TOP COAT À LA PAPY.

Aperçu sans trop de surprise chez Gucci et chez Burberry Prorsum - après tout, c'est le cousin dodu du trench - le bon vieux duffel-coat camel a créé l'événement chez Saint Laurent (photo), au milieu des silhouettes rock and grunge de la très attendue première collection Homme d'Hedi Slimane présentée à un train d'enfer devant des " manèges volants " diffusant une bande- son alternative full blast. A assortir dans ce cas précis avec des jeans lacérés et des écharpes XXL en tricot rayé.
...

Aperçu sans trop de surprise chez Gucci et chez Burberry Prorsum - après tout, c'est le cousin dodu du trench - le bon vieux duffel-coat camel a créé l'événement chez Saint Laurent (photo), au milieu des silhouettes rock and grunge de la très attendue première collection Homme d'Hedi Slimane présentée à un train d'enfer devant des " manèges volants " diffusant une bande- son alternative full blast. A assortir dans ce cas précis avec des jeans lacérés et des écharpes XXL en tricot rayé.Puisque le sportswear s'habille, le homewear, lui, est de sortie. La preuve avec l'avalanche de peignoirs kimonos, chez Dolce & Gabbana, Vuitton, Dries Van Noten (photo) surtout, qui se la jouent veste de smoking chic ou carrément manteau. Bien sûr, il y a un peu de la saison qui veut cela. Mais le gris dans toutes ses variantes s'impose comme la couleur refuge d'un dressing de crise. Bien présent chez Corneliani, il squatte le nuancier de la collection Zegna (photo), explorant les tons de la nouvelle révolution industrielle, urbaine, où se mêlent l'asphalte, l'acier, le ciment et le granite. Chez Salvatore Ferragamo, aussi, après l'explosion de couleurs annoncée pour l'été à venir, la maison mise sur le côté obscur de la ville, dont l'homme se protège à grand renfort de manteaux lourds et épais et d'armures de cuir. Attention les yeux ! Certes, elles procurent l'illusion de pouvoir prendre ses aises, comme chez Dries Van Noten avec un deux-pièces en cachemire qui sent bon les petits matins de glande au coin du feu, mais en version matelassée ou en quasi-collant, comme chez Emporio Armani (photo) et chez Mugler, elles ne pardonneront rien à ceux qui n'ont pas des fesses de nageur. Si le kaki et les coupes héritées des uniformes n'ont pas totalement disparu des catwalks, Mugler et Dior (photo) surtout dessinent les contours d'un vestiaire militaire digne d'un film de science-fiction. L'allure est athlétique, la taille marquée par des ceintures à boucles argentées et les vestes tantôt unies tantôt bicolores moulées à même le corps se zippent jusqu'en haut du col. Qu'il soit en mohair ou en cachemire, uni ou à motif, lisse ou torsadé, le gros pull est partout : il n'hésite pas à remplacer la veste chez Corneliani et s'accommode très bien - aussi sportswear soit-il, comme chez Gucci (photo) - d'un pantalon à pinces plus habillé. Indiscutablement, " la " plus grande tendance de l'automne-hiver 13-14 et tout est bon pour y parvenir : jeux de superpositions, matières texturées - le matelassé est omniprésent sur les vestes bien sûr mais aussi sur les pantalons -, mailles torsadées, imprimés graphiques, comme ici chez Armani (photo), contribuent à conférer du volume à la silhouette.Si le look premier de cordée triomphe chez Vuitton (photo), comme en témoignent les ceintures mousquetons, les valises reconverties en sacs à dos et les imprimés inspirés par les richesses culturelles du Bhoutan, on le retrouve aussi dans les motifs rétro des pull-overs de Damir Doma et les coupes " retour du ski " des pantalons Emporio Armani.PVC, Nylon, Néoprène, tissus enduits... les matières techniques font très bon ménage avec les cachemires, les cuirs et les lainages dits traditionnels. Cachées - dans les doublures notamment pour donner plus de tenue au vêtement sans l'alourdir pour autant -, elles font aussi leur coming out, sous forme de patchs notamment pour texturer pulls et vestes. Chez Issey Miyake Homme (photo), elles se font réversibles et étincelantes : en utilisant des couvertures de survie, le créateur augmente les propriétés calorifiques des pièces ainsi traitées. Déjà bien présent l'hiver dernier, le col roulé, bicolore, montant, voire carrément oversize, vu chez Etro, Raf Simons, Lanvin, Hermès (photo), reste un pilier du vestaire masculin. Plus floues que jamais dans le quotidien du nomade urbain, les frontières entre loisirs et travail s'amenuisent aussi du côté de la garde-robe. En témoigne la collection du créateur belge Kris Van Assche (photo) où le sweat à capuche se fond en veston boutonné, le pull à torsades en chemise lignée et où le pantalon en lainage gris clair se pare d'élastiques aux chevilles et à la taille. On mêle allègrement les codes mais aussi les matières au sein d'une même pièce de vêtement. Un parti pris adopté aussi chez ZZegna, Marni, Emporio Armani, Christian Lacroix et Corneliani, entre autres. Pour paraître moderne, rien de tel qu'un petit coup d'oeil dans le rétroviseur. Chez Prada (photo), tout d'abord, où des jeunes gens - déambulant dans un décor de " maison idéale " à la Don Draper - osent remettre au goût du jour chemises à jabots et vestes amples aux épaules et courtes à la taille. Chez Carven, ensuite, où les pantalons " feu de plancher " couplés à des cagoules de laine donnent à ceux qui les portent des allures de petits garçons modèles. Chez Raf Simons, enfin, où les cols de chemises prennent la tangente et les bas de pantalons s'évasent joyeusement comme dans les années 70.En envahissant même les vestes de costumes comme chez Dior ou en tranchant littéralement le vêtement en deux comme chez Givenchy (photo), il ringardise le bouton qui n'a plus qu'à aller se cacher. Chez Louis W. pour A.P.C., Vuitton - sur les sacs et sur les vestes -, Maison Martin Margiela (photo) aussi, le mouton sort toute laine dehors.Ajusté comme un gilet pare-balles chez Mugler, ample comme un tablier chez ZZegna, le débardeur tente un come-back remarqué. Raf Simons, champion du modèle en tricot à motif porté textuellement sur un sous-pull moulant, lui adjoint même un manteau long lui aussi dépourvu de manches (photo). PAR ISABELLE WILLOT