L'accessoire le plus associé à un maillot du PSG a longtemps été la corne de supporter à air comprimé. Désormais, la panoplie pourrait être complétée par un sac griffé et de délicats escarpins. Il y a quelques mois, l'étoile montante de la mode, Christelle Kocher, faisait en effet défiler des maillots de l'équipe parisienne, réinterprétés en robes. Buzz garanti. Pour prouver que ça n'avait rien d'une simple lubie, la gagnante du prix LVMH 2016 vient de confirmer son inspiration à New York, avec des silhouettes pre-fall tout aussi footballistiques. " La question du maillot m'intéresse particulièrement depuis quelque temps. C'est souvent passionnant au niveau graphique, on trouve parfois des associations de couleurs étonnantes, raconte la styliste. Ce sport est très important dans la culture populaire, il est omniprésent dans les médias, il concerne toutes les classes sociales. Il a même un côté pop aujourd'hui. Dans un pays comme la Grande-Bretagne, les artistes et les créatifs ont un rapport décomplexé avec cette discipline. En France, c'est un peu différent et je trouvais intéressant de travailler cet univers. L'identité visuelle du PSG est très forte, je voulais mixer son image avec celle de Koché, ma griffe. Je les ai appelés et la collaboration s'est faite très naturellement. "
...

L'accessoire le plus associé à un maillot du PSG a longtemps été la corne de supporter à air comprimé. Désormais, la panoplie pourrait être complétée par un sac griffé et de délicats escarpins. Il y a quelques mois, l'étoile montante de la mode, Christelle Kocher, faisait en effet défiler des maillots de l'équipe parisienne, réinterprétés en robes. Buzz garanti. Pour prouver que ça n'avait rien d'une simple lubie, la gagnante du prix LVMH 2016 vient de confirmer son inspiration à New York, avec des silhouettes pre-fall tout aussi footballistiques. " La question du maillot m'intéresse particulièrement depuis quelque temps. C'est souvent passionnant au niveau graphique, on trouve parfois des associations de couleurs étonnantes, raconte la styliste. Ce sport est très important dans la culture populaire, il est omniprésent dans les médias, il concerne toutes les classes sociales. Il a même un côté pop aujourd'hui. Dans un pays comme la Grande-Bretagne, les artistes et les créatifs ont un rapport décomplexé avec cette discipline. En France, c'est un peu différent et je trouvais intéressant de travailler cet univers. L'identité visuelle du PSG est très forte, je voulais mixer son image avec celle de Koché, ma griffe. Je les ai appelés et la collaboration s'est faite très naturellement. " Pas étonnant que le club se soit prêté au jeu : les ambitions du président Nasser al-Khelaïfi de sortir son merchandising des bords de terrains sont affichées depuis longtemps. Collaborations avec l'emblématique concept store Colette ou avec Maison Labiche, Levi's ou encore Thomas Sabo, conquête active d'un public féminin, mais aussi drague du milieu de la mode au point que les loges et gradins du stade semblent désormais être une " after " de Fashion Week plus en vue que les boîtes sélectes : le PSG est l'exemple parfait d'un nouveau rapport entre la planète fashion et le monde du ballon rond. " Il y a une marge encore, mais ces univers se rapprochent ! C'est une tendance forte dans laquelle notre marque s'inscrit complètement, analyse Christelle Kocher. Les rapports entre le luxe et la culture populaire ne sont pas dictés par les labels, mais c'est bien la jeunesse et la rue qui donnent le ton. Les filles et les garçons qui portent Koché n'hésitent pas à mixer avec Supreme, H&M, Chanel ou Comme des Garçons... Je trouve cela très inspirant. Je pense que cette tendance va s'accentuer. " Les jeunes avertis dégainent donc désormais le maillot de club - plus ou moins - comme ils enfileraient un tee-shirt classique, le plaisir de la micro-transgression en plus. Même aux Etats-Unis où le " soccer " n'intéresse pas grand monde, la tendance perce au point que le magazine GQ se demandait récemment dans un titre si le foot n'était pas en train de remplacer le skate dans le coeur des modeux. " La grande spécificité des vêtements de sport réside dans les matières qui sont utilisées, relève encore Christelle Kocher. Ils sont pensés pour être très confortables et performants. Personnellement, j'ai absolument voulu garder cette exigence de confort, mais en déstructurant l'architecture classique du maillot. Nous avons donc découpé et mixé le vestiaire du PSG pour en faire de véritables pièces Koché. " Pour le sociologue du sport Ludovic Lestrelin, " le maillot et l'écharpe sont des accessoires que l'on pourrait qualifier d'objets identificatoires extrêmement importants. C'est la preuve tangible de l'appartenance au monde des supporters du club que l'on soutient. Ils sont investis de sens, chargés de valeurs et parfois de souvenirs. " C'est dans ce vivier symbolique puissant que pêchent les griffes quand elles présentent des écharpes de supporter détournées, comme Palace qui proposait récemment une version mêlant ces références... au visage de la princesse Diana. Désormais DA du label fondé par le Belge Dirk Bikkembergs - un des fameux Six d'Anvers, qui a acheté son propre club après avoir mis la discipline à l'honneur dans ses collections -, Lee Wood a, lui, dessiné une capsule masculine spécialement pour le Mondial. En boutique en février prochain, elle détourne ce sentiment d'appartenance. " Il est important de présenter des choses qui correspondent à des événements majeurs, explique le créateur. Dirk était un pionnier dans ce lien entre mode et football. Et ce sport est et sera toujours crucial pour nous. Je l'utilise comme une inspiration en donnant une impulsion streetwear, en utilisant des motifs forts, des logos, des mots et des chiffres. " Pour sa capsule 2018 FIFA World Cup, le directeur artistique a choisi de décliner les couleurs de l'équipe nationale russe : un hommage au pays organisateur et une réappropriation des aplats de couleurs fortes, caractéristiques des codes universels dans cette activité. " Chaque homme a son équipe favorite, mais la mode est un instant d'expression et de tendance. Le football et ses supporters ont une influence sur la mode, qui à son tour les influence. Au-delà de sa propre équipe, je pense qu'il y a quelque chose de très viril dans les sports d'équipe. " Une universalité qui explose tous les quatre ans, quand, sur tous les fuseaux horaires, des téléspectateurs retiennent leur souffle face au même tir de penalty. " Les grandes compétitions sont des occasions d'ouverture à des consommateurs qui ne sont pas des supporters assidus en temps normaux. Ce sont des moments d'expression d'un sentiment d'appartenance nationale ", rappelle Ludovic Lestrelin. Un rendez-vous immanquable et du même coup commercial, à ne pas rater pour les fédérations. Là où la mode se cale sur deux saisons par an minimum, les équipes nationales du ballon rond revoient leur garde-robe tous les deux ans, avant l'Euro, et avant le Mondial. " On a lancé le nouveau maillot, qui s'utilise à domicile, en novembre dernier ; un autre sortira dans le courant du premier trimestre 2018, pour les déplacements ", annonce Pierre Cornez, porte-parole de l'Union belge.Des ensembles conçus en collaboration avec l'équipementier Adidas tandis que les tenues de représentation, en dehors des matchs, sont confiées à Carlo & Fils, le tailleur belge qui fournit les costumes aux joueurs et aux officiels, comme le fait Ermanno Scervino (après Dolce & Gabbana) pour l'Italie. " C'est un costume Hugo Boss bleu, légèrement brillant, qui habillera les Diables à partir du printemps prochain ", annonce Eric Simonofski, administrateur-délégué de la maison Carlo & Fils. Impossible d'acheter la version discrètement brodée avec logo de la fédération qui sera portée par Hazard et Lukaku, mais le costume en lui-même, issu des collections classiques du label allemand, peut être adapté aux mesures des supporters et la cravate des Diables pour ce tournoi sera mise en vente par le tailleur carolo. " Au-delà du fait que nous sommes fans, si nous avons mis en place ce type de partenariat, c'est parce que les clients savent qu'en se baladant dans nos espaces, ils ont de grandes chances de tomber sur une personnalité sportive ", dévoile le patron. Egalement associé aux Sportings d'Anderlecht et de Charleroi, il a compris, comme de nombreuses marques, que les joueurs sont de bons prescripteurs même si, pour les costumes, la star est ailleurs. " On est dans la tradition où les entraîneurs sont toujours en costume, comme la NBA en basket. Le premier ambassadeur pour une maison, c'est donc l'entraîneur ! ". A en croire le spécialiste - c'est une chance -, Roberto Martinez porte très bien la chemise blanche... Premier et dernier maillon de la chaîne, le supporter n'est pas en reste dès qu'il s'agit d'imposer son style. Quand il ne puise pas dans les looks de ses idoles aux souliers d'or, voire dans les collections lancées par des joueurs - on se souvient de celle de Daniel Van Buyten, en 2015, sans parler de David Beckham, maqué avec H&M - pour digérer une tendance ou égaliser ses pointes (lire par ailleurs), il dicte ses propres codes. Pour preuve, les silhouettes qui envahirent les stades anglais dans les années 90, mélange de Tacchini, d'Umbro et Kappa, avant de déferler dans la rue. Ce look chavs - tendance skinhead - continue de fasciner et d'inspirer avec des allures composées en Ben Sherman et autres Fred Perry, Doc Martens aux pieds. Clin d'oeil à l'histoire, après avoir tenté durant des années de prendre des distances avec la dégaine des hooligans qui s'emparaient avec un chic prolétaire de son iconique tartan, Burberry a signé une collaboration avec le Russe Gosha Rubchinskiy pour le printemps, entre trench et écusson ballon. Et si les modeux accepteront probablement de mouiller leur maillot pour faire percer la tendance, pour que le public rentre pleinement dans le jeu, il sera nécessaire que les buts suivent. " Il faut des conditions particulières pour que le football attire massivement lors du Mondial : des résultats positifs et une montée des enjeux. Plus l'équipe va loin, plus l'ouverture est forte ", rappelle le sociologue Ludovic Lestrelin. Messieurs, bon séjour russe, le monde et la mode vous observent.