Tout a commencé un peu par hasard quand, " pour s'occuper " durant ses trajets à pied, François-Xavier Cardon empoche son appareil photo et shoote les rues qu'il arpente dans la Cité ardente. Cette habitude devient bientôt son principal passe-temps, et le jeune autodidacte décide de partager ses images préférées sur Facebook, dans des albums intitulés Clichés volés. Pourquoi avo...

Tout a commencé un peu par hasard quand, " pour s'occuper " durant ses trajets à pied, François-Xavier Cardon empoche son appareil photo et shoote les rues qu'il arpente dans la Cité ardente. Cette habitude devient bientôt son principal passe-temps, et le jeune autodidacte décide de partager ses images préférées sur Facebook, dans des albums intitulés Clichés volés. Pourquoi avoir choisi sa ville comme principal sujet ? " Je me demandais pour quelles raisons les gens qui découvrent Liège tombent sous son charme. Et selon moi, ça tient beaucoup à l'hétérogénéité de sa population, au fait que différents milieux sociaux et cultures se retrouvent dans des mêmes quartiers. Il n'y a pas vraiment de ghettoïsation, mais plutôt quelque chose de l'ordre du cosmopolite qui m'inspire particulièrement. " Sept ans et des milliers de likes plus tard, cette démarche a donné naissance à son premier recueil, dont le titre, Dans Liège, traduit à merveille le contenu : une succession d'instantanés, de tranches de vie saisies sur le fil, qui dépeignent sans fard ni artifice le quotidien des habitants. Un regard enamouré qui réfute les excès de ceux qui dressent de la ville un tableau apocalyptique " et qui sont souvent des gens qui n'y vivent pas, ajoute-t-il. Il y a ici une émulation, une animation, un dynamisme socioculturel que l'on ressent à tous les coins de rues. " Soulignant la " dimension historique " de son travail, la période couverte (2011-2017) a vu Liège changer durablement. " Ça a coïncidé avec un élan de tourisme, symbolisé par la nouvelle gare des Guillemins, observe-t-il, mais aussi par d'autres chantiers, comme celui du Théâtre. Au jour le jour, on ne s'en est pas rendu compte, mais la cité n'est plus la même qu'il y a dix ans. " Une réalité qui ne fait que renforcer l'importance de son témoignage photographique, et élève au rang de mémoires ses photos " volées " aux passants.