Soyons honnête, c'est une malsaine curiosité qui nous a poussés à ouvrir l'objet. Quel point commun entre ce chef épatant, ayant réveillé Paris avec son restaurant Frenchie, et Sushi Shop, enseigne sans âme qui débite du poisson à la tonne selon un modèle gastronomique ...

Soyons honnête, c'est une malsaine curiosité qui nous a poussés à ouvrir l'objet. Quel point commun entre ce chef épatant, ayant réveillé Paris avec son restaurant Frenchie, et Sushi Shop, enseigne sans âme qui débite du poisson à la tonne selon un modèle gastronomique désormais éculé ? Poser la question, c'est y répondre. Restait au fond de nous une dose de voyeurisme peu reluisant : comment Marchand allait-il se sortir d'un tel exercice ? Réponse : plus que bien, ce qui prouve qu'il est vraiment au-dessus de la moyenne. Evitant le thon et autres poissons balisés par la chaîne, celui qui a travaillé deux ans à la Gramercy Tavern (New York) réinvente la bouchée au riz. Les temps forts ? Le Scandinavian Roll qui jongle avec le hareng, le concombre et le sobacha (thé de sarrasin). Le tout pour un délicat goût de fumé. Il reste que la révélation de la boîte se nomme Indian Spring. Une préparation délicieuse, convoquant un pays auquel on ne pense pas en évoquant les boulettes de riz coiffées de poisson cru. Panachant carotte rôtie, fromage, mayonnaise japonaise, coriandre, citron vert, vadouvan et dattes, elle fond sur la langue et fait place à un remarquable goût confit. Nouer de cette façon histoire intime - Marchand a fait ses classe à Londres - et explosion gustative est la marque d'un grand.