Dimanche, il sera temps de dire adieu une bonne fois pour toute à Don Draper et à tout l'univers ciselé jusque dans les petits coins d'une série devenue en quelques années un véritable phénomène de société. Ce n'est certes pas à la bande des Mad Men que l'on doit la naissance, au début des années 2000, d'un courant baptisé newstalgie, mais elle l'a à coup sûr amplifié. Il est vrai aussi qu'on n'a jamais trouvé mieux que des crises en rafales pour booster le refrain bien connu du " c'était mieux avant ". Rayon style d'abord, qu'il s'agisse de pudiquement " revisiter les codes " d'une maison historique ou de lancer ...

Dimanche, il sera temps de dire adieu une bonne fois pour toute à Don Draper et à tout l'univers ciselé jusque dans les petits coins d'une série devenue en quelques années un véritable phénomène de société. Ce n'est certes pas à la bande des Mad Men que l'on doit la naissance, au début des années 2000, d'un courant baptisé newstalgie, mais elle l'a à coup sûr amplifié. Il est vrai aussi qu'on n'a jamais trouvé mieux que des crises en rafales pour booster le refrain bien connu du " c'était mieux avant ". Rayon style d'abord, qu'il s'agisse de pudiquement " revisiter les codes " d'une maison historique ou de lancer une " nouvelle " tendance, les créateurs ne se privent pas de regarder dans le rétro, de manière souvent plus littérale dans les collections Femme - cet été, impossible de passer à côté du grand retour des seventies et de leurs pantalons pattes d'ef - que dans le vestiaire masculin, contaminé par petites touches par le courant hipster en phase d'essoufflement. Rayon design ensuite, le côté rassurant des rééditions, perçues par le public comme des valeurs sûres statutaires capables de valider à elles seules le (bon) goût de leur propriétaire, explique la sur-représentation - parfois jusqu'à l'écoeurement -, dans les intérieurs urbains, de ces icônes qui ne datent pas d'hier. A l'heure du numérique triomphant, on assiste aussi au grand come-back des vinyles - le journaliste et photographe israélien Eilon Paz vient de consacrer à cette lame de fond une magnifique galerie de portraits de collectionneurs mordus -, relancés par les mêmes majors qui avaient pourtant signé il n'y a pas si longtemps leur arrêt de mort. Mais le bon vieux disque en dur n'est pas le seul article passé aux oubliettes à reprendre du galon, comme en témoigne le lancement par la marque de lunettes Persol d'une nouvelle ligne de montures inspirées par les anciennes machines à écrire - d'où le nom Typewriter - comme celle qu'utilisait, adolescent, Bret Easton Ellis - l'auteur d'American Psycho sert d'ailleurs de modèle à la campagne - lorsqu'il passait son temps libre à retaper des pages entières de l'oeuvre de Hemingway. Cet engouement généralisé pour les objets d'après-guerre est encore confirmé par le retour à Bruxelles de la deuxième édition du plus grand salon du vintage d'Europe. Rebaptisé Flashback Festival, il compte bien faire la part belle cette année aux concerts hommage à des stars du disco et de la Motown, mais pas que, puisque la nostalgie glisse aussi vers les eigthies, les années d'or des quadras d'aujourd'hui. Les fans de vintage au sens large pourront ainsi s'en donner à coeur joie pendant quatre jours au fil des quelque 17 000 m2 de stands dédiés à la mode et au design mais aussi aux juke-box et aux platines, sans oublier les premiers jeux d'arcade. Pour s'y croire vraiment, barbiers, coiffeurs et maquilleurs seront aussi présents pour vous relooker dans le style de l'époque de vos rêves. Flashback Festival, Palais 5 et 10 de Brussels Expo et sur l'esplanade, à 1020 Bruxelles. http://flashback.brussels Du 28 au 31 mai.PAR MATHIEU NGUYEN ET ISABELLE WILLOT