On connaissait déjà son incroyable et élégante aisance à passer du grand au petit écran avec brio. Désormais, Astrid Whettnall, qui décrocha, en 2017, le Magritte de la meilleure actrice pour son rôle dans La route d'Istanbul, fait aussi rimer son patronyme avec celui de Netflix. Depuis le 1er mai dernier, la comédienne prête ses traits à Gabrielle Renoir, l'un des personnages principaux d'Into The Night, première série belge francophone produite par la plate-forme de streaming américaine. Le pitch? Subitement et de manière inexplicable, les rayons du soleil deviennent mortels pour l'homme. Dans l'espoir de survivre, les passagers d'un vol de nuit prennent la direction de l'ouest afin de rester dans le noir. "Avant cela, je n'avais jamais participé à un tournage avec des fonds verts et des effets spéciaux. Je trouvais l'aventure excitante! Mais ce qui m'a vraiment séduite, c'est la multiculturalité du casting. C'était vachement intéressant de travailler avec des comédiens de langues différentes pa...

On connaissait déjà son incroyable et élégante aisance à passer du grand au petit écran avec brio. Désormais, Astrid Whettnall, qui décrocha, en 2017, le Magritte de la meilleure actrice pour son rôle dans La route d'Istanbul, fait aussi rimer son patronyme avec celui de Netflix. Depuis le 1er mai dernier, la comédienne prête ses traits à Gabrielle Renoir, l'un des personnages principaux d'Into The Night, première série belge francophone produite par la plate-forme de streaming américaine. Le pitch? Subitement et de manière inexplicable, les rayons du soleil deviennent mortels pour l'homme. Dans l'espoir de survivre, les passagers d'un vol de nuit prennent la direction de l'ouest afin de rester dans le noir. "Avant cela, je n'avais jamais participé à un tournage avec des fonds verts et des effets spéciaux. Je trouvais l'aventure excitante! Mais ce qui m'a vraiment séduite, c'est la multiculturalité du casting. C'était vachement intéressant de travailler avec des comédiens de langues différentes parce que nous avons tous une manière différente d'appréhender le jeu, le personnage, son caractère." Sa curiosité, ou plutôt sa soif d'apprendre, se retrouve également dans sa manière de constamment (re)découvrir Bruxelles, sa ville, l'artiste étant née à Uccle. Toujours à pied ou via les transports en commun. "Je suis chanceuse: personne ne me reconnaît, glisse-t-elle dans un éclat de rire communicatif. J'ai joué des rôles extrêmement variés et j'ai donc beaucoup changé, physiquement, en vue d'interpréter une grande bourgeoise, une femme issue d'un milieu extrêmement populaire, une intellectuelle ou même une figure politique." En tram et en métro donc, elle se rend surtout dans des lieux alternatifs - et, par conséquent, parfois injustement méconnus du grand public - qui la nourrissent intellectuellement, la plongent dans une actualité, élargissent sa vision des choses, bref, l'enrichissent. A l'instar d'Argos, un espace d'art contemporain dédié à l'audiovisuel, regroupant environ 5000 films et vidéos d'artistes, ou de l'ASBL RoSa, un centre d'expertise ainsi qu'une bibliothèque sur l'égalité des chances, le féminisme et les études de genre. Ses autres adresses fétiches, qu'elle partage généreusement avec quiconque le lui demande, sont des lieux culturels pluridisciplinaires. Ceux qui offrent une scène aux talents émergents, de préférence; comme le Beursschouwburg, le Recyclart ou le Bunker.En ville, elle aime se promener, aux petites heures, dans la rue de Flandre et rejoindre la place Sainte-Catherine afin d'admirer l'architecture éclectique. Ou dans la rue des Chartreux, pour dénicher, dans les boutiques de seconde main, quelques pépites vintage. "J'adore les pièces qui vivent plusieurs fois, ça me parle. Je les choisis par coups de coeur ou grâce à leur unicité. De plus, il s'agit d'un geste économique et écologique. C'est indispensable, aujourd'hui, de ne plus être dans un modèle de consommation effréné." Sa proximité avec la nature se traduit également par des balades de deux heures, qu'elle essaie de rendre quotidienne quand son agenda le lui permet, dans la forêt de Soignes. Mais c'est le quartier Botanique qui garde une place privilégiée dans son coeur. Il y a quelques années, pour les besoins du long-métrage Au nom du fils - une tragicomédie trash, bien de chez nous et un poil tarantinesque, où son personnage entre en lutte contre des prêtres pédophiles -, elle s'est retrouvée, dans ce coin de la ville, en pleine église du Gesù, à exécuter des scènes de baston incroyablement sportives. Ensuite, comme chaque soir, les caméras éteintes et les micros coupés, l'équipe du film s'est retrouvée autour d'un paquet de frites à observer le crépuscule, depuis les hauteurs du parc. Finalement, le caractère d'Astrid est le reflet de notre capitale: chaleureux, bienveillant et solaire. Néanmoins, il se voile, brièvement - et à juste titre -, d'une teinte de tristesse mêlée à de colère lorsqu'elle évoque le musée des beaux-arts infiltré par les eaux ou le palais de justice croulant sous les échafaudages. "Les pouvoirs publics ne donnent pas assez d'argent pour protéger et sauvegarder notre culture. Et nous le sentons d'autant plus fort, maintenant, avec la crise. Je trouve cela très grave de ne pas en prendre soin davantage. C'est une partie de notre identité. De qui nous sommes."