Comme le pasteur Martin Luther King, tout foodie qui se respecte fait un rêve. Il est à la fois simple et ambitieux : celui de pouvoir trouver, peu importe le quartier où il se situe, un restaurant honnête et personnel. Honnête ? C'est-à-dire une adresse dans laquelle la majeure partie de ce qui est proposé est fait sur place. Personnel ? On doit y sentir qu'il y a quelqu'un en cuisine, un talent créatif avec une vraie personnalité, du caractère... Bref, un passionné qui aime ce qu'il fait. Malheureusement, en ...

Comme le pasteur Martin Luther King, tout foodie qui se respecte fait un rêve. Il est à la fois simple et ambitieux : celui de pouvoir trouver, peu importe le quartier où il se situe, un restaurant honnête et personnel. Honnête ? C'est-à-dire une adresse dans laquelle la majeure partie de ce qui est proposé est fait sur place. Personnel ? On doit y sentir qu'il y a quelqu'un en cuisine, un talent créatif avec une vraie personnalité, du caractère... Bref, un passionné qui aime ce qu'il fait. Malheureusement, en Belgique, le genre n'est pas répandu - le bon resto de quartier ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval et les candidats qui pourraient y prétendre voient plus large. Trop de communes restent donc sur le carreau. S'il fallait trouver une parfaite illustration de cette cantine idéale, ce serait à Auderghem qu'on irait la chercher. Direction le Transvaal. A l'intérieur de cette cambuse d'habitués - désormais obligés de partager les couverts avec des amateurs qui viennent des quatre coins de la ville -, se démène un artisan à la fois consciencieux et trop heureux d'avoir ouvert son premier restaurant : Raphaël de Sadeleer. Derrière un visage de trentenaire avenant, ce pro du tablier cache un beau parcours : formé à l'école hôtelière de Namur, il a oeuvré au Monde est Petit à Etterbeek, essuyé les plâtres du Variétés à Flagey et bossé au Winery. Petite anecdote, il a été le chef privé de la cinéaste Danièle Thompson entre Paris et Saint-Tropez, ce qui a apporté pas mal de soleil à son assiette. Raphaël de Sadeleer a les pieds sur terre, il est travaillé par cette envie de bien faire son métier avec de bons produits. Cette formule humble et salutaire prend place dans un petit restaurant logé au coeur d'une ancienne boucherie tout en carrelages blancs, tables en bois clair et chaises d'écolier. On ne vient pas y chercher l'intimité. Autant le savoir : dans la salle d'une vingtaine de couverts, les conversations se chevauchent, les rires se bousculent. L'atmosphère n'est donc pas au tête-à-tête amoureux mais bien à la convivialité entre amis. La carte ? Elle est courte et s'écrit craie blanche sur tableau noir. Elle fait place à des préparations comme un délicieux oeuf parfait proposé avec du saumon mariné, des croûtons et un jus au vert. Mais il y a également de mémorables croquettes de vieux cantal arrosées d'une vinaigrette aux morilles, ou encore une échine de porc confite 24 heures prouvant le goût pour une cuisine qui réconforte.