Dans ses tableaux, ce n'est pas la fin du monde. C'est la fin d'un monde. Il s'enlise dans les sables mouvants, croule sous les grabats, se fige dans cet ultime instant avant le grand basculement ; les hommes ont rapetissé, les bêtes, pullulé, les villes, un goût de cendres. Mais quoi qu'il y paraisse, un nouveau monde risquerait bien d'éclore, les indices sont minuscules, mais ils existent. Ne vous attendez pas à du tiède avec Philibert Delecluse. Chez lui, tout est à la hauteur de son imaginaire - sa masse musculaire, son hyperactivité, sa technique picturale, son sens de la narration. Depuis toujours, depuis qu'il est petit, ce peintre belge, né à Mouscron en 1962, dresse un inventaire fantastique, fait de démesures, de folles terreurs et d'incandescentes illuminations.
...