Trois Belges sur quatre possèdent un foyer qu'ils ont acquis avant tout pour la convivialité qu'il va leur procurer avant même de s'intéresser à son bilan énergétique (*). La tendance " nesting " (une maison cocon, mais ouverte aux autres : on invite, on reçoit chez soi, on prend plaisir à réunir sa famille, ses amis), loin de se démentir, s'est muée en " hometainment " : les loisirs pratiqués at home se " professionnalisent " grâce au débarquement massif, au salon comme en cuisine, d'équipements high-tech. Et le feu ouvert n'échappe pas à la règle.
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Trois Belges sur quatre possèdent un foyer qu'ils ont acquis avant tout pour la convivialité qu'il va leur procurer avant même de s'intéresser à son bilan énergétique (*). La tendance " nesting " (une maison cocon, mais ouverte aux autres : on invite, on reçoit chez soi, on prend plaisir à réunir sa famille, ses amis), loin de se démentir, s'est muée en " hometainment " : les loisirs pratiqués at home se " professionnalisent " grâce au débarquement massif, au salon comme en cuisine, d'équipements high-tech. Et le feu ouvert n'échappe pas à la règle. Sans hésiter, c'est du côté des poêles à bois que la révolution est la plus spectaculaire. Côté design d'abord, les lignes n'ont plus rien de rustique, comme le confirme, le F 250 de Jøtul (8), un appareil compact aux courbes arrondies. Rondeur toujours, avec l' Agora de Focus (3), dont les portes s'ouvrent et se ferment à loisir, et qui laisse voir ses flammes des quatre coins de la pièce. Véritables pôles lumineux de plaisir, les modèles centraux trouveront aisément place dans un loft contemporain. C'est à ces grands espaces que se destinent aussi les poêles 80-60/2 de Don-Bar (7). Accrochés au mur cette fois, le Klee de Ruegg (10), tout habillé d'acier brut, concentre le regard sur la danse des flammes tout comme le Stûv 60(12), un âtre brut de décoffrage capable de fonctionner en continu. Une ligne de conduite que la marque belge applique d'ailleurs à d'autres modèles : selon l'heure du jour ou de la nuit, le feu change d'objet comme d'aspect. Vitré le jour, le Stûv 30 (4) cumule puissance de chauffe et plaisir des yeux. Ouvert en soirée - on peut même y griller des brochettes - il tourne au ralenti jusqu'au petit matin, derrière une porte pleine à l'étanchéité renforcée. Multifonction lui aussi, le CookCook de Ruegg (5) s'encastrera dans les cuisines les plus modernes. Jouxtant les prodiges de la technique, réintroduit, à côté du micro-ondes et du four à chaleur tournante, le feu ancestral est maîtrisé. Deux bûches suffisent pour préparer un repas grâce à la plaque en vitrocéramique harmonieusement rougie par les flammes. En douceur, le ragoût mitonne, l'odeur de bois remplit la pièce. Facilement escamotable, la taque se change en parois de protection. Le feu, alors visible, enchante les convives avant de devenir braises à grillade. Le message du fabricant suisse est aussi écologique : le bois en tant qu'énergie renouvelable doit être privilégié autant que possible face au gasoil, au gaz et à l'électricité. Les cheminées dites traditionnelles n'échappent pas non plus à cette tendance : monumentales, elles séparent cuisine et salon, comme le modèle Phénix de Bodart et Gonay (2), à portes escamotables. Le modèle 21/85 de Stûv (9), lui, affiche un habillage en métal oxydé avec réserve de bois incorporée. Un combustible que l'on choisira d'ailleurs en connaissance de cause : bien secs - il faut attendre entre 18 mois et deux ans après la coupe - les feuillus durs comme le hêtre, le chêne, le charme, le merisier ou le bouleau, donnent les meilleurs rendements, sachant qu'il convient d'éviter à tout prix les résineux qui, s'ils dégagent beaucoup de chaleur, goudronnent et encrassent les cheminées. L'espace de stockage vous manque ? Il n'est plus nécessaire de vous priver du plaisir d'une flambée. Débarrassés de leurs fausses bûches kitsch, les inserts au gaz tout en longueur ont investis les hôtels et restos design, comme le Murano à Paris ou Flamant Dining à Anvers, pour mieux s'imposer dans les appartements urbains aux lignes minimalistes. Ces feux d'ambiance signés Faber (6) ou Flandria (11) se retrouvent même de plus en plus souvent dans la chambre à coucher. Les flammèches dont l'intensité se règle aisément par une télécommande thermostatique sortent d'un lit de galets de Carrare, blancs, gris ou noirs. Chez Bodart et Gonay (1), le principe unique d'aspiration de l'air de la pièce par la face avant permet même d'installer un écran plasma directement au-dessus du foyer. Pour que le spectacle soit complet... (*) Enquête Faber réalisée en 2005. Carnet d'adresses en page 66.Isabelle Willot