Berlin est une ville de contrastes, entre ancien et nouveau, modernité et nostalgie. Le point de départ de la visite est le vieux c£ur de la ville, la Bebelplatz sur Unter den Linden, une place royale bordée de monuments classiques, contemporains du célèbre roi Frédéric II le Grand (1740-1786). Les opéras et les musées sont à un jet de pierre de la Gendarmenplatz et de la Friedrichstrasse où l'on découvre les Galeries Lafayette, imaginées par le grand architecte français Jean Nouvel.
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Berlin est une ville de contrastes, entre ancien et nouveau, modernité et nostalgie. Le point de départ de la visite est le vieux c£ur de la ville, la Bebelplatz sur Unter den Linden, une place royale bordée de monuments classiques, contemporains du célèbre roi Frédéric II le Grand (1740-1786). Les opéras et les musées sont à un jet de pierre de la Gendarmenplatz et de la Friedrichstrasse où l'on découvre les Galeries Lafayette, imaginées par le grand architecte français Jean Nouvel. Le vélo est idéal pour découvrir l'île des Musées sur la Spree - rivière traversant toute la ville - qui abrite cinq grandes institutions, regorgeant de trésors d'Egypte et de Mésopotamie. Le célèbre architecte britannique David Chipperfield parachève actuellement ce nouveau complexe muséal interactif. Ouverture au public en 2012. Plus passionnant encore, le quartier artistique situé au nord, autour de la Oranienburger Strasse et Hackescher Markt. Le Hackescher Höfe, un ancien complexe industriel, recèle de nombreux lofts, des ateliers de mode et de design, des galeries d'art, des restaurants et des bars. Autour de la Sophienstrasse, à l'arrière de la majestueuse Neue Synagoge, se trouve l'ancien quartier juif. Pour humer l'atmosphère des années 1920, rendez-vous à Clärchens Ballhaus dans l'Auguststrasse, où Brecht aimait faire la fête. Dans bien des espaces industriels, des expositions d'art sont organisées, notamment sous le tristement célèbre château d'eau de la Knaackstrasse, où le NSDAP (le parti nazi) a torturé des prisonniers. Dans cette ville, l'histoire, qu'elle soit triste ou heureuse, est omniprésente. A proximité : la Kulturbrauerei et le Pfefferberg, grands centres culturels aménagés dans d'anciennes brasseries. La nonchalante Oderbergerstrasse abrite des boutiques vintage, l'antiquaire de vélos Georgios Velissario et quelques cafés. L'Oderbergerstrasse démontre à quel point le Mur coupait la ville de manière abrupte. Les cicatrices ont toutefois fait place à la créativité. Sur l'ancien no man's land est né le Mauerpark où la musique, la danse et le barbecue égaient les week-ends. Le trajet suivi par la ligne de démarcation longe la Bernauerstrasse et mène jusqu'à l'un des lieux du souvenir les plus poignants, plus prenant encore que Checkpoint Charlie. Pile face au Mur - très bien conservé à cet endroit - se trouvait Sainte-Elisabeth, une église dont l'entrée était condamnée. En 1985, le président de la RDA, Erich Honecker, fit dynamiter le lieu de culte. Après la chute du régime est-allemand, les architectes Rudolf Reitermann et Peter Sassenroth y élevèrent la sobre chapelle de la Réconciliation (Kapelle der Versöhnung), en bois et en pisé, et qui échappe aujourd'hui au tourisme de masse.A côté de la Nordbahnhof se trouve l'un des nombreux terrains de beach-volley. On y a recouvert de sable les sols inoccupés pour installer des terrains de sport, des restaurants et des bars. Les environs de la Hauptbahnhof, eux, sont en pleine expansion. Le visiteur y jouit d'une superbe vue sur les imposants bâtiments du gouvernement et sur le Reichstag, le parlement allemand, avec sa coupole dessinée par l'architecte britannique Norman Foster. Traversons ensuite l'Oberbaum Brucke - pont reconstruit dans les années 1990 par l'Espagnol Santiago Calatrava - au-dessus