Le fait est établi : rares sont les griffes qui, durant les Fashion Weeks dédiées à la mode masculine, sortent le grand jeu comme cela se fait pour la Femme, ce qui rend la parenthèse enchantée proposée par Dior Homme d'autant plus précieuse à ceux et celles qui courent le marathon bisannuel des défilés. Depuis quelques saisons déjà, la maison prend ses quartiers au Tennis Club de Paris, métamorphosant le lieu de fond en comble pour le plus grand bonheur de ceux qui assisteront au show, émoustillés déjà par le carton d'invitation - un même format carré qui se déplie, frappé d'une composition toujours énigmatique - qui ne livrera vraiment son secret qu'une fois l'événement terminé. Celui de l'automne-hiver 15-16 parlait à la fois de " soirée de première " et de " rêve éveillé ". A voir l'armée de jeunes gens en costumes sombres gardant le rideau noir qui scindait la salle en deux, il était clair, d'emblée, que le mystère serait jusqu'au bout bien gardé. Derrière le lourd drapé de velours, une formation de trente-deux musiciens classiques, à la file indienne, assurait la bande-son - une étrange version philharmonique du morceau électro The Landsc Apes du compositeur français Koudlam - d'un cortège de jeunes gens s'ouvrant, une fois n'est pas coutume, sur des pièces du soir, le côté formel des looks étant contrebalancé par des casquettes et des pin's épinglés au revers des smokings et des vestes queue-de-pie.
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