Byram n'est pas du genre poseur. Inutile de chercher à faire le décompte de ses " amis " sur Facebook. Ce genre de communauté ne l'intéresse pas. Vous ne trouverez pas non plus de " galerie virtuelle " sur Internet. Son travail, c'est au hasard d'une rue que vous aurez le plus de chance de le découvrir. A Bruxelles, ses graffes, ses stickers sont partout. " Ok, c'est pas tout à fait légal, reconnaît cet ancien étudiant de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Mais je ne les installe que dans des endroits où cela ne dérange personne. Le but, ce n'est pas de détruire, d'abîmer la ville, mais d'apporter un petit truc en plus, de surprendre les gens, de les stimuler, de leur montrer que les choses peuvent bouger, même ici, à Bruxell...

Byram n'est pas du genre poseur. Inutile de chercher à faire le décompte de ses " amis " sur Facebook. Ce genre de communauté ne l'intéresse pas. Vous ne trouverez pas non plus de " galerie virtuelle " sur Internet. Son travail, c'est au hasard d'une rue que vous aurez le plus de chance de le découvrir. A Bruxelles, ses graffes, ses stickers sont partout. " Ok, c'est pas tout à fait légal, reconnaît cet ancien étudiant de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Mais je ne les installe que dans des endroits où cela ne dérange personne. Le but, ce n'est pas de détruire, d'abîmer la ville, mais d'apporter un petit truc en plus, de surprendre les gens, de les stimuler, de leur montrer que les choses peuvent bouger, même ici, à Bruxelles. " Ses petits personnages à la bouille toute ronde, au design ludique et symétrique, répétitif à l'infini, séduiront même l'opérateur de télécom Base qui les choisit pour acteurs de l'une de ses campagnes de pub, en 2002. Pendant cinq ans, Byram s'amuse à développer ce concept graphique qu'il a baptisé ERCOmetry sur toutes sortes de supports : du vinyle autocollant au néon, en passant par le Plexi, les installations en MDF et l'édition de 700 tee-shirts. " Chacun d'eux est comme une petite £uvre d'art à la portée des moins nantis ", assure Byram qui, après s'être éclaté en deux dimensions, se laisse désormais porter par ses envies de volume. De nouvelles formes aussi. La courbe a laissé place à la droite. Les cercles aux triangles. Isocèles ou équilatéraux, ils s'imbriquent les uns dans les autres pour donner corps à d'étranges totems. " Ces vaisseaux spatiaux anthropomorphiques, c'est ma façon à moi de penser à l'espace, à cet infini qui nous entoure ", poursuit l'artiste. Dans son atelier - sous les combles des anciennes brasseries Bellevue qui longent le canal - ses statues de plastique trônent à deux pas d'un étrange sofa composé de pailles fluorescentes. L'objet semble fragile. Pourtant, on peut s'y asseoir sans que la structure ne bronche. " J'aime l'idée que l'art puisse être éphémère, explique Byram. Qu'il ne dure que le temps d'une installation, d'un happening. " A la manière des arbres de la Forêt Magique plantée en quatre jours pour habiller l'entrée de la gare maritime de Tour et Taxis, dans laquelle se déroulait, le 19 mars dernier, l'édition 2009 du Fashion Weekend - le défilé de mode de jeunes créateurs belges et internationaux organisé par notre magazine. " Avec ce concept, que j'ai baptisé A-Straw ( NDLR : pour paille en anglais) Project, je n'ai aucune limite, je peux tout essayer ", s'enflamme celui dont le prénom, d'origine ottomane, veut dire " jour sacré ". S'il lui arrive, parfois, d'exposer chez des galeristes, Byram a toujours refusé de se lier en exclusivité à l'un d'entre eux. " J'ai peur d'entrer dans un carcan, dans un système, de perdre une part de ma liberté ", justifie-t-il. Liberté de vendre à qui bon lui semble, de partir au bout du monde s'il le veut pour y trouver l'inspiration. Pas superfan des shows en solo, Byram a tenu à rassembler autour de lui neuf autres artistes, le temps d'une expo qu'il espère riche en échanges. Avec les autres créateurs mais aussi les visiteurs. S'il vend une pièce ou l'autre, ce sera tant mieux. " Mais je ne cherche pas le profit à tout prix dans mon travail, conclut-il. Si certaines de mes £uvres sont conservées, par un musée ou des particuliers, c'est le principal. Je ne suis que de passage sur Terre. Je suis là mais je sais que je vais repartir. Mes pièces vivront peut-être un peu plus longtemps que moi. "Jusqu'à la fin du mois de juin, l'expo du collectif Utopia a lieu chez Norden, 46, rue Van Artevelde, à 1000 Bruxelles.Isabelle Willot