"Ici, on n'utilise pas le mot " branché ", mais plutôt " cool ". Nous sommes restés un peu bohèmes et nos meilleures soirées, comme celles de la SAT, sont fréquentées par les artistes et ceux qui bossent dans les médias. Le tout, arrosé par la musique de nos célèbres DJ locaux ou américains. Mais la convivialité demeure très importante à nos yeux, ce pourquoi beaucoup de New-Yorkais viennent ici car ils retrouvent l'ambiance vivante de leur ville, le stress en moins ", explique Christophe Bergeron, rédac' chef du cahier lifestyle du journal " Voir ", un gratuit à l'affût des nouvelles tendances et de la vie culturelle montréalaise. De fait, pas mal de New-Yorkais ont investi le quartier du Vieux-Port et achètent de magnifiques lofts réhabilités dans les entrepôts et usines qui jouxtent le Saint-Laurent. Cet engouement pour le " Vieux ", comme on l'appelle ici, résonne un peu comme un retour aux sources puisque c'est là que Montréal est né, au bord du fleuve où l'explorateur français Jacques Cartier débarqua un beau jour de 1535. C'est également non loin d'ici que le très florissant commerce de la fourrure, ancré sur le canal Lachine, fit la prospérité de la ville au xviiie siècle.
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"Ici, on n'utilise pas le mot " branché ", mais plutôt " cool ". Nous sommes restés un peu bohèmes et nos meilleures soirées, comme celles de la SAT, sont fréquentées par les artistes et ceux qui bossent dans les médias. Le tout, arrosé par la musique de nos célèbres DJ locaux ou américains. Mais la convivialité demeure très importante à nos yeux, ce pourquoi beaucoup de New-Yorkais viennent ici car ils retrouvent l'ambiance vivante de leur ville, le stress en moins ", explique Christophe Bergeron, rédac' chef du cahier lifestyle du journal " Voir ", un gratuit à l'affût des nouvelles tendances et de la vie culturelle montréalaise. De fait, pas mal de New-Yorkais ont investi le quartier du Vieux-Port et achètent de magnifiques lofts réhabilités dans les entrepôts et usines qui jouxtent le Saint-Laurent. Cet engouement pour le " Vieux ", comme on l'appelle ici, résonne un peu comme un retour aux sources puisque c'est là que Montréal est né, au bord du fleuve où l'explorateur français Jacques Cartier débarqua un beau jour de 1535. C'est également non loin d'ici que le très florissant commerce de la fourrure, ancré sur le canal Lachine, fit la prospérité de la ville au xviiie siècle. Côté architecture, l'influence française est bien présente, mais pas seulement. Briques rouges, bâtiments industriels, parfois rehaussés de moulures, donnent au Vieux Montréal, un petit air de Soho. Ici aussi, les artistes ont investi les grands espaces industriels, transformés en lofts-ateliers, comme à Soho dans les années 1950. La rançon du succès ne s'est pas fait attendre, avec un boom immobilier important ces cinq dernières années. Logique, puisque tout le beau monde s'y précipite. Même l'incontournable Toque, restaurant chic installé sur le Plateau, l'autre quartier archibranché de Montréal, s'y installe prochainement parmi les boutiques de créateurs comme celles de Morales et Jennifer Scott. Mais aussi de tout nouveaux hôtels design, tels le Gault, où l'on peut acquérir les £uvres d'art contemporain d'artistes canadiens (beaucoup d'eaux-fortes, photos, peintures et sculptures) qui font partie de la collection privée de l'établissement. Ce dernier est lové dans un édifice historique de style Second Empire qui contraste avec les colonnades en fonte du hall d'entrée. Même dichotomie au Saint-Paul, situé dans l'ancien bâtiment du Canadian Express, au cachet Renaissance française. Le foyer en albâtre qui occupe l'espace réception rend ses lettres de noblesse à cette matière blanchâtre, taillée dans un style zen, presque monacal. Bois, cuir, verre, laine et soie, sont également associés pour conférer aux chambres leur ligne minimaliste. Mais on y vient aussi pour son restaurant gastronomique, le Cube, réputé pour sa cuisine fusion et son cadre épuré. Plusieurs centaines de mètres plus loin, artistes, graphistes et autres spécialistes en communication se retrouvent chez Cluny pour un lunch à base de soupes fraîches, légumes grillés et sandwichs. Situé dans la Fonderie Darling, cet espace industriel brut accueille les créations contemporaines et soutient la production et la diffusion de jeunes artistes en arts visuels. On est ici au c£ur de la cité du multimédia et des boîtes £uvrant dans les TIC (Technologies de l'Information et de la Communication), qui ont connu une croissance exponentielle à Montréal avant la crise de la nouvelle économie. Autre bonne adresse, plus cosy : Olive et Gourmando. Les lève-tard apprécieront ses succulents petits déjeuners composés de viennoiseries et de pain frais, mais aussi son choix de produits méditerranéens. A ne pas manquer, juste en face : Glam !, un salon de coiffure/boutique où s'approvisionner en accessoires sympas. Et si les frimas de l'hiver ne vous effrayent