Lorsqu'on leur demande de raconter l'histoire de leur maison, les propriétaires des lieux détaillent avec une rare détermination les idées qu'ils ont énoncées tout de go à l'architecte Annemie Demeleumeester : " Nous voulions vivre dans un cadre résolument très contemporain, qui s'appuie sur une esthétique de la ligne. Nous voulions disposer de beaux volumes et donner une priorité à la lumière naturelle... Mais tout ce qui est ostentatoire nous dérange. Pour nous, la vie tourne autour d'un cercle d'amis... "
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Lorsqu'on leur demande de raconter l'histoire de leur maison, les propriétaires des lieux détaillent avec une rare détermination les idées qu'ils ont énoncées tout de go à l'architecte Annemie Demeleumeester : " Nous voulions vivre dans un cadre résolument très contemporain, qui s'appuie sur une esthétique de la ligne. Nous voulions disposer de beaux volumes et donner une priorité à la lumière naturelle... Mais tout ce qui est ostentatoire nous dérange. Pour nous, la vie tourne autour d'un cercle d'amis... " L'intervention architecturale part d'une situation existante : un ancien magasin, une construction en briques, plus large que profonde, construite dans une rue anonyme, un peu à l'écart du centre urbain d'une ville moyenne. Plus rien ne rappelle, aujourd'hui, l'architecture originelle du bâtiment ; la façade principale ayant été doublée d'une peau quasi opaque en gris ciment. C'est dans l'ancien magasin que sont logées les parties fonctionnelles : hall d'accueil, garage et buanderie au rez-de-chaussée, bureaux à l'étage. Pour marquer la césure avec l'espace privé, il faut franchir une porte et quitter la partie bâtie pour accéder à une section semi-couverte. Chemin faisant, on croise un salon d'extérieur, meublé d'une table de bistro et de deux chaises The Club (Philippe Starck, XO, 2001). Le sol est une imbrication de quadrilatères en béton poli et de gros graviers. Exposée au soleil couchant, la longue façade latérale, habillée, elle, d'aluminium, bénéficie d'un dégagement par rapport à la parcelle voisine. Une superbe perspective s'offre ainsi sur le jardin, tout en accentuant encore la longueur de l'espace privé nouvellement aménagé. De ce salon d'extérieur, une large porte vitrée et transparente, pivotant en son centre, permet d'accéder au c£ur même de l'habitation. On oublie très vite un escalier métallique qui part à contresens vers la seule chambre de la maison, pour se concentrer sur ce volume haut et strict. Il est brut par le choix de ses matériaux : le béton poli et teinté pour les sols, et le métal et le verre pour le plafond et une partie des murs. Pour laisser entrer généreusement la lumière, de grandes baies vitrées ont été positionnées au sud et à l'ouest, et des ouvertures ont été ménagées en toiture. Le mur mitoyen à l'est û il est aveugle û est souligné par une tablette qui court sur toute sa longueur. " Elle est habillée d'un placage de zebrano (une essence d'Afrique de l'Ouest), signalent les propriétaires. Nous avions repéré ce matériau très esthétique voici quelques années déjà à la Biennale Interieur de Courtrai. Nous avons opté pour ce bois, pour marquer un contraste avec la minéralité dominante du béton et du métal. " La table, elle, occupe une position centrale. Egalement réalisée en placage de zebrano, elle est jumelée au bloc central de la cuisine et de son bar, flanqué de tabourets Bask à assise rouge de Bonaldo. Tout autour, 8 chaises confortables sont disposées. Pour faciliter les échanges entre convives, elles ne sont pas placées face à face, mais sont légèrement décalées les unes par rapport aux autres. " La table, et la fête qu'elle suppose, est l'élément important à nos yeux, soulignent les propriétaires. L'ensemble a été pensé comme un cocon, pour accueillir de la manière la plus chaleureuse qui soit notre petit cercle d'amis. " Jean-Pierre Gabriel