Construite en 1892 par Gustave Eiffel (1832-1923), cette maison d'Amboise n'avait curieusement jamais été habitée. D'abord atelier du peintre Albert Thomas (il y travaillait, mais n'y résidait pas), elle est devenue l'annexe d'un établissement scolaire, où longtemps elle servit de salle de sport. " Il y avait beaucoup de travaux à assumer, mais j'ai tout de suite compris ce que j'allais en faire, comme si mon histoire avec ces murs était déjà écrite, comme s'il s'agissait d'une évidence... " Pour Ingrid Brochard, sa nouvelle propriétaire, au premier regard, ce fut le coup de foudre.
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Construite en 1892 par Gustave Eiffel (1832-1923), cette maison d'Amboise n'avait curieusement jamais été habitée. D'abord atelier du peintre Albert Thomas (il y travaillait, mais n'y résidait pas), elle est devenue l'annexe d'un établissement scolaire, où longtemps elle servit de salle de sport. " Il y avait beaucoup de travaux à assumer, mais j'ai tout de suite compris ce que j'allais en faire, comme si mon histoire avec ces murs était déjà écrite, comme s'il s'agissait d'une évidence... " Pour Ingrid Brochard, sa nouvelle propriétaire, au premier regard, ce fut le coup de foudre. Après deux ans de chantier, la maison, répartie sur trois niveaux, est splendide. Et l'élément le plus remarquable est certes la superbe charpente métallique signée du père de la célèbre Tour Eiffel, à Paris. Elle rehausse un volume époustouflant : la hauteur sous plafond du living atteint en effet près de 10 m au point culminant de la toiture, et plus de 4 m dans les parties les plus basses. Pour casser la hauteur sans altérer le volume, Ingrid a conçu une étonnante mezzanine : une grande " boîte " rectangulaire rouge vif au sommet de laquelle elle a installé son bureau. La charpente de Gustave Eiffel a aussi inspiré le choix des matériaux... La mezzanine est en métal, tout comme les escaliers qui relient les trois niveaux et la lourde porte d'entrée. Ingrid a une passion : l'art contemporain. Dans cette région du Val-de-Loire baignée par le souvenir de Léonard de Vinci (1452-1519, le génie de la Renaissance a vécu et est décédé au Clos-Lucé, près d'Amboise), et dans cet ancien atelier d'artiste, elle voulait que " sa " maison puisse accueillir ses collections d'£uvres d'art... Mais elle désirait, par-dessus tout, qu'elle soit conviviale afin d'y organiser fêtes et réceptions. " Que ce lieu vive ", s'enthousiasme- t-elle. Son parti pris ? N'élever aucune cloison à l'étage supérieur pour réunir, dans un même volume, un salon, une salle à manger et une grande cuisine. Les chambres, elles, ont été aménagées à l'étage inférieur. Ingrid, qui travaille dans la grande distribution, a dessiné des murs en forme de " codes-barres ", où alternent des bandes verticales opaques, en bois, et translucides, en Plexiglas. " Quand j'ai commencé les travaux, se souvient-elle, entrepreneurs et voisins ont d'abord trouvé que la maison ressemblait davantage à une galerie d'art. Il est vrai que cette préoccupation d'offrir un cadre à mes collections était bien présente. Puis tout le monde a finalement compris que mon projet était profondément respectueux de la maison, de son âme... et du caractère de la région. "Pour meubler sa belle et lumineuse demeure, Ingrid a opté pour les créations de quelques-uns des meilleurs designers du xxe siècle : Le Corbusier, Charles Eames, Knoll, Verner Panton, Simone Cappellini, Philippe Starck, Ron Arad, Bernard Rancillac... Et pour l'éclairage de nuit, elle a également privilégié la qualité : Baccarat, qui lui a procuré un splendide lustre " 24 lumières " disposé au centre du living, Achille Castiglioni ou encore Ingo Maurer, auteur du délicat lustre ailé de la chambre principale. A épingler aussi : de nombreuses £uvres d'art ont été réalisées en fonction de leur destination précise. C'est le cas de plusieurs tableaux de Gérard Schlosser, un des représentants du mouvement de figuration narrative, qui a fréquemment séjourné à Amboise, et qui revient volontiers dans cette " maison magique " (ce sont ses propres termes), ou d'une toile du Chinois Wang Quang Yi, qu'Ingrid est allée chercher... à Pékin. Reportage : Luxproductions.com