De l'appartement originel, il ne reste rien ou si peu car celui-ci a été radicalement modifié suite à la profonde rénovation de l'immeuble qui l'abrite. " Nous souhaitions agrandir, confie le propriétaire. La seule possibilité consistait à ajouter un étage à celui existant, donc faire passer le bâtiment de deux à trois niveaux. Nous avons laissé carte blanche à François Marcq qui a redéfini les volumes. Concrètement, seule la façade avant a été conservée. Tout a été reconstruit, toiture comprise. "
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De l'appartement originel, il ne reste rien ou si peu car celui-ci a été radicalement modifié suite à la profonde rénovation de l'immeuble qui l'abrite. " Nous souhaitions agrandir, confie le propriétaire. La seule possibilité consistait à ajouter un étage à celui existant, donc faire passer le bâtiment de deux à trois niveaux. Nous avons laissé carte blanche à François Marcq qui a redéfini les volumes. Concrètement, seule la façade avant a été conservée. Tout a été reconstruit, toiture comprise. "Architecte d'intérieur de formation, diplômé de l'institut Saint-Luc à Tournai, François Marcq a imaginé cette mise en scène lumineuse. Deux couleurs dominent et soulignent avec élégance la sobriété des lignes : le blanc des murs et plafonds, le brun des larges planches en chêne posées au sol. Mais ce parti pris esthétique offre aussi une douce intimité aux pièces principales que sont la salle à manger et le salon. Toute la maestria de François Marcq se manifeste par des gestes architecturaux contemporains, comme en témoignent la bibliothèque XXL ou la double arcade opérant une transition entre les parties avant et arrière de la résidence, là où l'escalier démarre en angle vers le second étage. À cet endroit, qui fait office de hall, les plafonds sont plus hauts et permettent à l'habitation " de s'ouvrir, de respirer ". Dans cet aménagement étudié, on remarquera les plans verticaux interrompus ici et là par de légers décrochages offrant des recoins intimes, modifiant l'apport de lumière naturelle et procurant des surfaces idéales pour l'accrochage d'£uvres d'art, dont plusieurs tableaux de l'artiste belge Jean-Luc Moerman, datant de sa première période, les années 90. À noter, côté salon, un épais mur d'environ 1,20 m de longueur. Il délimite les lieux, rend le coin bureau plus discret tout en constituant, à la fois, un appui à une console dorée Louis XV et une cimaise au tableau blanc de Bram Bogart. " Et François Marcq, souligne le propriétaire, a de plus réussi le tour de force d'installer notre cuisine, réalisée par Obumex, dans un espace très restreint tout en lui donnant un caractère très fort. "L'atmosphère raffinée qui émane de ce duplex doit également beaucoup au talent du décorateur bruxellois Jean-Claude Jacquemart. Esthète avant tout, amoureux des belles choses, il agit souvent comme un collectionneur, dans l'intérêt de ses clients. " J'aime moi aussi qu'un intérieur respire, s'enthousiasme-t-il. C'est pour cela que je groupe les éléments et objets de décor de manière à générer des vides. Plutôt que de répartir des tableaux dans toute la maison, je vais, par exemple, rassembler plusieurs £uvres d'art sur un même mur ou former un ensemble dans un même coin. "Ici, les compositions de Jean-Claude Jacquemart mêlent des raretés déjà réunies par le propriétaire à de nouvelles acquisitions. Parmi celles-ci : deux magnifiques tables signées Ado Chale, célèbre créateur belge de mobilier et d'accessoires de décoration précieux. Dans le salon, la " marqueterie " du maître est réalisée avec des grains de poivre polis. Dans la salle à manger, elle est faite d'agates du Brésil entourées d'un liseré d'ivoire. Ces merveilles dialoguent avec un lustre des années 60 des ateliers Mazzega à Murano et un paravent japonais du XIXe siècle. Jean-Claude Jacquemart a aussi disposé en un bouquet inédit des défenses d'éléphant à côté du bureau et aligné des lingam indiens, ces pierres symbolisant Shiva, sur la table du salon. Le plaid du grand canapé, confectionné en peau de renard, apporte, lui, une note sophistiquée. Un contrepoint voluptueux à ce scénario très structuré. PAR JEAN-PIERRE GABRIEL