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Ann Sevrin, Jean-François Bailleux et Olivier Vanhorenbeke : trois individualités qui se sont trouvées pour créer One To Be en 2006. Une histoire de rencontres, déjà, qui s'est matérialisée dans leur atelier bruxellois, un ancien garage remarquablement réaménagé à Forest. A l'origine de cette association, il y a Ann Sevrin : " Cela fait vingt ans que je travaille dans le décor éphémère et je rêvais d'avoir ma propre cellule de production. Mais je ne suis pas menuisier, je n'ai pas la science du bois. " Elle rencontre Olivier, passé du marketing à la menuiserie, dans le cadre de son activité dans l'événementiel et, avant même de le connaître, adore ses dessins. Entre eux, le courant passe, l'idée d'une collaboration commence à germer. Quant à Jean-François Bailleux, lui aussi rompu au travail du bois, Ann le connaît depuis des années. " On s'est toujours dit qu'un jour, on bosserait ensemble. Avec Olivier et Jean-François, deux personn...

Ann Sevrin, Jean-François Bailleux et Olivier Vanhorenbeke : trois individualités qui se sont trouvées pour créer One To Be en 2006. Une histoire de rencontres, déjà, qui s'est matérialisée dans leur atelier bruxellois, un ancien garage remarquablement réaménagé à Forest. A l'origine de cette association, il y a Ann Sevrin : " Cela fait vingt ans que je travaille dans le décor éphémère et je rêvais d'avoir ma propre cellule de production. Mais je ne suis pas menuisier, je n'ai pas la science du bois. " Elle rencontre Olivier, passé du marketing à la menuiserie, dans le cadre de son activité dans l'événementiel et, avant même de le connaître, adore ses dessins. Entre eux, le courant passe, l'idée d'une collaboration commence à germer. Quant à Jean-François Bailleux, lui aussi rompu au travail du bois, Ann le connaît depuis des années. " On s'est toujours dit qu'un jour, on bosserait ensemble. Avec Olivier et Jean-François, deux personnes étaient prêtes à démarrer quelque chose avec moi, alors j'ai foncé. " Fédéré par la même envie d'entreprendre, le trio trouve rapidement son alchimie, comme s'en rappelle Olivier Vanhorenbeke : " Ce qui a été très fort dès le début, c'est notre complémentarité. On est très différents, dans nos caractères et nos compétences, et tout s'est emboîté comme un puzzle. " Unis par le même souci du détail, ils réalisent du mobilier pour magasins ou particuliers, des décors et des aménagements intérieurs très variés. Dimensions, couleurs, finitions, matériaux, tout est fabriqué sur mesure. Pas question de s'engluer dans la routine pour Olivier Vanhorenbeke : " On pourrait devenir une simple scierie, produire des pièces standardisées au kilomètre, mais on fonctionne au challenge. "Si One To Be a la chance de prendre part aux rééditions Wabbes, c'est grâce à une autre rencontre, celle qu'Ann fait avec la veuve de Jules Wabbes, Marie. Elle raconte : " Tout à fait par hasard, à une présentation de bijoux d'Isabelle Lenfant, nous avons commencé à discuter sans savoir qui était qui. On en est venues à parler de nos activités, de nos passions, et l'aventure a débuté en toute simplicité. Elle est venue visiter notre atelier et a déclaré "Jules aurait adoré !". On n'a même pas su quoi lui répondre tellement on était flattés. " Marie Wabbes souhaitait faire revivre la cuisine Livourne. En accord avec Luc Vincent, qui chapeaute les différents éditeurs de mobilier Wabbes, elle confie le projet à One To Be, à la surprise d'Ann Sevrin. " Au départ, je devais me pincer pour y croire. Puis les choses se sont enchaînées naturellement et un mois plus tard, c'était signé. Le fait que tout soit arrivé par une drôle de coïncidence a donné une certaine légèreté à nos rapports, ça nous a rapprochés. "Autodidacte de génie, né à Bruxelles en 1919, Jules Wabbes est l'une des figures emblématiques du design belge de l'après-guerre. Il aura marqué le pays en apposant sa griffe sur l'équipement d'institutions nationales telles que la Sabena, la Royale belge ou l'université de Louvain-la-Neuve. Excellant dans le mariage du bois et du métal, il s'est éteint en 1974 mais son influence demeure déterminante aujourd'hui. En témoigne le succès des rééditions lancées en 2010 pour le plus grand bonheur d'un public avide de redécouvrir ces pièces d'exception. Un récent regain d'intérêt que n'a pas attendu One To Be pour s'intéresser à la production du visionnaire bruxellois, comme le confirme Ann Sevrin : " On a toujours adoré Wabbes. On s'inscrit dans la même dynamique d'industrialisation de l'artisanat, même un demi-siècle plus tard. Les techniques sont restées les mêmes, c'est aussi précis et précieux dans les assemblages et le travail des matières. On aime cette idée de transmission. "Cette cuisine Livourne, conçue en 1964 pour un appartement du quartier Louise à Bruxelles, offre un bel aperçu du raffinement de Wabbes, tant dans la justesse des proportions ou l'ergonomie que dans l'usage du bois exotique ou de laiton. Un lent processus de maturation fut indispensable pour respecter la filiation avec l'oeuvre du maître : " Nous avons analysé tous les codes propres à Wabbes, explique Olivier Vanhorenbeke. La cuisine était déjà très aboutie, mais il ne s'agissait pas de réaliser une copie exacte. Les mesures d'origine devaient être adaptées aux exigences actuelles... " En cas de doute, l'aide de Marie Wabbes s'avère précieuse pour guider leur réflexion, mais elle se garde de trancher à chaque fois, préférant répondre : " Jules était un inventeur formidable, il aurait trouvé une solution. " Il semblerait toutefois que le résultat final ait plu à Mme Wabbes, au point qu'elle a ouvert la porte à d'autres collaborations avec One To Be. www.onetobe.be PAR MATHIEU NGUYEN