Pour toute rédactrice de mode qui se respecte, la Fashion Week de New York, c'est beaucoup de piétinements (quand on ne se fait pas carrément marcher sur les pieds par les paparazzis), de folles courses en taxi, des belles surprises et, inévitablement, quelques déceptions. Mais la semaine de la mode dans la Big Apple est aussi connue pour ses soirées, alors préparez-vous à de courtes nuits et n'oubliez pas vos anti-cernes ! Deux fois l'an, en février et en septembre, c'est en effet reparti pour sept jours sacrés qui vous transportent au c£ur de la Mecque américaine de la mode. Aux premiers rangs des défilés, les stars Uma Thurman, Sofia Coppola et Scarlett Johansson pour n'en citer que quelques-unes.
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Pour toute rédactrice de mode qui se respecte, la Fashion Week de New York, c'est beaucoup de piétinements (quand on ne se fait pas carrément marcher sur les pieds par les paparazzis), de folles courses en taxi, des belles surprises et, inévitablement, quelques déceptions. Mais la semaine de la mode dans la Big Apple est aussi connue pour ses soirées, alors préparez-vous à de courtes nuits et n'oubliez pas vos anti-cernes ! Deux fois l'an, en février et en septembre, c'est en effet reparti pour sept jours sacrés qui vous transportent au c£ur de la Mecque américaine de la mode. Aux premiers rangs des défilés, les stars Uma Thurman, Sofia Coppola et Scarlett Johansson pour n'en citer que quelques-unes. Mais ce n'est pas le moment de se laisser distraire : la Fashion Week va commencer. Les présentations défilent à un rythme infernal sous les trois chapiteaux de Bryant Park, un petit écrin de verdure à deux pas du quartier des drapiers. Pour le jeune créateur, le but du jeu est évidemment de gagner, de collection en collection, la tente la plus spacieuse et la plus prestigieuse. Sauf pour les grosses pointures comme Donna Karan et Calvin Klein, ou encore des designers à l'âme rebelle, qui snobent quant à eux les lieux sacrés et leur approche trop marketing pour présenter leurs collections dans leur studio, carrément un loft, une église voire même un tribunal. Avec une moyenne de six défilés à couvrir tous les jours, la journaliste de mode doit être sacrément motivée et bénéficier d'une bonne santé. Mais à l'impossible, nul n'est tenu. Même une vraie boulimique ne pourra assister à tout ! Il faudra donc choisir, en espérant que vos couturiers préférés ne défilent pas simultanément aux deux extrémités de la ville ! Car plus on approche de la fin de la semaine, plus l'emploi du temps devient un véritable enfer, avec des retards dans les shows des designers vedettes, des horaires changeants, des agents de sécurité qui sont sur les dents et la pression qui monte : " Ai-je bien mon invitation ? Quel est mon numéro de siège ? Qui est à côté de moi ? Ai-je le temps d'aller parler à ma copine de l'autre côté de la rampe ? Le show va-t-il commencer ? Voilà 40 minutes que j'attends... Va-t-il démarrer un jour ? Ce couturier en vaut-il vraiment la peine finalement ? " etc... Heureusement, avec un peu d'expérience, la pro des défilés flaire vite les grands noms qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte. Alors prête pour le marathon ? La collection automne-hiver la plus attendue, cette année, était bien évidemment celle de Karl Lagerfeld, qui a déserté Paris pour clôturer en beauté la semaine de la mode new-yorkaise. L'excitation était à son comble pour découvrir Lagerfeld Collection, la ligne perso du grand Karl : beaucoup de noir et de références à l'avant-garde belge et japonaise des années 1990. Combinant jeune et chic, la collection est un succès assuré, grâce également à ses prix qui sont tout à fait raisonnables (entre 300 et 1 000 dollars). Examen réussi ! Designer attitré pour Calvin Klein, Francisco Costa signe pour l'automne sa collection la plus aboutie et la plus personnelle. Ses plissés aériens donnent beaucoup d'allure à des robes simples et à des jupes boules. Des découpes acérées dévoilent l'épaule, des tuniques de tulle se superposent sur des vestes en cachemire, tandis que les pantalons de laine sont rehaussés d'inserts en mousseline, le tout sur une base essentiellement noire. Les broderies traversent la collection entière, culminant dans un ensemble rouge, noir et ivoire, à la fin du défilé. La présentation était suivie d'un dîner privé et d'une " after-party " au très branché restaurant japonais Morimoto. Contre toute attente, champagne et sushi sont très bien assortis ! Narciso Rodriguez prouve une fois encore qu'il est le maître du minimalisme new-yorkais. Ses silhouettes géométriques sont coupées avec la précision d'un laser, et les courbes épousent parfaitement les corps. Les pièces en noir et blanc accentuent le côté graphique, tandis que les inserts rose et gris des robes adoucissent la sévérité de la ligne. Les matières sont importantes, avec de la soie et des paillettes en plastique brillant qui agrémentent le tout. Bizarrement, Narciso Rodriguez est peut-être plus proche de l'esprit Calvin Klein que Francisco Costa. Christophe Lemaire fait défiler le sport à la ville avec beaucoup de brillance. Bravo pour ses mini-robes aux couleurs acidulées, portées avec des après-ski hauts et compensés. Les graphismes sont impeccables ; les silhouettes, sexy et sportives. Le défilé s'achève sur l'éternel polo de la marque au crocodile. Indémodable. Le défilé de Marc Jacobs, designer chouchou des Américaines, est, deux fois par an, un événement incontournable de la Fashion Week. Aux premiers rangs, les célébrités les plus " désirables " du moment (Lindsay Lohan, Anna Sui, Sofia Coppola, Steven Meisel...) attirent sur elles une pluie frénétique de flashs. Marc Jacobs ravit une fois encore ses admiratrices avec sa palette grunge chic : la maille informe et les gros collants en laine accessoirisent des manteaux trop grands et des ponchos asymétriques. Des sweaters à col tombant et des manteaux en renard complètent la collection, le tout dans des teintes neutres électrisées par des paillettes. So chic ! Pour l'hiver, la marque symbole du chic américain présente une Diane chasseresse évoluant dans un jardin anglais. Cette scène de chasse est agrémentée d'influences militaires et napoléoniennes. La guerrière de charme évolue en caleçon long bottée de cuissardes, vêtue de vestes ajustées et ornementées, parée de gilets en peau et dentelles brodées vieil or, et protégée sous des pardessus en cachemire façon plaid et de longs manteaux de tweed. Les tons sont vert forêt, taupe et noir pour une adéquation complète avec la nature. Classe et sans aucun faux pli ! Les célébrités sont toujours au rendez-vous pour le défilé du jeune designer américain le plus glamour. Uma Thurman, Lou Doillon, Eva Herzigova, Nicole Ritchie, les filles Hilton, P. Diddy étaient donc au premier rang pour découvrir ses nouvelles silhouettes, jupes plissées à basques, épaules très arrondies, caban ample ou chemisier en chiffon de soie à manches ballons. Le soir joue, comme d'habitude chez Posen, sur la féminité sensuelle. Raffiné. Proenza Shouler, le jeune duo formé de Lazaro Hernandez et Jack McCollough, était un autre grand moment de la saison. Poursuivant leur travail de géométrie, les deux jeunes créateurs dessinent des figures d'un graphisme impeccable, jouant sur les couleurs chocolat, marine et violet, en plaqué ou imprimé. Ils associent, en coupes strictes structurées, le velours, la soie et la laine. Résolument contemporain ! Angel Chang et Elodie Perrodil