Sale temps pour les icônes de notre enfance : alors que chez Hasbro, on voit les chiffres de vente de G.I. Jo baisser inexorablement, Mattel n'arrive pas à endiguer la chute de ceux de Barbie, qui avaient déjà dévissé de 6 % en 2013 et perdent encore 14 % au premier semestre de cette année. A contrario, ces mauvaises performances devraient réjouir les militants anti-théorie du genre, les deux héros 100 % plastique véhiculant depuis plus d'un demi-siècle des clichés pas très heureux - l'homm...

Sale temps pour les icônes de notre enfance : alors que chez Hasbro, on voit les chiffres de vente de G.I. Jo baisser inexorablement, Mattel n'arrive pas à endiguer la chute de ceux de Barbie, qui avaient déjà dévissé de 6 % en 2013 et perdent encore 14 % au premier semestre de cette année. A contrario, ces mauvaises performances devraient réjouir les militants anti-théorie du genre, les deux héros 100 % plastique véhiculant depuis plus d'un demi-siècle des clichés pas très heureux - l'homme aventurier, capable de se sortir des situations les plus périlleuses, la femme se cantonnant à explorer sa garde-robe et à veiller sur le foyer. Une récente étude menée par l'université de l'Oregon va jusqu'à affirmer que ces figurines alliant jambes interminables, seins en obus et longue crinière blonde induisent chez les fillettes le sentiment que leur avenir est bouché. Pour en arriver à ces conclusions, la chercheuse Aurora Sherman a demandé à un panel de gamines de jouer avec Barbie Mode, Barbie Carrière ou Madame Patate. Et il s'est avéré que seules celles qui avaient opté pour cette dernière considéraient qu'elles pouvaient, tout autant que les garçons, choisir n'importe quelle orientation professionnelle. Quant au physique peu réaliste de la miss - pieds tellement petits que, dans la vraie vie, elle ne pourrait tenir debout, taille si fine qu'elle serait incapable de respirer, cou nettement trop long pour pouvoir s'alimenter... -, c'est un jeune artiste originaire de Pennsylvanie qui s'y est attaqué. L'été dernier, Nickolay Lamm a en effet publié sur le Net des croquis de la poupée dont il avait redessiné les formes, sur la base des mensurations moyennes d'une Américaine de 19 ans. Suite à la multitude de réactions enthousiastes, il avait alors lancé un appel au financement collaboratif pour pouvoir la produire. Le montant nécessaire a été très rapidement atteint, et même dépassé, puisqu'en quelques mois à peine, 19 000 de ces Lammily étaient précommandées. Si on ajoute à cela que les choses bougent aussi chez Lego, où les personnages devraient s'affranchir un peu plus encore des stéréotypes depuis qu'une géochimiste suédoise a proposé avec succès la création d'une série de femmes scientifiques, ce pourrait être un jour girl power au pays du jouet. Barbie n'aura alors plus qu'à aller se rhabiller. Pour une fois, on ne s'en plaindra pas... Delphine KindermansCes mauvaises performances devraient réjouir les militants anti-théorie du genre.