pas, rendez-vous sur la patinoire installée le long du Saint-Laurent. De là, la vue sur le Vieux Montréal, dont dépassent quelques gratte-ciel, est sublime. L'un d'entre eux, l'Alfred, de style Art déco compte parmi les plus anciens de la ville. Planté dans le quartier de la place d'Arme, il côtoie l'édifice de la New York Life Insurance, datant de 1888, ainsi que la célèbre basilique Notre-Dame. Même si le Vieux jouit d'un regain d'intérêt, certains visionnaires, comme l'architecte Moshe Safdie, voyait déjà en Montréal une ville avant-gardiste lorsqu'il créa Habitat lors de l'exposition universelle en 1967. Ses appartements de style futuriste s'emboîtent dans un ensemble pyramidal, relié par des passerelles suspendues, qui garde toute sa modernité. Trônant au milieu du fleuve, la biosphère métallique qui date de la même époque, a également conservé son design contemporain. Après plusieurs années sans grands projets, Montréal fait aujourd'hui preuve d'un regain d'intérêt urbain et soigne son image. Le QIM, quartier international de Montréal, revêt un nouveau visage et le concours Commerce Design qui récompense chaque année les commerçants qui se distinguent par la qualité du design intérieur et extérieur de leur établissement fête ses dix ans. Parmi les lauréats, on compte aujourd'hui le fameux Mile End Bar, le café Daylight Factory, l'hôtel St-James, mais aussi une simple droguerie de la chaîne Jean Coutu, tous décorés par des designers québécois. On remonte vers le Plateau, quartier toujours en vogue, mais saturé, via le boulevard Saint-Laurent. Certainement l'artère la plus hype de Montréal. Entre les deux, le quartier chinois où les enseignes lumineuses aux caractères asiatiques, font oublier que nous sommes sur le continent nord-américain. Même si les Montréalais ne sont pas friands d'ostentation, c'est ici que l'on arbore son dernier ensemble Dubuc û créateur québécois le plus en vue û pour fréquenter les derniers bars et restaurants branchés de la ville, tels le café Méliès, le Bouddha Bar local, le Mile End ou Oasis Oxygène, un bar à eau et oxygène, tous deux primés par Commerce Design ! " Aujourd'hui, à Montréal, le mec cool travaille dans la communication et sort au Laïka, sur Saint-Laurent ", confirme Christophe Bergeron. Hormis les bars et restos en vogue, le boulevard Saint-Laurent regorge aussi de boutiques de fringues trendy, comme U&Y, Nevik, m0851 et MAC pour le maquillage. Saint-Denis, la rue parallèle, fait de son côté le bonheur des amateurs de terrasses en été. En la remontant jusqu'à l'artère Mont-Royal, en plein Plateau, on s'arrêtera chez Couleurs pour glaner l'un ou l'autre objet rétro et chez Revenge qui réunit la plupart des stylistes québécois du moment : Dubuc, Envers ou Nadia Toto. Mais aussi chez d'autres jeunes créateurs, comme D.N.A., qui dissimulent leurs magasins dans ces anciennes maisons rehaussées d'escaliers en fer forgé, si caractéristiques de Montréal. " Les designers québécois se rapprochent des Belges de par leur côté avant-gardiste, précurseur et un peu fou ", explique Yves-Jean Lacasse, créateur de la marque Envers. Plus bohème que Dubuc, ses dernières collections s'inspirent de la Russie et de l'Inde. Des influences multiethniques qui plaisent aux Montréalais, toujours curieux et avides d'explorer d'autres saveurs et cultures. Son endroit de prédilection : le Mont-Royal justement, sorte de montagne dans la ville, un coin de nature envahi par les skieurs en hiver et les joueurs de djembé en été. Situé en contrebas, le Plateau, jadis pris d'assaut par les artistes, a tendance à s'étendre aux quartiers voisins, comme le bigarré Myland qui a, depuis peu, le vent en poupe. Montréal bouge et sa diversité architecturale et culturelle attire chaque année les réalisateurs qui tournent en moyenne 50 films par an dans la métropole. Les petites maisons de pierres qui succèdent aux gratte-ciel et les mélanges de quartiers ethniques, en font une ville patchwork dynamique. C'est vrai aussi que les tournages y sont 30 % moins cher qu'aux Etats-Unis ! Tout bénéfice pour le Québec, îlot francophone au c£ur du continent américain ! Mais quand la nuit se fait d'encre et après avoir effeuillé le boulevard Saint-Laurent, c'est le Village qui attire les inconditionnels de la " nigthlife ", comme on dit ici. Le Village c'est le quartier gay de Montréal, qui recenserait environ 12 % d'homosexuels. Situé dans l'Est de l'interminable rue Sainte-Catherine, s'y déroulent les soirées les plus déjantées de la cité. " La vie nocturne est très développée à Montréal, qui a toujours été une ville de débauche ! Durant la prohibition, on y trouvait malgré tout de l'alcool et des clubs de strip-tease et nos voisins y venaient pour faire la fête. C'est une ville sensuelle, une sorte de Havane du Nord ! D'ailleurs, nous possédons les meilleures discothèques de la côte Est américaine, comme le Stéréo ou le Nuit Kink, où les soirées organisées par DJ Frigid sont mémorables ! ", conclut Christophe Bergeron. Sandra Evrard