Qu'est-ce qui peut bien pousser les stars, par ailleurs accueillies où qu'elles aillent dans les plus beaux établissements du monde à ouvrir un jour leur propre hôtel ? Sans doute l'envie de tirer le meilleur parti, des bons comme des mauvais souvenirs - on sait donc parfaitement ce que l'on ne veut surtout pas... - de toutes ces nuits de tournées, de tournages ou de promo passées en solitaire, dans le stress et souvent loin de ceux qu'on aime.
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Qu'est-ce qui peut bien pousser les stars, par ailleurs accueillies où qu'elles aillent dans les plus beaux établissements du monde à ouvrir un jour leur propre hôtel ? Sans doute l'envie de tirer le meilleur parti, des bons comme des mauvais souvenirs - on sait donc parfaitement ce que l'on ne veut surtout pas... - de toutes ces nuits de tournées, de tournages ou de promo passées en solitaire, dans le stress et souvent loin de ceux qu'on aime.En sauvant de l'abandon un bâtiment historique de Dublin, Bono et The Edge, chanteur et guitariste du groupe U2, ont contribué au renouveau du district de Temple Bar où se pressent aujourd'hui artistes et designers, dans la foulée de la réouverture, après plus de vingt mois de travaux de l'hôtel Clarence. Clients réguliers de l'endroit dans les années 1970, c'est sans hésiter qu'ils ont accepté de se joindre au groupe d'investisseurs irlandais qui décida de racheter le bâtiment, construit en 1852, pour lui rendre son lustre d'antan tout en maintenant son caractère cosmopolite et ouvert sur la ville. " Pour Bono et The Edge, le Clarence est l'endroit où ils choisiraient de descendre s'ils visitaient Dublin, détaille Oliver Sevestre, le manager de l'établissement. Il est à la fois simple et élégant, luxueux, sans être prétentieux, moderne tout en étant capable de conserver le meilleur de l'hospitalité traditionnelle irlandaise. " Si leurs " collègues " rock stars Tina Turner ou David Bowie ont leurs habitudes dans le luxueux penthouse qui surplombe le fleuve Liffey, Bono et The Edge sont des clients réguliers de l'Octogon Bar où se croisent toute l'année depuis dix ans déjà une clientèle internationale plutôt fortunée mais aussi la jeunesse hype de Dublin. " Jamais personne ici ne va les importuner, ajoute le manager. Seul un touriste ou deux s'aventurent parfois à demander un autographe. "S'il convient d'adopter une certaine nonchalance polie s'il vous arrive de croiser votre hôte aussi célèbre soit-il dans son établissement, les premiers clients de l'hôtel Big Sleep à Cardiff ont sans doute eu un peu de mal à conserver cette attitude lorsqu'ils ont pénétré dans le lobby lors de l'ouverture de l'hôtel, une étrange invitation à la main. Comme le promettait le texte du carton, John Malkovich les attendait bel et bien en pyjama pour un petit déjeuner surréaliste. L'événement alors largement médiatisé contribua à faire connaître cet hôtel design et budget à la fois qui fait la part belle à la fourrure synthétique et au Formica. Depuis lors l'acteur, qui est avant tout un partenaire financier, s'est effacé derrière le couple qui a monté ce projet fou. Le succès étant au rendez-vous, Lulu Anderson et Cosmo Fry ouvriront le 20 novembre prochain un second hôtel à Cheltenham. Et tout laisse à pen-ser que, cette fois, John Malkovich passera pour le dîner...Benny Andersson, ex-chanteur compositeur du groupe Abba, rêvait depuis longtemps d'un hôtel " où les visiteurs puissent se sentir comme à la maison ". Au Rival, ouvert en 2003, le design, surtout nordique, est omniprésent sans être écrasant, conformément à la volonté de la star suédoise et de ses deux associés. L'endroit se veut " classique plutôt que trendy et confortable plutôt que luxueux ". Pas question donc d'en faire une sorte de " parc à thème " tout en paillettes à la gloire du groupe Abba. Seul fil rouge, ici : la passion des propriétaires pour le septième art, présente à tous les étages. Dès sa construction en 1937, l'immeuble abritait déjà un cinéma. Restauré comme le bar du rez-de-chaussée dans l'esprit des années 1930, il propose une programmation mixte, mêlant classiques et nouveautés du moment. Dans le Bistro de l'étage, près de mille photos de stars habillent un mur de bois clair. Dans les 99 chambres également, la reproduction d'une scène de film imprimée sur une toile ou une plaque de Plexiglas surplombe le lit qui fait face à une télévision à écran plasma, avec DVD incorporé. Viennent ensuite une série de petits détails amusants nourris sans nul doute de l'expérience d'un grand voyageur : la salle de bains séparée de la chambre par un mur vitré est dotée de haut-parleurs reliés au téléviseur. Benny Andersson a aussi prévu des ours en peluche pour que vous n'ayez jamais à dormir seul dans vos draps en coton d'Egypte ainsi qu'un menu d'oreillers. Les résidents les plus chanceux se verront aussi remettre la clé de l'Honesty Bar qui se trouve au septième étage. Là-haut, personne pour vous servir : les boissons sont là à portée de main, le soin vous étant laissé de vous concocter vous-même votre propre cocktail... et de vous l'autofacturer ! A Sundance Resort, dans l'Utah, il n'est pas exceptionnel non plus de rencontrer le maître des lieux qui ne se contente pas cette fois de posséder quelques chambres décorées avec goût... mais toute une vallée. Soucieux de protéger l'environnement et l'aménagement harmonieux de ce site exceptionnel où se déroule depuis vingt-cinq ans le célèbre Festival du film indépendant, Robert Redford a veillé à ce que les constructions se fondent littéralement dans le paysage. Les cottages " rustiques " aux murs couverts de bois sont équipés de cheminées de pierre où il fait bon faire craquer une allumette. Tout ici - à commencer par sa collection privée d'£uvres d'art d'artistes " native Americans " que Robert Redford expose dans le restaurant gastronomique The Tree Room - rappelle que cette terre où l'acteur s'installa en 1969 avec sa famille était autrefois indienne. Un morceau de nature protégé de tout développement immobilier outrancier grâce à la volonté d'un homme à qui vous aurez sans doute envie de dire, tout simplement, si vous le croisiez : " Thank you Bob, we enjoyed our stay... " (" Merci Bob, on a apprécié notre séjour "). Carnet de voyage en page 85.Isabelle Willot