C'est l'un des plus vieux métiers du monde. Il est enseigné dans une vénérable école des Arts qui fête ses 300 ans. Et plus particulièrement dans une section baptisée Design Textile, laquelle, avec fierté, passe le cap des 10 ans de bons et loyaux service à la cause tissée. À l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, fondée en 1711, on prépare cet anniversaire sur six niveaux et 5 000 m2, dans une unité de lieu et de temps où seront réunis, pour la première fois de l'histoire, les travaux de ses étudiants issus des quatorze options...

C'est l'un des plus vieux métiers du monde. Il est enseigné dans une vénérable école des Arts qui fête ses 300 ans. Et plus particulièrement dans une section baptisée Design Textile, laquelle, avec fierté, passe le cap des 10 ans de bons et loyaux service à la cause tissée. À l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, fondée en 1711, on prépare cet anniversaire sur six niveaux et 5 000 m2, dans une unité de lieu et de temps où seront réunis, pour la première fois de l'histoire, les travaux de ses étudiants issus des quatorze options. Parmi eux, aux cimaises, les £uvres en design textile. Le mot " £uvre " est utilisé à bon escient : un fil, un autre fil, un métier, la main de l'Homme, un entrelacs, quelle étoffe. Cependant, à la différence de la tapisserie, ici, en la matière, il faut que le tissu créé résiste à l'usure, s'inscrive dans le quotidien et vive sa vie, qu'il soit artisanal ou industriel. France Marichal, aujourd'hui professeur titulaire, plancha sur la création de ce cursus en 2001. Elle savait alors ce qui lui avait fait défaut en sortant de l'école, en l'occurrence La Cambre, crû 1989 : il lui manquait ce b.a.-ba du vocabulaire technique, " j'ai dû tout apprendre par moi-même ", se souvient-elle, du coup, forcément, elle décide d'aller à l'encontre de cette mouvance qui prône l'artistique pur et le conceptuel, qu'elle ne renie pourtant pas. Elle liste alors ses priorités : " mettre l'accent sur l'aspect exceptionnel de savoir, maîtriser les techniques, les utiliser de manière créative, renouveler ce patrimoine qui depuis une trentaine d'années, s'est simplifié, voire appauvri - quand on ouvre un vieux catalogue aujourd'hui, on se rend compte qu'il y avait encore une fantaisie, une diversité dans les textiles qui maintenant sont uniformisés. " Depuis, épaulée par quatre autres profs, elle enseigne à " ne jamais être dans l'à-peu-près ", à utiliser la technicité " de manière fine et sensible ", à " dominer les outils de production industrielle " et à " faire rejaillir l'aspect expérimental de la matière ". Et pour mieux ancrer dans la réalité cet apprentissage un peu hors normes, les étudiant(e)s dont la vie tient à ces fils collaborent avec des entreprises et des maisons de mode, avec Serge Bensimon et Jean Paul Gaultier, notamment. On a donc vu défiler en janvier dernier un tailleur, un voile, un top en raphia sur un podium très haute couture. Tout avait été tissé à l'Académie, des jours et des nuits durant. Ce n'est qu'un début !, Exposition des étudiants de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, ArBA ART Center (bâtiment Vanderborght), 50B, rue de l'Écuyer, à 1000 Bruxelles, du 21 juin au 6 juillet prochain, de 14 à 18 heures. A.-F.M.