Sa prise de conscience écolo ? Elle a commencé à la naissance. " A la maison, s'enthousiasme-t-elle, les déchets étaient triés, pliés même, de manière qu'ils ne prennent pas de place. Mes parents étaient très pauvres et la nourriture pas toujours de très grande qualité, mais le respect de la planète était une évidence. " Pour l'actrice originaire de Namur, qui vit aujourd'hui dans l'Hexagone, " la Belgique est un pays plus civique que la France. Je trouve dommage qu'en France cette prise de conscience passe par une mode au lieu de s'imposer naturellement mais, après tout, la cause est juste. " Voici son credo vert.
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Sa prise de conscience écolo ? Elle a commencé à la naissance. " A la maison, s'enthousiasme-t-elle, les déchets étaient triés, pliés même, de manière qu'ils ne prennent pas de place. Mes parents étaient très pauvres et la nourriture pas toujours de très grande qualité, mais le respect de la planète était une évidence. " Pour l'actrice originaire de Namur, qui vit aujourd'hui dans l'Hexagone, " la Belgique est un pays plus civique que la France. Je trouve dommage qu'en France cette prise de conscience passe par une mode au lieu de s'imposer naturellement mais, après tout, la cause est juste. " Voici son credo vert. Je vote écolo, mais je ne me sens pas l'âme d'un soldat. Je trouve malvenu de donner des leçons à tout le monde. Mon seul militantisme est au quotidien. Je râle quand mes voisins trient mal leurs déchets, quand mon compagnon se trompe de poubelle. Je peux même être assez pénibleà ( Sourires.) Il y a quelques années, j'étais très pessimiste concernant l'avenir de la planète. Aujourd'hui, je suis plus apaisée. Je ne veux pas que le message soit chargé de rage ou de misanthropie. Oui, optimiste ! Bien sûr, les nouvelles sont mauvaises et je suis déçue. Mais l'attente des gens est réelle, le vote écolo le prouve. Une révolution prend du temps et nous implique tous. La vie dans les villes est déjà plus harmonieuse qu'avant. La relève est assurée, car nos enfants sont élevés dans le respect de l'environnement. Je n'utilise pour mon fils que des couches-culottes entièrement biodégradables de la marque Wiona. Les lingettes sont bannies, bien sûr. On ne gaspille rien, surtout pas l'eau ou l'électricité. La plupart des légumes viennent du potager de ma maison de campagne. J'ai un peu de mal avec les tomates, mais je me débrouille très bien avec la culture des topinambours ! Les ultras, il en faut. Militer pour l'intérêt de tous, je trouve cela plutôt généreux et courageux. Disons que moi, je fais de mon mieux. Je ne roule quasiment jamais en voiture. Ma maison de campagne est bâtie avec des matériaux entièrement écolo, comme la chaux naturelle, et sera très bientôt équipée de panneaux solaires. J'utilise des boules de lavage bio, je lave mon linge à 30 °C et le fais sécher dehors dès qu'il y a un rayon de soleil, même en hiver. Je ne me plie pas à un dogme. Je ne suis pas une grande consommatrice, c'est tout. Oui, ça me convient bien. J'achète très peu de vêtements, de toute façon. C'est mon côté belge. En matière d'élégance, il existe un tel fossé culturel entre la France et nous ! Quand je suis arrivée à Paris, il m'a fallu apprendre à marcher avec des talons hauts, ce que je ne sais toujours pas faire, d'ailleurs. Je joue parfois à la princesse, mais pour mon métier. Quand j'ai pris l'avion pour aller à Hawaii tourner Hereafter, de Clint Eastwood. Mais c'était pour la bonne cause. C'est vrai. J'aime, lorsque j'accepte un scénario, avoir le temps de rêver, de bien me préparer. J'ai une famille, aussi. Même si je déteste dire non à un metteur en scène, j'ai appris à le faire. Ma rencontre avec Nicolas. C'est un homme très bien, qui s'est construit un univers très fort. J'aimais bien aussi l'idée que, pour une fois, les héros étaient non pas des gradés en civil, mais des flics en uniforme très proches de la réalité de la rue. Fred est le mec le plus drôle que j'aie jamais rencontré. Il est aussi très attachant. C'est si rare qu'un comédien vous dise : " J'ai le trac pour la scène du baiser ! " Je l'ai rassuré en lui donnant les deux conseils de base : ne pas mettre la langue et s'appliquer, comme ça, on se contente d'une seule prise ! ( Rires.) Nous en avons fait un peu plus qu'une, mais tout s'est très bien passé. Oui. J'avais la sensation qu'il me prenait par la main et m'emmenait vers son génie. Grâce à lui, j'ai compris qu'on pouvait bien travailler en étant détendue. Dans mon pays, quand la journée est terminée, on se lâche. Mais avant, on travaille, et de façon très sérieuse. Heu, non, enfin, pas moi ! ( Rires.) Quand on travaille avec des monstres sacrés, on finit par se relaxer. Pas avec Clint Eastwood. Mais il est tellement zen, gentil et talentueux que tout paraît simple. Les journées finissaient d'ailleurs souvent deux heures plus tôt que prévu. Honnêtement, je pensais que le rôle, qui est celui d'une journaliste télé, n'était pas pour moi. Mais, peu après les essais, mon agent m'a appelée pour me dire que c'était bon. Je hurlais, j'étais heureuse. Ça me paraissait fou. Elle allie une très grande simplicité à une ultra-efficacité. J'ai eu très peu de préparation. Je n'ai jamais parlé de mon rôle avec lui. Je ne l'ai même jamais rencontré avant la veille du tournage ! Sa direction d'acteurs tient de la chorégraphie. Pour le reste, il nous fait une confiance absolue. On parle très peu avant de filmer, et on ne fait qu'une prise. Mais, comme on se sent responsable, on travaille mieuxàNon, travailler avec des génies, c'est enrichissant, mais la vie normale est très enrichissante aussi. J'aime revenir chez moi, sur ma terre, dans mon potager. J'ai les mêmes amis depuis toujours, le même compagnon depuis très longtemps. Je suis très proche de ma famille. Ils sont les tuteurs grâce auxquels je peux grandir et m'épanouir. (*) Sortie le 21 avril. Par Géraldine Catalano