C'est un juste retour des choses : Blanche-Neige mordait la pomme à belles dents, Eric Goldberg, lui, croque les noirs héros de Disney avec délice. " Au début, c'est tentant d'enlaidir le monstre de l'histoire ", reconnaît le chef animateur, en digne héritier du grand Walt ( lire en pages 16 à 20). Originaux à l'appui, il rappelle que la marâtre de la bonne poire mangeuse de fruits devait, à l'origine, être grosse et laide. Quant à Maléfique, celle d...

C'est un juste retour des choses : Blanche-Neige mordait la pomme à belles dents, Eric Goldberg, lui, croque les noirs héros de Disney avec délice. " Au début, c'est tentant d'enlaidir le monstre de l'histoire ", reconnaît le chef animateur, en digne héritier du grand Walt ( lire en pages 16 à 20). Originaux à l'appui, il rappelle que la marâtre de la bonne poire mangeuse de fruits devait, à l'origine, être grosse et laide. Quant à Maléfique, celle de cette tarte de Belle au bois dormant, les premières esquisses la dotaient de ridicules ailes de chauve-souris. " Au final, elles sont toutes devenues très belles, presque séduisantes. C'est tellement bon d'aimer les méchants ! " M.A.C., la marque de cosmétique hype qui multiplie les collaborations audacieuses, n'en a pas perdu une miette. Après s'être plongée dans les archives de la Disney Animation Research Library, elle propose un fard rouge tiré de la doublure du manteau de Cruella, un eye-liner évoquant la moustache du Docteur Facilier ( La Princesse et la grenouille, 2010) ou un gloss pêche inspiré du bijou ornant la robe de la Méchante Reine. Paul Smith, lui, fait indéniablement partie des gentils. De ceux qui rappellent que le qualificatif n'a, à l'origine, aucune connotation fielleuse. Aussi, quand le créateur britannique dessine une collection pour les kids, ne tombe-t-il ni dans la mièvrerie condescendante, ni dans le copié-collé rigide d'un vestiaire adulte. " L'enfance est une période si courte, il faut qu'ils en profitent à fond, aussi bien dans leur manière de s'habiller que dans leurs actes ", confiait-il à Fanny Bouvry ( lire l'interview en pages 22 et 23). Et à ceux qui auraient peur de se faire piquer ces jolies fringues par un loup au souffle dévastateur, Steven Guarnaccia propose une version 2.0 des Trois petits cochons, dans laquelle les maisons de paille, de bois et de brique sont avantageusement remplacées par des icônes de l'architecture contemporaine ( lire en pages 40 à 42). Autant de jolies histoires qui ne pouvaient qu'inspirer Kitty Crowther, auteure jeunesse récompensée en mars dernier du très prestigieux prix Astrid Lindgren ( lire son portrait en pages 14 et 15) et qui ponctue ce Vif Weekend de dessins exclusifs. C'est pas gentil, ça ? Delphine Kindermans - Rédactrice en chef"Au début, c'est tentant d'enlaidir le monstre de l'histoire."