Qu'est-ce qui, personnellement, vous a attiré vers les arbres ?
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Qu'est-ce qui, personnellement, vous a attiré vers les arbres ? J'ai toujours eu cet amour de la nature. J'adore semer, planter, récolter les fruits et pourtant je ne suis pas pépiniériste. A force de manipuler ces petits êtres vivants, quelque chose de nouveau s'est installé en moi. J'ai vraiment été convaincu par leur pouvoir le jour où, simplement en allant me promener dans les bois, les douleurs dans mon dos, qui m'avaient conduit aux urgences la veille, ont disparu. C'est comme si ces végétaux étaient prêts à prendre soin de nous, et qu'ils ne demandaient rien en échange. La sylvothérapie est-elle à la portée de tous ? Bien sûr. La seule condition, c'est d'en avoir envie. Cela ne sert à rien de forcer quelqu'un qui n'en ressent pas le besoin. De plus, je pense qu'une personne qui a un bagage théorique sur ce genre de thérapie aura plus de difficultés à percevoir les bienfaits qu'une personne qui le fait avec toute son innocence. Est-ce une pratique répandue ? Pas vraiment. Mais je pense que ce printemps beaucoup d'arbres vont être câlinés à cause de la météo du moment (rires). Cependant, ce n'est pas un phénomène nouveau, de tout temps des personnes ont eu ce désir de se rapprocher des plantes, pour soi ou en groupe, bien avant que naissent les premières pensées japonaises à ce sujet. Je me souviens de l'histoire d'une dame qui, un jour, spontanément, a dit à ses enfants : " Venez, on va embrasser les arbres, ils vont vous donner de l'énergie. " Je trouve ça formidable que cette approche puisse être innée et qu'on veuille la transmettre. Vous êtes un scientifique de formation, c'est donc particulier comme démarche... Oui en effet, le livre que vous tenez entre les mains, je l'ai écrit il y a quatre ans. Depuis, je l'ai caché dans un tiroir car je me disais que, en tant que scientifique, je ne devais pas m'autoriser ce genre de ressentis. Certains effets des forêts sur l'humain - comme la réduction du stress ou l'amélioration de l'immunité - sont démontrés par des études japonaises. Mais il n'y a pas de théories officielles, rien n'est mesurable. Il n'y a rien de cartésien. En fait, la sylvothérapie, c'est un appel à la sensibilité que l'on place trop souvent sous couvercle.