"Si l'ASBL Modo Bruxellæ a été créée en 1994 à l'initiative du ministère de l'Economie de la Région de Bruxelles-Capitale, dirigé à l'époque par Rufin Grijp, c'était pour créer, voire renforcer une image de marque de la mode à Bruxelles. En n'oubliant pas d'y englober toutes les sociétés inhérentes au secteur et dont le siège social figure à Bruxelles ", rappelle Véronique Heene, coordinatrice de l'association qui dispose actuellement d'un budget annuel de 140 000 euros.
...

"Si l'ASBL Modo Bruxellæ a été créée en 1994 à l'initiative du ministère de l'Economie de la Région de Bruxelles-Capitale, dirigé à l'époque par Rufin Grijp, c'était pour créer, voire renforcer une image de marque de la mode à Bruxelles. En n'oubliant pas d'y englober toutes les sociétés inhérentes au secteur et dont le siège social figure à Bruxelles ", rappelle Véronique Heene, coordinatrice de l'association qui dispose actuellement d'un budget annuel de 140 000 euros. La promotion d'un secteur économique bien précis, situé en région bruxelloise, incite naturellement Véronique Heene et Etienne Tordoir, président de Modo Bruxellæ, mais aussi Sonia Noël, directrice de la boutique Stijl (rue Dansaert) et aimable pygmalion de maints jeunes designers, à regarder vers l'avenir. " Nous avons illico zoomé sur les jeunes pousses issues des écoles de mode, les nouveaux créateurs bruxellois et ceux qui, nés en Wallonie, menaient leurs études ou débutaient à Bruxelles. Attention, cette manière d'agir s'est toujours faite en collaboration et complicité avec les marques commerciales ", prévient Véronique Heene. C'est en effet à Bruxelles que les jeunes pousses effectuent leurs stages ou se lancent dans la carrière. Avant û éventuellement û de voler de leurs propres ailes. " A partir du moment où quelqu'un exprime son savoir-faire vestimentaire via une collection, un catalogue, des dossiers de presse et/ou une image cohérente, nous tenons à suivre et à soutenir l'initiative. Et à montrer, aux pros du secteur tout comme aux non-initiés, dans quelle étoffe les Bruxellois û au sens large û, sont taillés. " Modo Bruxellæ qui se veut un bureau de communication sur la mode bruxelloise tous azimuts (www.modobruxellae.be), a donc mis au point, dès 1995, un Parcours de Stylistes destiné à montrer à un public le plus large possible toutes les facettes de la mode bruxelloise. Un parcours où de " grosses maisons " (Delvaux, Donaldson, Alcodin, Natan...) côtoient, sans faux plis, de tout jeunes talents (Mademoiselle Lucien, Marien Perez, Azniv Afsar, Nicolas Dehon, Aleksandra Paszkowska, Nathalie Demedts...) qui ont depuis lors gagné du galon. Mais aussi des stars dont la valeur n'a pas attendu le nombre des années (Olivier Theyskens, Xavier Delcour, le duo Own...). En décloisonnant les étages de la " maison mode " sur le territoire de Bruxelles, le Parcours de Stylistes permet aux professionnels du cru (acheteurs, presse internationale, fabricants, organisateurs d'événements...) d'estimer ce que les créateurs belgo-bruxellois ont dans le ventre. Tandis que le chaland, lui, charmé par le nombre d'endroits inédits ou conviviaux que compte le Parcours, apprend à (re)connaître la (jeune) création vestimentaire... quitte à s'offrir l'une ou l'autre pièce exclusive contre un prix policé. " Depuis 1999, le Parcours de Stylistes (cette édition-là s'est déroulée en grande pompe au palais des Beaux-Arts, mettant notamment en évidence le retour d'Annemie Verbeke à l'avant-scène de la mode) a lieu tous les deux ans, histoire de laisser respirer les intervenants ", précise Véronique Heene. Rappelons qu'à chaque Parcours, Modo Bruxellae remet un prix (7 500 euros) honorant le travail d'un créateur comptant déjà dix collections commercialisées. Remportée, entre autres, par Olivier Theyskens (2001), Tony et Sandrine (1997), les actuels responsables du département mode de La Cambre, et Annemie Verbeke (1998), cette distinction a permis, par exemple, au duo Own de financer en partie son défilé à Paris. " Au-delà des initiatives de l'ITCB autrefois, de Modo Bruxellae aujourd'hui et d'autres mordus de mode nationale, je pense que la puissance créative des jeunes stylistes vient d'abord des écoles où ils ont été formés, et de la maturité progressive de ces instituts, constate Véronique Heene. Aujourd'hui, si Bruxelles a, comme Anvers, son propre vivier de créateurs de mode, c'est surtout grâce à La Cambre Mode(s) et à la diligence de leurs chefs d'atelier, à savoir Franc' Pairon de 1986 à 1999, puis Tony Delcampe. En inventant Modo, je pense que l'on a réussi à instaurer, à côté de La Cambre Mode(s), un lieu de rendez-vous et d'échange ouvert à tous ceux que la mode, la créativité et le vêtement impliquent. " " Nous n'organisons pas de Parcours de Stylistes cette année, souligne Véronique Heene, mais bien en 2004, du 27 au 31 octobre. En revanche, en novembre prochain, nous allons intégrer un mini-parcours dans la manifestation Europalia Italie : nous mettrons en exergue dix créateurs sélectionnés et primés à ITS, le festival de la mode de Trieste, dont Cathy Pill fraîchement diplômée de La Cambre, Daniel Controversio (La Cambre) qui a gagné l'édition d'ITS en 2002, et l'Anversois Slobodan Mihajlovic. " En outre, Modo Bruxellæ - qui dépend jusqu'en 2004 du cabinet du ministre Eric Thomas, responsable de l'Economie de la Région bruxelloise -, participe activement à l'élaboration d'une commission de la mode bruxelloise. Cette initiative de la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Bruxelles réunit en fait tous les intervenants de la mode en capitale : Luc Roggeman, directeur commercial de Créamoda, le Trademart, Sociéthèque qui s'occupe des salons de mode enfantine et adulte à Grand-Bigard ( lire aussi l'article en page 90), l'annuaire des labels belges " Belgian Pro " et Modo Bruxellæ. " Avec cette commission, nous allons dresser d'une part un calendrier exhaustif des événements de Modo Bruxellæ, et d'autre part nous allons plancher sur un certain nombre de collaborations variées. La Chambre de Commerce désire en effet développer son rôle d'intermédiaire entre les sociétés bruxelloises de mode et le politique. Nous songeons également à fonder une Maison de la Mode qui serait un lieu d'accueil, d'informations, de rencontres, d'expositions, de mini-défilés, de présentations réservées à la presse, d'événements organisés autour de créateurs étrangers, etc. Pour cela, il faut évidemment bénéficier d'une structure relativement autonome et renforcée par des fonds tant publics que privés. Et, une fois les bases de la commission de mode et les missions des participants définies, pourquoi ne pas organiser une année " Spéciale mode " à Bruxelles ?", propose Véronique Heene. Marianne Hublet