ALIAA MAGDA ELMAHDY - ICÔNE NUE

Tout commence en 2011. La jeune Egyptienne Aliaa Magda Elmahdy poste sur son blog un cliché noir et blanc d'elle, nue. Pour seule couleur, le rouge écarlate d'une rose posée sur ses cheveux - trop voyant, d'après sa mère - et de ses ballerines, celles-là mêmes qui sont interdites aux femmes d'Iran. C'est un geste de rébellion à l'égard de sa famille conservatrice. Un acte de liberté aussi, en plein printemps arabe. Une façon de défier les islamistes de son pays, surtout, eux qui refusent d'accorder aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes. La photo fait le tour du monde, est vue plus de 5 millions de fois en quelques jours, faisant de l'étudiante de 20 ans à la fois une icône de la révolution et une paria. Considérée comme de la provocation, elle est lâchée par ses pairs et amis, menacée de mort et de viol. A tel point qu'elle se réfugie en Suède, où elle continue depuis lors son combat, que ce soit sur les réseaux sociaux ou lors de manifestations. Un porte-drapeau qui n'a pas fini de dénoncer l'oppression et les discriminations liées au genre, se battant " contre une société de violence, de racisme, de sexisme, de harcèlement sexuel et d'hypocrisie ". Et qu'importe si, pour ce faire, elle doit à nouveau dénuder sa poitrine... Elle a d'ailleurs rallié les Femen depuis 2012. C.PL.
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Tout commence en 2011. La jeune Egyptienne Aliaa Magda Elmahdy poste sur son blog un cliché noir et blanc d'elle, nue. Pour seule couleur, le rouge écarlate d'une rose posée sur ses cheveux - trop voyant, d'après sa mère - et de ses ballerines, celles-là mêmes qui sont interdites aux femmes d'Iran. C'est un geste de rébellion à l'égard de sa famille conservatrice. Un acte de liberté aussi, en plein printemps arabe. Une façon de défier les islamistes de son pays, surtout, eux qui refusent d'accorder aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes. La photo fait le tour du monde, est vue plus de 5 millions de fois en quelques jours, faisant de l'étudiante de 20 ans à la fois une icône de la révolution et une paria. Considérée comme de la provocation, elle est lâchée par ses pairs et amis, menacée de mort et de viol. A tel point qu'elle se réfugie en Suède, où elle continue depuis lors son combat, que ce soit sur les réseaux sociaux ou lors de manifestations. Un porte-drapeau qui n'a pas fini de dénoncer l'oppression et les discriminations liées au genre, se battant " contre une société de violence, de racisme, de sexisme, de harcèlement sexuel et d'hypocrisie ". Et qu'importe si, pour ce faire, elle doit à nouveau dénuder sa poitrine... Elle a d'ailleurs rallié les Femen depuis 2012. C.PL. " Ma grand-mère a combattu pour autre chose que le droit de crâner en string. " En lançant cette attaque contre Beyoncé, Kim Kardashian et consorts dans le quotidien espagnol El Pais, Lou Doillon a cru se positionner en militante... C'était sans compter sur les défenseurs de Queen Bey qui rappelèrent que la fille de Jane Birkin n'était pas à une apparition nue près et que leur star hip-hop était bien plus que ça. C'est que l'ex-Destiny's Child joue plutôt sur le tableau de la défense des femmes, notamment avec sa chanson ***Flawless sortie en 2013 et qui cite un discours de l'auteure nigériane féministe Chimamanda Ngozi Adichie. La chanteuse s'est également fendue d'une carte blanche consacrée à l'égalité des sexes dans le journal américain Shriver Report. De quoi faire jaser outre-Atlantique, une chroniqueuse du Guardian US affirmant que " se faire photographier en sous-vêtements n'aide pas le mouvement et embrouille les filles " ; une consoeur du magazine Bitch contre-attaquant et dénonçant " un exemple moderne de l'opposition raciste de la sexualité noire animale et de la sexualité blanche, civilisée et contrôlée ". Beyoncé, élue célébrité la plus influente du monde en 2014 par Forbes, oscille donc entre véritable combat - elle aurait notamment une politique d'embauche privilégiant les collaboratrices - et positionnement marketing - lors de son apparition aux MTV Video Music Awards en 2014, l'écran de fond s'était illuminé d'un énorme placard " feminist ". Avec un mérite, incontestable, celui de susciter le dialogue et d'interroger les filles sur leur rapport au corps. F.BY. Cette actrice parisienne, jeune maman par