"Au début de ma carrière, je travaillais avec un idéal féminin très précis en tête, confie Marco de Vincenzo. Mais les idéaux sont dépassés et j'ai compris que la mode se devait de parler à tout le monde." Raison pour laquelle le créateur sicilien, considéré comme un des plus grands talents italiens de sa génération, a décidé d'opérer un changement de taille.
...

"Au début de ma carrière, je travaillais avec un idéal féminin très précis en tête, confie Marco de Vincenzo. Mais les idéaux sont dépassés et j'ai compris que la mode se devait de parler à tout le monde." Raison pour laquelle le créateur sicilien, considéré comme un des plus grands talents italiens de sa génération, a décidé d'opérer un changement de taille. "Marina Rinaldi m'a proposé de dessiner une collection capsule pile au moment où je pensais à changer de direction. J'avais envie d'expérimenter, essayer quelque chose que je n'avais jamais vraiment fait auparavant. J'ai donc accepté la proposition sans hésiter, et l'expérience m'a fait l'effet d'un retour sur les bancs de l'école, avec la nécessité de trouver les proportions justes pour une silhouette que je ne connais pas bien." Le créateur avoue en avoir appris beaucoup sur ce que veulent les femmes au passage, mais aussi ce dont elles ont besoin d'un point de vue vestimentaire. Sans renier l'allure reconnaissable entre mille de ses créations, qu'on retrouve notamment dans la pièce maîtresse de la collaboration, un manteau de fourrure au dégradé de couleurs du plus bel effet. En visage de la campagne, Precious Lee, "quelqu'un qui m'a permis de réaliser que la taille n'avait aucune importance. Elle est jeune, libre, à l'aise dans son corps. Elle est incroyable", s'enthousiasme Marco de Vincenzo. Pour qui la collaboration avec Marina Rinaldi est arrivée à point nommé. "J'ai quitté Milan pour Rome, la ville où j'ai fait mes études et où je me sens le plus chez moi. J'avais besoin d'un retour aux sources, de pouvoir laisser libre cours à ma créativité sans me sentir brider par le rythme effréné des tendances." Et de qualifier ses créations de plus authentiques maintenant qu'il s'est affranchi également de LVMH, qui contrôlait jusque récemment 45% de sa société. Le couturier italien, qui conçoit aussi des accessoires pour Fendi, affirme vouloir "continuer à signer mes propres créations sur le côté, c'est un équilibre dont j'ai besoin". Dont acte avec, déjà, une deuxième collection capsule prévue pour Marina Rinaldi. "Elle s'est presque dessinée toute seule. La deuxième fois, c'est toujours plus facile."