Lina Tullgren chante parfois comme si on lui mettait un flingue froid sur la tempe : droite comme un redressement fiscal. Visuellement, ce n'est pas davantage la tournée générale : coupe garçonne, lunett...

Lina Tullgren chante parfois comme si on lui mettait un flingue froid sur la tempe : droite comme un redressement fiscal. Visuellement, ce n'est pas davantage la tournée générale : coupe garçonne, lunettes roses tombées du camion de Bono et pantalons Samusocial. Sans oublier les bizarres photos promos où l'on sort de sa bouche complice une matière qui évoque, au choix, des vestiges de peau de poulet cru ou une petite culotte ayant beaucoup tourné. Bref, Miss Tullgren n'est pas exactement votre usuelle chanteuse costumisée pour le succès. Justement, en début de vingtaine, la fille du Maine sort son album Won sur le même label que le funny Mac DeMarco : essentiellement un dialogue entre sa voix - braisée au fil du temps - et des mélodies rêches, gutturales, de celles qui interrogent sentimentalement l'espace privé comme le trafic public. On n'a guère d'idée sur ce que cela peut donner en concert, mais le risque semble parfaitement viable.