ailleurs, aime être élégante et sexy. Apprécie qu'on l'invite au resto, s'épile, se maquille, porte parfois des jupes qui frôlent l'indécence et très souvent des talons hauts. En revanche, elle déteste se faire siffler dans la rue, ne supporte pas l'image des demoiselles dans la pub, voudrait avoir les mêmes chances qu'un mec d'obtenir un poste et un salaire équivalent. En résumé, Noémie de Lattre prône tout à la fois la différence et l'égalité entre les hommes et les femmes. Son côté féministe, elle l'a découvert presque par hasard, lors de ses premières chroniques radio sur France Inter. Le misogyne et ses travers ? Un sujet de fond sans fond. La preuve, la comédienne et auteure de théâtre vient de rédiger un essai, où elle livre ses réflexions sur le sujet, à coups d'anecdotes forcément bien relevées. C.PL. Un homme sur deux est une femme, en string et en colère, par Noémie de Lattre, Flammarion, février 2016, 187 pages. Non ! Se définir comme fervente féministe ne doit pas être considéré comme un gros mot. C'est ce que pense l'humoriste française, dont le dernier spectacle, baptisé Madame Foresti, aborde notamment la condition féminine. Se vouloir " sexy et " coooool " pour coller au désir des hommes est une régression ", confiait-elle à Télérama, en s'indignant sur l'image des femmes et ce que l'on veut les forcer à être. C.PL. Son combat et son courage lui ont permis d'être nommée plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix en 2014, à 17 ans à peine. Pakistanaise, Malala Yousafzai se fait remarquer lorsqu'elle décrit - anonymement, dans un premier temps - son quotidien sous le régime des talibans. Un témoignage qui fait le tour du monde et lui vaut d'être victime d'une tentative d'assassinat. Vivant désormais en Angleterre avec sa famille, l'adolescente ne cesse de militer pour la scolarisation des filles, arguant que l'éducation est l'unique solution face à l'obscurantisme. C.PL. C'est une aventure humaine, celle de trois femmes qui décident un jour d'aider bénévolement sept Congolaises ayant tout perdu dans une éruption volcanique. C'était il y a douze ans et aujourd'hui, Kisany fournit un job à 120 femmes au Congo et au Rwanda (photo). " Nous leur donnons les croquis, les tissus, les ustensiles et elles brodent, chez elles ou à l'atelier, les textiles qui sont ensuite transformés en trousses, linge de maison... là-bas également. Tous les bénéfices sont réinvestis pour elles, dans l'éducation notamment, résume Isabelle Degryse, co-fondatrice. Notre démarche est féministe en ce sens qu'elle offre à ces filles qui, au départ, ne savent même pas qu'elles ont des droits, l'opportunité de s'épanouir et de ne pas subir leur vie. " L'organisation vient de lancer la campagne Give Work, proposant en ligne des articles équivalents chacun à un jour de travail pour l'une des brodeuses. En collaboration avec Sisley, elle a aussi fait broder des trousses " Merci Maman ", distribuées ce mois de mai chez Planet Parfum à l'achat de produits. F.BY. www.kisanygivework.com Dans son monde idéal, la question du genre ne devrait plus en être une puisque les hommes et les femmes seraient traités de manière égalitaire. En attendant, l'actrice, ambassadrice pour les Nations Unies, revendique son droit à l'ouvrir comme un mec quand il s'agit de dénoncer les différences de salaires qui gangrènent encore même les milieux professionnels les plus privilégiés. Au risque de se faire qualifier de diva ou de " feminazi " par quelques trolls arriérés sur les réseaux sociaux. I.W. Début 2016, lorsque la maison Dandoy afficha en vitrine une paire de fesses pour vanter ses biscuits, elle dénonça haut et fort le " machisme archaïque " du monde de la pub. Auteure d'Egaux ? Pièges et réussites de l'égalité hommes-femmes (Luc Pire), la ministre bruxelloise cdH défend " un féminisme moderne qui se traduit par des convictions fortes et des actions concrètes. Parmi elles, la lutte contre les stéréotypes sexués ou encore la tolérance zéro envers toutes formes de violence conjugale, familiale ou sexuelle ". Elle revendique également la maternité de l'ordonnance imposant l'alternance homme-femme sur les listes communales, qui entrera en vigueur en 2018. F.BY. Elle est la femme d'une robe portefeuille, un petit bout de chiffon en jersey infroissable qui a traversé le temps, se ceinture à la taille, se dé/noue très