de la Spree vers la porte de Brandebourg que le mur frôlait. Juste à côté de la Brandenburger Tor se trouve la DZ Bank pour laquelle l'Américano-Canadien Frank Gehry a conçu un gigantesque coquillage en or. En face, l'ambassade de France est une création de Christian de Portzamparc, célèbre architecte français. L'Holocaust Denkmal laisse le visiteur sans voix. Peter Eisenmann a dressé un labyrinthe de 2711 blocs de béton sur 19 000 m. Il s'agit, avec le Musée Juif, d'un des endroits incontournables de Berlin. Dans le parc - en face du labyrinthe - se trouve le monument aux victimes homosexuelles, symbolisé par un monolithe où est diffusé - dans une anfractuosité - un court-métrage témoignant d'un moment intime entre deux garçons. L'année prochaine ce seront deux filles, égalité des sexes oblige.Pour redécouvrir l'ex-RDA, nous allons jusqu'à la Alexanderplatz et la Karl Marx Allee. Deux haltes s'imposent, où les décors sont garantis est-allemands, le bar Babette et le Café Sybille, une sorte de musée-café où l'on apprend que ce quartier bombardé a été réédifié par des femmes dans le " style de Moscou ". Au coin, l'improbable Ostel - Das DDR Hostel. Dans cet immeuble aux appartements d'époque communiste, on peut loger à petit prix, dans un décor vintage, endroit par excellence pour les amateurs de design rétro. Un peu plus loin, le long de la Spree, on peut prendre un lunch dans des lieux insolites : l'ancienne pompe Radialsystem-V, un théâtre avec un bar branché, ou à la cafeteria d'Universal Music. L'Eastsidegallery conserve la plus longue partie du Mur dont les peintures originales seront restaurées pour le mois de novembre prochain. A voir aussi : une petite boutique vintage de la RDA dans la Naglerstrasse. On y trouve d'originaux coquetiers en plastique en forme de poule. Après avoir quitté la Potsdamerplaz et Check Point Charlie on se rendra à l'Engelbecken, un lac idyllique non fréquenté avant la chute du régime carà asséché. Aujourd'hui c'est un lieu de détente ignoré des touristes au c£ur du Kreuzberg, le quartier multiculturel de la ville. On y mange turc, libanais, indien ou thaï. A ne pas manquer pour terminer le séjour en beauté : le Badenschiff, la piscine amarrée sur la Spree, avec une petite plage, des transats et un bar. Ce quartier important du nord compte de nombreux bâtiments du XIXe siècle qui ont échappé à la guerre et à la fureur destructrice du communisme. La Volksbühne sur la Rosa Luxemburg Platz (passage du Mitte - l'ancien centre-ville - vers Prenzlauer Berg), est l'un des nombreux théâtres d'avant-garde où l'on peut voir un film en plein air. Ce quartier semi-industriel a attiré de nombreux artistes après la chute du Mur. Toutefois, les prix de l'immobilier grimpant, une partie de cette population s'est retranchée à Friedrichshain au sud-est du Mitte. Prenzlauer Berg est le biotope même du bobo écologiste, qui trouve, à chaque coin de rue, un magasin et un restaurant " green ". A faire : prendre un café dans le fameux supermarché bio LPG sur la Senefelderplatz. Dans la Kollwitzstrasse, des immeubles à appartements se dressent dans la verdure. Cette partie de Berlin connaît un véritable bio- et baby-boom : le taux de natalité y est le plus élevé du pays. La ville est paisible et sans danger pour les enfants ; des appartements peuvent être loués entre 400 et 600 euros ; la nourriture est 30 % moins chère qu'en Belgique ; l'environnement y est très vert et peu de voitures circulent. Les vélos grouillent, les transports en commun sont de bonne qualité et, comme vingt autres villes allemandes, Berlin a signé le pacte Umweltzone qui interdit l'entrée de voitures polluantes dans le centre-ville (les véhicules doivent apposer un badge de couleur en fonction de leur degré de pollution). Piet Swimberghe et Michel Hordies Photos : Wouter Van Vaerenbergh