est ma vie. Je ne suis que le reflet de l'eau, mon travail aussi. A la base, je suis un mec de la plage, un surfeur. Encore maintenant, je kite, je surfe et je fais du yoga ; je ne veux rien d'autre. A part travailler, évidemment. www.ariklevy.frMATHIEU NGUYEN