aisément, fait de préférence dans l'imprimé, fleuri, zébré voire tigré car Diane von Furstenberg ne recule devant rien. Depuis plus de quarante ans, la créatrice porte en étendard ce slogan incarné : " Feel like a woman, wear a dress " et prône " l'empowerment " des femmes avec glam' et d'une voix séduisante où se mêlent un reste d'accent belge et pas mal d'intonations américaines. Car cette Diane chasseresse est une princesse et une tycoon mais aussi une petite Bruxelloise, née un 31 décembre 1947 d'une mère juive rescapée des camps de la mort. Si elle a un jour franchi l'Atlantique, c'est pour vivre l'American Dream et être ce qu'elle a toujours voulu être : " Une femme libre et indépendante qui déciderait où elle irait. " Et qui pourrait bien servir d'exemple. Depuis 2010, elle honore d'un DVF Award celles qui " ont eu le courage de se battre, le pouvoir de survivre, le leadership d'inspirer et qui ont changé la vie des autres grâce à leur engagement ". A la clé, 50 000 dollars et les " love " enthousiastes de celle qui porte la wrap dress comme personne. A.-F.M. Elle a beau n'avoir exercé ce métier, celui d'actrice porno, qu'un peu plus d'un an, c'est toujours cette partie-là de son C.V. que brandissent - pensant à tort la rabaisser - ceux qui ne supportent toujours pas qu'une femme puisse " aimer ça " et surtout le dise haut et fort. Depuis ses années X, cette diplômée en philosophie a signé plus d'une quinzaine de livres, réalisé autant de films et documentaires, hot ou non d'ailleurs, certains de ces contenus audiovisuels pour adultes se voulant même éducatifs. Son enquête A quoi rêvent les jeunes filles, commandée par France 2, s'est intéressée à la manière dont la pornographie en ligne aliénait plutôt qu'elle ne libérait les adolescentes. " La sexualité est pour moi un vaste champ d'investigation et surtout une intarissable source d'interrogations ", note celle qui se targue d'avoir été l'une des premières à développer le concept de pornographie féminine. Avec Stoya, qui comme elle bénéficie dans le milieu du X d'une image plutôt intello, elle s'est d'ailleurs laissé convaincre par Canal + de tourner le point de vue féminin d'une même histoire traitée au masculin par le réalisateur Dist De Kaerth. Deux regards à visionner en parallèle sur un même écran. Ovidie s'est également exprimée récemment contre la loi française visant à pénaliser les clients de la prostitution. I.W. En 2010, elle défilait déjà pour Jean Paul Gaultier. Pour l'été 2016, c'est le catwalk de Marc Jacobs que Mary Beth Patterson, de son vrai nom, arpentait dans une robe de soirée largement échancrée, avec décolleté plus que pigeonnant. Mais du haut de ses 35 ans, l'artiste américaine n'a cure du regard qu'on porte sur sa plastique. Elle aurait même tendance à en jouer et à la mettre parfois outrageusement en valeur, faisant ainsi un pied de nez à tous ceux qui rêvent les femmes en XXS. Mais derrière ce physique étendard, c'est probablement à son enfance dans l'Arkansas, que l'on dit douloureuse et incestueuse, avec une mère victime des hommes de sa vie et elle aussi abusée, que la chanteuse de Gossip entend tourner le dos, militant avec hargne pour les droits des femmes et des lesbiennes, en particulier. Elle a d'ailleurs épousé sa compagne en 2013, à Hawaii, alors que le mariage homosexuel n'y était pas légalisé. F.BY. On a découvert celle que l'on qualifie désormais de " femme la plus puissante de la télévision américaine " grâce à la série Girls qui, comme tout ce qu'elle a fait depuis, parle des problèmes existentiels des filles d'aujourd'hui avec un humour bien cash à la Judd Apatow, son pote d'ailleurs, qui l'a toujours soutenue. Se montrer telle qu'elle est, sans retouche, ne l'effraie pas, même si le prix à payer aura été en septembre dernier de se voir abreuvée d'insultes pour avoir osé poster une photo d'elle en sous-vêtements sur son compte Twitter. I.W. Jusqu'à Baise-moi, le film, le féminisme la concernait vaguement et de loin. Mais devant son oeuvre censurée, en 2000, Virginie Despentes a bien été obligée d'y réfléchir. Et de se définir. Ce qu'en romancière sans fard elle fit six ans plus tard dans un essai autobiographique où il est question de viol, de prostitution et de pornographie, un King Kong Théorie, manifeste trash pour un nouveau féminisme, avec coups de boule à la société patriarcale. Depuis, la cinéaste-romancière n'hésite pas à l'ouvrir quand c'est nécessaire, c'est-à-dire souvent. A.