"Les hommes ont peur du ridicule, sourit Bianca Cioni, responsable de l'équipe des personal trainers au David Lloyd, club de sport branché de Bruxelles. Ils craignent encore trop souvent de ne pas savoir assumer un cours collectif de bout en bout, tant au niveau de la coordination des mouvements qu'à celui de l'endurance. En matière de sport, ils sont en effet plus habitués à des efforts intenses mais brefs. " Ils sont donc de plus en plus nombreux à recourir aux services d'un coach personnel. A tel point que, depuis un an, les pros assistent à un véritable boom des demandes. Du coup, le recours au personal trainer se débarrasse petit à petit de sa connotation snob.
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"Les hommes ont peur du ridicule, sourit Bianca Cioni, responsable de l'équipe des personal trainers au David Lloyd, club de sport branché de Bruxelles. Ils craignent encore trop souvent de ne pas savoir assumer un cours collectif de bout en bout, tant au niveau de la coordination des mouvements qu'à celui de l'endurance. En matière de sport, ils sont en effet plus habitués à des efforts intenses mais brefs. " Ils sont donc de plus en plus nombreux à recourir aux services d'un coach personnel. A tel point que, depuis un an, les pros assistent à un véritable boom des demandes. Du coup, le recours au personal trainer se débarrasse petit à petit de sa connotation snob. Avantage principal de l'entraîneur particulier : le programme individuel et sur mesure qu'il établit pour son client, qui rassure et permet d'obtenir des résultats rapides. L'aspect psychologique entre aussi en compte. D'une part, l'" élève " ne veut pas décevoir celui qui le fait travailler en n'atteignant pas les objectifs fixés par son programme, faute d'avoir été assez assidu. D'autre part, un rendez-vous étant pris, on laisse moins facilement la flemme prendre le pas sur l'envie d'aller entretenir sa forme. Question de politesse mais aussi de porte-monnaie : à 60 euros l'heure de cours particulier, on hésite à renoncer. Qu'on ne déduise pas trop vite pour autant que le plaisir rassurant d'être cornaqué par un pro, l'orgueil ou même le souci de ne pas perdre d'argent sont les seules raisons qui poussent les hommes à faire du sport. Leurs comportements en la matière sont en pleine évolution. Personne ne sera étonné d'apprendre que les hommes sont toujours absents des séances d'aérobic, de " taille-abdos-fessiers " ou d'aquagym. Mais ils ne désertent pas tous les cours collectifs, bien au contraire. Les leçons de Bodypump ( lire en page 80), par exemple, ne comptent pratiquement que des hommes. Idem pour le Spinning, où il s'agit de pédaler " indoor " en rythme sur de la musique. Une discipline qui permet de brûler beaucoup de calories (jusqu'à 700 en une heure !) en améliorant ses capacités cardio-vasculaires, deux des objectifs que les hommes visent à travers la pratique d'un sport. Parmi leurs motivations, et c'est là un des grands changements observés dans les comportements masculins, ils placent aussi le bien-être avant l'acquisition de gros biscotos. " Aujourd'hui, ils privilégient avant tout une démarche de santé, de bien-être et de qualité de vie ", confirme Yann Desimpelaere, fitness manager au très sélect club Aspria de l'avenue Louise, à Bruxelles. Aussi, on note ces derniers temps un engouement pour des cours basés sur l'épanouissement du corps et de l'esprit, comme le yoga, le stretching, le tai-chi et tous leurs dérivés basés sur une fusion des genres : yogilates, mix de pilates et de yoga, gyrotonics, sorte de yoga pratiqué sur des engins, ou encore yoga rave lounge, discipline fraîchement débarquée de Californie dans laquelle exercices d'assouplissement et improvisations rythmées par la respiration s'enchaînent en musique. C'est aux people que l'on doit la tendance qui vise à mixer plusieurs sports pour en créer un autre. Toujours en quête de nouveautés, les stars poussent en effet leur personal trainer à d'incessants efforts d'imagination. C'est comme cela que Cameron Shayne, coach du Tout-Hollywood et expert en taekwondo et en karaté, en est venu à imaginer le Budokon. Une discipline à la croisée des arts martiaux et du yoga ( lire en page 80), pas encore proposée chez nous mais hypertendance de l'autre côté de l'Atlantique depuis que Jennifer Aniston, Gwyneth Paltrow ou Madonna s'y sont mises. Gageons que, une fois arrivée dans nos salles de sport, cette combinaison de travail physique en profondeur et de développement de la force mentale va séduire les nouveaux mâles en quête de wellness avant tout. Dans cette optique, les salles de fitness proposent une démarche de plus en plus globale, dépassant les conseils purement sportifs. On peut ainsi profiter de sa séance de sport pour recevoir des conseils d'un nutritionniste, et même pour faire un bilan de santé. " Au fil des séances, une relation de confiance s'installe entre le coach et son élève, expose encore Bianca Cioni. Les gens en viennent à parler de leurs petits bobos, de leur mode de vie... Et nous, on les guide de manière plus large que sur les seuls exercices. " Parmi les conseils que la coach répète souvent : se faire plaisir et panacher les cours auxquels on participe. " Non seulement pour éviter la lassitude, mais aussi parce qu'en termes d'efficacité, on obtient de meilleurs résultats. Il existe une " mémoire des muscles " qui fait qu'à partir d'un certain moment, ceux-ci sont habitués aux mouvements et travaillent moins. En diversifiant, on minimise aussi les risques de blessures : il est important que les fibres musculaires ne travaillent pas toujours de la même manière. " En misant sur l'aspect ludique, sur un service personnifié et sur la promesse d'un bien-être global, le fitness s'est donc trouvé de nouveaux arguments dépassant les seuls critères esthétiques. " Et cela, les hommes l'ont bien compris, conclut Yann Desimpelaere. Pour preuve : la tranche d'âge de ceux qui fréquentent les clubs ne se limite plus aux 18 - 35 ans comme c'était le cas il y a encore quelques années, mais s'étend jusqu'à 60 ou 65 ans. " Les derniers sports branchés en page 80.Delphine Kindermans