L'eusses-tu cru ? L'ouverture du restaurant de pâtes Lustucru, au pied de la Bastille à Paris, est bien le signe d'un nouveau petit phénomène de société. Après les Café Nescafé (une quarantaine d'enseignes dans le monde), les restaurants Panzani (dissimulé sous le nom Viaggio à Lyon) et Fleury-Michon à Nantes (maquillé sous le label de Graine d'appétit), les marques d'agroalimentaire passent désormais à table. Lustucru franchit une étape de plus dans la stratégie de communication puisqu'il est le premier produit de grande surface à dresser le couvert à visage découvert... " Il n'y a aucune raison de se cacher, expliqu...

L'eusses-tu cru ? L'ouverture du restaurant de pâtes Lustucru, au pied de la Bastille à Paris, est bien le signe d'un nouveau petit phénomène de société. Après les Café Nescafé (une quarantaine d'enseignes dans le monde), les restaurants Panzani (dissimulé sous le nom Viaggio à Lyon) et Fleury-Michon à Nantes (maquillé sous le label de Graine d'appétit), les marques d'agroalimentaire passent désormais à table. Lustucru franchit une étape de plus dans la stratégie de communication puisqu'il est le premier produit de grande surface à dresser le couvert à visage découvert... " Il n'y a aucune raison de se cacher, explique Caroline Cohen-Skalli, directrice des lieux fraîchement inaugurés, bien au contraire puisque notre volonté était de créer un endroit qui mette clairement en scène le patrimoine de la marque. "La décoration des lieux en témoigne abondamment : vieilles affiches du Pér' Lustucru, jouets promotionnels antédiluviens en provenance du musée de l'entreprise de Marseille et boîtes désuètes à l'effigie de la première marque française de pâtes sont exposés dans le restaurant comme autant de souvenirs de jeunesse. " C'est normal, poursuit Caroline Cohen-Skalli. Lustucru entretient un lien affectif fort et intime avec le public. " Une frise en céramique qui cerne les deux niveaux du restaurant reprend les anciennes bandes dessinées des aventures du Pér' Lustucru tandis que la mère Germaine et le martien - personnages récurrents des campagnes publicitaires des années 1990 - resurgissent ici et là. Mais le leitmotiv le plus efficace pour le leader n° 1 français des pâtes fraîches n'est ni un spot de trente secondes ni un slogan cher aux enfants de la télé mais tout simplement le fameux damier bleu, inventé en 1911 par le dessinateur Synave et reproduit ici sur les banquettes, les toques, les assiettes et les sets de table. On s'amuse au passage des abat-jour en forme de coquilles d'oeufs brisées ou des porte-menus translucides lestés avec des vermicelles et déjà " collector " à en juger par leur succès. " On nous les pique sans arrêt ", avoue amusé un des membres du personnel. Cette adresse sans prétention, au cadre ludique et ultra référentiel, est évidemment exclusivement consacrée aux plats de pâtes. Gratin de ravioles, tartare de pâtes ou tagliatelles indiennes aux grosses crevettes, curry et coco sont préparés " en direct " devant la clientèle du rez-de-chaussée. Non dénuée d'humour, la carte n'hésite pas à jouer la régression (les pâtes, ce met favori des juniors) avec, notamment, un " burger lustucru " pour les moins de 12 ans ou en dessert, des raviolis au chocolat fondant. Le genre de suggestions que les " grands " s'empresseront de goûter sans culpabiliser, la serviette nouée autour du cou, des grandes traces de cacao autour de la bouche. Pourquoi ne pas imaginer d'ailleurs pour le prochain menu, un gratin de pâtes " alphabet " grand format, pour conjuguer le plaisir de l'enfance avec l'appétit de l'adulte ? Une formule qui ferait assurément rosir de plaisir ces trentenaires nourris de Goldorak et de Gloubi boulga, la recette favorite de Casimir.Carnet d'adresses en page 92.Texte et photos: Antoine Moreno