-F.M. A travers son expo Women : New Portraits, qui vient juste de s'achever à San Francisco et investira les cimaises d'autres grandes métropoles dans les prochains mois, l'Américaine entend mettre en avant ces femmes anonymes ou célèbres qui font marcher le monde, démontrant le rôle crucial qu'elles ont dans la société actuelle. Militant par objectif interposé, la photographe de Vanity Fair s'est aussi positionnée dans le débat sur le droit à la différence en signant un calendrier Pirelli 2016 atypique, donnant à voir de " vraies filles " de tout âge et de toute corpulence, telles que la joueuse de tennis Serena Williams ou l'humoriste Amy Schumer, aux fesses rebondies assumées. Cette dernière jouant également de son art, celui de faire rire sur scène, pour faire passer son message en faveur de l'égalité des sexes. Ou quand une image vaut parfois plus qu'un long discours. F.BY. Alors étudiante, la jeune Bruxelloise réalise, en 2012, dans le cadre de ses cours, un documentaire coup de gueule, en caméra cachée, Femme de la rue, parlante illustration de ce qu'une fille qui se balade en ville vit au quotidien, entre remarques désobligeantes, propositions indécentes et faux compliments. Le témoignage fait boule de neige et pour certains " brise enfin un tabou " ; les politiques se positionnent pour l'adoption d'une loi et une ville comme Malines annonce même qu'elle va utiliser des policières " pièges " pour verbaliser les comportements déplacés... Aujourd'hui, le cadre légal est là, quoique pas toujours bien appliqué dans les faits, et cet exemple toujours une référence dans notre petit pays où les actions chocs contre le sexisme ordinaire restent encore timides. F.BY. D'un côté, la méthode institutionnelle avec Viviane Teitelbaum, la soixantaine dynamique, engagée contre l'antisémitisme, présidente du Lobby européen des Femmes et échevine ixelloise ayant mis en place le premier Budget communal " sensible au genre " en Belgique. De l'autre, la stratégie médiatique avec Assita Kanko, jeune conseillère dans la même commune, se disant " féministe, avant même d'avoir connu le mot " et auteure en 2015 d'un livre sur le sujet (La deuxième moitié, Lannoo/Racine). Deux manières de communiquer différentes, pour deux femmes ayant choisi un parti, le MR, plutôt connu pour ses ténors aux chromosomes XY prédominants. F.BY. Fer de lance d'une certaine presse, c'est un magazine féminin qui ne parle pas uniquement de people et de cellulite mais de politique, de société, d'économie, de culture et de quiches qui n'en sont pas. Ce mensuel un brin foutraque surtitré " Plus féminine du cerveau que du capiton " estime que les femmes ne sont ni des portemanteaux ni des porte-monnaie sur pattes, raison de plus pour " traiter de sujets sérieux sans se prendre au sérieux ". Depuis 66 numéros et son lancement en mars 2009, Causette ne fait pas dans le tiédasse : ton décalé, maximum 10 % de pub et sujets brûlants - " Attentats : les femmes de Mahomet dénoncent ", " La césarienne sous toutes les coutures ", " Mon week-end chez Renaud " ou " Poupée Barbie Libérée Délivrée ? ". Et si un brin de causette pouvait faire bouger les lignes ? A.-F.M. En 2013, cette Canadienne née en 1992 publie sur Instagram un " bikini selfie ", la dévoilant non épilée depuis 252 jours. Résultat : compte fermé et débat online relancé sur la question des normes esthétiques. Loin d'en rester là, la photographe dessine pour American Apparel un tee-shirt provoc, où l'on voit une main de femme caresser son sexe très poilu et en sang, faisant d'elle une militante de l'intime non photoshopé, qui collabore désormais pour Vogue, Vice ou Purple. C.PL. La sénatrice socialiste a fait le buzz, en 2012, avec une tirade dans l'hémicycle face aux propos rétrogrades de Karl Vanlouwe (N-VA) sur " l'évolution naturelle des femmes ". Mais son combat remonte plus loin, lorsque, jeune Marocaine, elle débarqua en France et fut choquée par " ces filles qui chuchotaient leur peur " ou quand elle participa à la création du Collectif Contraception, à La Louvière, alors que l'avortement n'était pas dépénalisé. Du local à l'international, elle se bat pour la représentation des femmes en politique et maintient " une vigilance inlassable pour traquer les inégalités ". F.BY.