Il y a deux ans, Brad Mehldau se produisait en duo piano avec Tigran Hamasyan (photo), ce qui, vu le niveau cosmique du premier, définit amplement l'envergure artistique du second. Né il y a presque trente ans en Arm...

Il y a deux ans, Brad Mehldau se produisait en duo piano avec Tigran Hamasyan (photo), ce qui, vu le niveau cosmique du premier, définit amplement l'envergure artistique du second. Né il y a presque trente ans en Arménie, ce dernier vit à Los Angeles avant de regagner la capitale et la culture arméniennes, noyaux d'un jazz insulaire gagné par le folk et d'autres cristallisations sonores. Ce huitième album - déjà - explore toujours des montagnes de piano virtuose, aussi escarpées que le fondateur mont Ararat (Nairian Odyssey), tout en fuyant les routes prévisibles qui y mènent. Au-delà d'une narration bien cinématographique (New Baroque 2, Egyptian Poet), le lyrisme de Tigran vis-à-vis de son petit pays du Caucase au destin compliqué s'exprime aussi par la voix. Dans The Cave of Rebirth, titre le plus incandescent du disque, les onomatopées filandreuses du chant décollent comme dans un poème tropical du Brésilien Milton Nascimento, preuve supplémentaire de l'universalité de la beauté musicale. CD An Ancient Observer, par Tigran Hamasyan, chez Nonesuch/Warner. PH.C.