L a plus grande, la plus puissante, la plus rutilante, la plus "gadgetisante ". A l'heure où se clôture tout doucement la 84s édition bruxelloise du Salon de l'auto, seuls ces qualificatifs plutôt réducteurs semblent intéresser les consommateurs-chauffeurs légitimement nombrilistes. Car la voiture a toujours été et reste, plus que jamais, un objet forcément personnel, forcément "unique ", forcément égocentrique. Heureusement, les choses pourraient changer à plus ou moins long terme. Car les villes ne sont tout simplement plus en mesure d'affronter sereinement les problématiques du parking, des embouteillages et, surtout, de la pollution. Nécessaire, la révolution automobile se doit donc d'être enclenchée et certains s'y attèlent déjà avec audace et inventivité. Comme les ingéni...

L a plus grande, la plus puissante, la plus rutilante, la plus "gadgetisante ". A l'heure où se clôture tout doucement la 84s édition bruxelloise du Salon de l'auto, seuls ces qualificatifs plutôt réducteurs semblent intéresser les consommateurs-chauffeurs légitimement nombrilistes. Car la voiture a toujours été et reste, plus que jamais, un objet forcément personnel, forcément "unique ", forcément égocentrique. Heureusement, les choses pourraient changer à plus ou moins long terme. Car les villes ne sont tout simplement plus en mesure d'affronter sereinement les problématiques du parking, des embouteillages et, surtout, de la pollution. Nécessaire, la révolution automobile se doit donc d'être enclenchée et certains s'y attèlent déjà avec audace et inventivité. Comme les ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), par exemple ( http://cities.media.mit.edu). Accrochez-vous, leur idée de base est d'une simplicité et d'un culot confondants car il s'inspire, tout bonnement, des caddies de supermarchés. En clair : lorsque vous succombez au traditionnel rituel des courses en grande surface, vous n'apportez pas votre "charrette " au magasin. Vous glissez un euro dans la fente adéquate et vous empruntez directement votre caddie sur place, généralement le premier dans la longue file des engins emboîtés. Pratique, logique, évident. Alors pourquoi ne pas adapter ce concept à une ville entière dans une logique 100 % automobile ? Pourquoi ne pas faire de la voiture un simple instrument de déplacement qui serait stocké, en nombre suffisant, à quelques endroits stratégiques d'une métropole comme les aéroports, les gares et les stations de métro ? Excellente idée mais encore faut-il que cette voiture "empruntable " à souhait soit également petite, fonctionnelle et peu polluante pour répondre aux autres attentes des citadins inquiets. C'est précisément l'objectif et le c£ur de la réflexion des ingénieurs du MIT. Beaucoup plus qu'un simple fantasme technologique sans avenir, le projet actuellement développé par ces chercheurs américains s'inscrit dans une toute nouvelle réflexion sur le concept même de l'automobile. Pliable et emboîtable comme un caddie de supermarché, cette voiture du futur résout non seulement le casse-tête du parking, mais se veut également d'une propreté irréprochable. Pas d'essence, ni de diesel au programme, le véhicule se déplace en effet grâce à des roues dotées chacune d'un mini-moteur électrique. Quatre roues performantes qui peuvent tourner à 360 degrés et qui anéantissent donc, en un petit coup de volant, l'épreuve tant redoutée du créneau. Plébiscité par le groupe General Motors, ce concept car inédit pourrait déjà être testé en 2007 (au pire en 2008) à Hong Kong ou à Singapour. Avec un sentiment de triste monotonie suscité par la ressemblance de toutes les voitures en place ? Pas vraiment. Car les ingénieurs ont également trouvé la parade pour donner un peu plus de personnalité au projet : identique à tous les autres véhicules emboîtés dans la file, chaque auto sera en effet customisable grâce à une technologie dernier cri. Selon l'humeur du client, la couleur extérieure et le tableau de bord pourront en effet être modifiés en deux temps trois mouvements. Plutôt encourageante, cette approche inédite de la voiture en ville s'inscrit finalement dans une tendance comportementale d'ores et déjà palpable à différents niveaux de notre société : le courant "egollectif " qui surfe sur le paradoxe du "seul mais ensemble " en mixant astucieusement les notions d'individu et de groupe ( lire aussi Weekend Le Vif/L'Express du 17 juin dernier). Comme si le projet individuel pouvait devenir commun. Comme si le communisme pouvait se fondre dans le libéralisme. Et pourquoi pas après tout ? Retrouvez Frédéric Brébant chaque lundi matin, vers 9 h 45, dans l'émission "Bonjour quand même ", de Jean-Pierre Hautier, sur La Première (RTBF radio).Frédéric Brébant