Audace. Il en a fallu une sacrée dose à Gabrielle Chanel lorsqu'elle lanca, en 1921, ce floral abstrait surdosé en aldéhydes qu'elle baptisa N°5. " Volontairement artificiel ", il est d'autant plus inimitable qu'il est sciemment indescriptible au premier sens du terme. L'audace, justement, Michèle Gay en a fait depuis longtemps le credo de son travail, elle qui n'a pas peur de bousculer l'ordre établi du " bon goût " culinaire. De sa formation de styliste, elle a gardé un sens certain de l'élégance que n'aurait pas renié Mademoiselle. Son premier job chez un confiseur lyonnais l'éloignera pourtant de la mode. Engagée pour décorer des vitrines et relooker des boîtes de chocolat, elle trompe l'ennui en poussant la porte des cuisines, la maison proposant aussi un service traiteur à domicile. Le contenu de l'assiette, autant que son contenant, la fascine et les aliments deviennent très vite pour elle un champ ...