Le phénomène est bien connu de tous les professionnels de la santé mais aussi des coiffeurs, des aides-ménagères et des ouvriers et artisans manipulant des produits qui exigent un lavage fréquent des mains. A chaque nettoyage, le sébum et la graisse cutanée qui se trouve entre les cellules cornées de la peau sont peu à peu éliminés. Cette couche protectrice naturelle, qui limite l'évaporation de l'eau et garantit ainsi la bonne hydratation, est progressivement altérée, ce qui entraîne un dessèchement plus ou moins grave. Depuis le début de la crise du coronavirus, la dermatologue Hélène Binet reçoit de plus en plus de patients atteints de dermatites plus ou moins lourdes. " Dans la majorité des cas, elles sont simplement irritatives, détaille-t-elle. On voit apparaître des crevasses, des rougeurs, des petites écailles. Il peut arrive...

Le phénomène est bien connu de tous les professionnels de la santé mais aussi des coiffeurs, des aides-ménagères et des ouvriers et artisans manipulant des produits qui exigent un lavage fréquent des mains. A chaque nettoyage, le sébum et la graisse cutanée qui se trouve entre les cellules cornées de la peau sont peu à peu éliminés. Cette couche protectrice naturelle, qui limite l'évaporation de l'eau et garantit ainsi la bonne hydratation, est progressivement altérée, ce qui entraîne un dessèchement plus ou moins grave. Depuis le début de la crise du coronavirus, la dermatologue Hélène Binet reçoit de plus en plus de patients atteints de dermatites plus ou moins lourdes. " Dans la majorité des cas, elles sont simplement irritatives, détaille-t-elle. On voit apparaître des crevasses, des rougeurs, des petites écailles. Il peut arriver aussi que la dermatite devienne allergique - ce qui provoque, en prime, de terribles démangeaisons - lorsque la disparition du film lipidique permet à des allergènes de pénétrer dans la peau. " Ces dégâts peuvent être limités si l'on s'hydrate les mains, idéalement après chaque passage devant l'évier. Et si l'on évite les savons trop agressifs, comme certaines formules antibactériennes... qui ne sont en rien antivirales mais sur lesquelles tout le monde se rue pourtant depuis deux mois. Même prudence vis-à-vis du gel hydroalcoolique, particulièrement desséchant et à n'utiliser que lorsqu'il n'y a pas d'alternative. " Privilégiez un savon surgras, précise la praticienne. Soyez aussi attentifs à la composition de la crème que vous appliquerez ensuite : veillez à ce qu'elle contienne des ingrédients susceptibles de réparer le film lipidique comme les acides gras ou la glycérine. Si votre peau est déjà abîmée, méfiez-vous des formules parfumées qui peuvent hélas favoriser les allergies de contact. " Tant que l'on est encore dans la prévention, il est possible de se concocter sa propre formule ultranourrissante, à base d'ingrédients naturels, à poser sur ses menottes, comme le suggère Rachel Dipinto, fondatrice du centre de beauté Rachel Essentielle. Il suffit de mêler à la fourchette, dans un petit bol, une demi-cuillère à café de beurre de karité et la même quantité d'huile de noyau d'abricot, avec deux gouttes d'huile essentielle de lavande fine, pour obtenir la quantité nécessaire à une application." D'une manière générale, je recommande toujours les crèmes bio, qui ne contiennent ni paraffine, ni silicone, ajoute l'esthéticienne. Ces produits issus de la pétrochimie ne répareront en rien vos mains mais déposeront un film occlusif inerte sur la peau. " Le temps nécessaire à la pénétration de la crème permet aussi de se masser et de se relaxer. " Des mouvements circulaires vont activer la microcirculation et favoriser les échanges de nutriments entre la peau et les capillaires sanguins, poursuit Rachel Dipinto. Une pression d'une minute sur le point d'acupression qui se situe dans l'arc entre le pouce et l'index aide à se libérer du stress. " Et si vous manquez de temps en journée, optez alors pour une pose de masque nocturne : soit une couche épaisse étalée avant d'aller dormir et emballée, pour ceux qui le souhaitent, dans des gants en coton lavables, pour en renforcer l'action. " Les ongles aussi sont fragilisés par l'application régulière de gel hydroalcoolique, pointe encore Rachel Dipinto. Les cuticules peuvent s'assécher et, par conséquent, se durcir, ce qui peut provoquer une envie de les ronger. Pour empêcher cela, je préconise un bain d'huile pour les bouts des doigts. Là encore, il est possible de se fabriquer sa propre formule de massage en mélangeant 5 ml d'huile de ricin, 10 ml d'huile d'olive et 5 gouttes d'huile essentielle de citron, c'est un antibactérien qui rend l'ongle sain et éclatant. Il suffit de secouer et de masser régulièrement les ongles et les cuticules avec ce produit. " Question de bon sens enfin, privilégiez les ongles courts et ne les couvrez ni de faux ongles en gel - véritables nids à bactéries -, ni même de vernis. " Les ongles deviennent bleus en cas d'insuffisance respiratoire, alerte Hélène Binet. Il faut donc à tout prix éviter de les recouvrir. " Cela pourrait vous sauver la vie.