Malgré la météo belge, elle s'est emballée dans son cardigan en grosse maille, il fait doux à Bruxelles, à Perth aussi, 20 °C, avec léger vent du sud et ciel sans nuages dont le bleu australien vient concurrencer celui du fleuve Swan. C'est le décor dans lequel vit et travaille Stéphanie Caulier (à droite sur la photo), dans ce pays qui n'a jamais vu un canal se pendre au plafond gris et bas, paysage belge qu'elle connaît pourtant bien puisqu'elle est fille de batelier et qu'elle a grandi sur une péniche, sillonnant les cours d'eau et autres canaux, du nord surtout. De là, sans conteste, lui vient son amour du tricot. Quand on passe une écluse, le temps prend une autre dimension, il n'est alors jamais inutile de le tuer en s'adonnant à quelques travaux d'aiguill...

Malgré la météo belge, elle s'est emballée dans son cardigan en grosse maille, il fait doux à Bruxelles, à Perth aussi, 20 °C, avec léger vent du sud et ciel sans nuages dont le bleu australien vient concurrencer celui du fleuve Swan. C'est le décor dans lequel vit et travaille Stéphanie Caulier (à droite sur la photo), dans ce pays qui n'a jamais vu un canal se pendre au plafond gris et bas, paysage belge qu'elle connaît pourtant bien puisqu'elle est fille de batelier et qu'elle a grandi sur une péniche, sillonnant les cours d'eau et autres canaux, du nord surtout. De là, sans conteste, lui vient son amour du tricot. Quand on passe une écluse, le temps prend une autre dimension, il n'est alors jamais inutile de le tuer en s'adonnant à quelques travaux d'aiguilles. Stéphanie a vu sa mère tricoter et l'a imitée, d'autant plus facilement qu'elle fréquenta l'internat catholique Heilig Hart van Maria, près d'Anvers, et qu'on connaît la propension des bonnes soeurs à enseigner l'art d'être une maîtresse de maison accomplie. Stéphanie avait 5 ans quand elle y est entrée, c'est petit, oui, mais c'est si loin, elle se rêvait alors vétérinaire ou hôtesse de l'air, elle y a appris l'indépendance, elle trouve ça bien. Pas sûr pourtant qu'elle imposera la même chose à l'enfant qu'elle porte en elle et qui pointera le bout de son nez en juin prochain. A son doigt, des diamants jettent des éclairs - la raison du pourquoi, du comment elle a quitté la Belgique pour s'en aller vivre sur la côte occidentale de l'Australie : elle a rencontré ici l'homme qu'elle a épousé à Bali en août dernier et avec qui désormais elle partage les scores de l'équipe nationale de hockey féminin puisque Adam en est le coach. Elle doit réfléchir quand on lui demande ce qu'elle a fait comme études, de même les dates, à part son âge, 30 ans, et l'année où elle a lancé sa marque et celle de sa rencontre amoureuse bien entendu. Elle a tâté du tourisme, ouvert une boutique d'accessoires, bijoux et cosmétiques, qu'elle avait appelée Peau d'Anvers, qu'elle ferma après onze mois, un fiasco - " je ne suis pas une bonne vendeuse ". Puis, elle a travaillé dans un showroom et une entreprise de construction avant de larguer les amarres au bras de son hockeyeur (médaille de bronze au JO en 2000 et à l'époque, entraîneur des Red Lions belges). Direction l'Argentine, au gré des matchs, puis Perth où elle s'installe et s'ennuie, tourne en rond, additionne les petits jobs, serveuse, baby-sitter. Comme elle n'est pas dans sa " zone de confort ", il lui faut bien inventer une vie qui lui plaise, elle économise alors patiemment, avec un seul but : acheter 300 pelotes de coton et les transformer en châle, elle s'est souvenue qu'elle aimait aligner les rangs de points à l'endroit suivis de points à l'envers. C'était " environ en 2013 ", Stéphanie Caulier contacte quelques boutiques, par mail, à Melbourne et à Anvers (Step by Step), qui lui commandent sa première petite collection. Elle lui trouve fissa un nom, I love Mr Mittens, lequel monsieur Mittens existe vraiment, c'est un chat de livre pour enfants. Depuis, elle a élargi le propos, avec des ponchos, des robes et des cardigans, le succès l'a obligée à confier le boulot à un gang de tricoteuses, quinze, recrutées via petites annonces et bouche-à-oreille. Elle les connaît toutes, sauf celles qui composent sa nouvelle équipe, à Arequipa, au Pérou, elle compte bien leur rendre visite sous peu, elle n'a pas choisi de surtitrer son label " heartworking knitwear " pour rien. Elle calcule fièrement, elle a aujourd'hui franchi le cap des 10 000 pelotes par an, on l'excusera volontiers de ne plus guère trouver le temps de tricoter, pas même pour son bébé. www.ilovemrmittens.comPAR ANNE-FRANÇOISE MOYSONELLE S'EST SOUVENUE QU'ELLE AIMAIT ALIGNER LES RANGS DE POINTS À L'ENDROIT SUIVIS DE POINTS À L'ENVERS.