Selon le baromètre des créateurs, l'hiver 06-07 devrait être rigoureux. Du coup, on superpose les vêtements par couches, on porte des robes sur des leggings, on s'emmitoufle dans des ensembles en total maille, on opte pour des collants en laine ou de grosses chaussettes que l'on enfile dans des escarpins, on s'enveloppe dans des manteaux oversize, bref on se couvre et plutôt deux fois qu'une !
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Selon le baromètre des créateurs, l'hiver 06-07 devrait être rigoureux. Du coup, on superpose les vêtements par couches, on porte des robes sur des leggings, on s'emmitoufle dans des ensembles en total maille, on opte pour des collants en laine ou de grosses chaussettes que l'on enfile dans des escarpins, on s'enveloppe dans des manteaux oversize, bref on se couvre et plutôt deux fois qu'une ! Empruntant ses teintes à la palette des noirs et des gris, l'hiver 06-07 est austère, dévoilant une rigueur quasi monacale tout en veillant à ce que l'allure reste toujours chic. Jouant sur les registres du masculin-féminin, les collections hivernales mettent en vedette le costume d'homme. Le pantalon gris en flanelle, porté façon garçonne, c'est-à-dire large, à taille haute et éventuellement rehaussé de bretelles, s'impose comme la pièce-phare de la saison prochaine. Alliant le côté pratique et sexy, la robe en laine, quant à elle, déjà plébiscitée par les fashion victims l'hiver dernier, sera l'autre grande gagnante des rigueurs hivernales. Dans un tableau à dominante sombre, on note toutefois des éclats de rouge qui nous ramènent aux années 1980 où les pantalons sont super " skinny " (très près du corps) et tombent en accordéon sur des escarpins vernis, où les combinaisons en cuir noir font l'allure rock & roll. Quant au doré, amorcé cet été, il brille toujours sur les podiums, même de façon inattendue chez les créateurs comme Dries Van Noten, traditionnellement abonné aux teintes minérales. Les paillettes, distillées sur une jupe, des escarpins ou encore des tops, sont autant de touches de lumière qui dévoilent un beau tableau en clair-obscur. De Londres à Paris en passant par Milan, voici les sept péchés capitaux de Weekend : notre gourmandise pour une robe en laine, notre envie de leggings, notre orgueil qui s'exprime dans une chemise à col lavallière, notre luxure revêtant les traits d'une robe dorée, notre avarice qui transparaît dans un simple pantalon gris, notre colère manifeste à travers un tailleur-pantalon au rouge agressif, notre paresse enfin se lisant dans le port faussement négligé d'un manteau oversize qui tutoie le sol. L'occasion de dresser un résumé des tendances sur lesquelles nous avons flashé. Assurément, l'hiver prochain, nous ne pourrons pas nous passer d'eux ou d'elles... Le pantalon gris, de préférence en flanelle, est le leitmotiv de la saison prochaine. Il se porte taille haute comme chez Dries Van Noten qui en propose une version à la coupe impeccable, que l'on marie avec un cardigan marron boutonné de manière asymétrique. Pour un look sobre et chic. Notre coup de c£ur revient au tailleur- pantalon signé Yohji Yamamoto (photo) pour son côté oversize révélant un esprit très masculin féminin, tout à fait dans l'air du temps. Dans une collection où il réhabilite son style des premières années, le maître japonais nous offre une symphonie de pantalons gris, négligemment retournés à la taille, dessinant une allure très " clochard de luxe ". Dans le tableau sombre de l'hiver, c'est assurément la couleur coup d'éclat. Le rouge amène un peu de punch et de glamour, réveillant au passage le style dynamique et agressif des années 1980. Tous les créateurs s'y essaient, de Valentino qui imagine de somptueuses robes rouges pour femmes fatales à Louis Vuitton qui propose un superbe pantalon large en velours rouge. La palme revenant au total look carmin signé MaxMara (photo) constitué d'un tailleur-pantalon super " skinny ", comme le réclame la tendance, et que l'on porte sur des escarpins de la même couleur. On n'attend même pas l'hiver pour l'adopter ! Elle fait ravage sur les podiums parisiens. Empruntant son style au vestiaire masculin, la chemise de l'hiver prochain est à col lavallière ou n'est pas. On choisit la version chicissime signée Chanel (photo) ou le modèle incontournable griffé Yves Saint Laurent. L'hiver dernier déjà, elle s'était fait remarquer chez des créatrices adeptes de son allure à la fois simple et sexy telles Stella McCartney. Pour l'hiver 06-07, elle s'impose chez la plupart des créateurs : Anna Molinari, Louis Vuitton, Salvatore Ferragamo... déclinent la robe en maille à l'infini. Notre coup de c£ur revient au modèle en mohair et à fleurs de Kenzo (photo), révélant une épaule dénudée. Une autre tendance, tout en féminité, à découvrir l'hiver prochain...La saison prochaine, on superpose, en haut comme en bas. Pratiques, les leggings viennent réchauffer la jambe sous une jupe. Pour réussir l'exercice, on prend exemple sur les collections hivernales de MaxMara, Sportmax et Gaspard Yurkievich ou chez des créateurs adeptes du genre depuis quelques saisons déjà comme A.F. Vandevorst (photo) ou Veronique Branquinho. Même Stefano Pilati chez Yves Saint Laurent s'y met. Dans une interprétation plus raffinée... C'est dire la tendance !Sur la lancée d'un été très doré, l'hiver prochain continue à briller. Dans un tableau d'ensemble qui étonne par son austérité et ses couleurs monacales, quelques touches d'or viennent éclairer les collections de la plupart des créateurs. Frida Giannini pour Gucci (photo) en a même fait la ligne directrice d'un défilé solaire aux tonalités disco. On élit cette robe portée par l'éblouissante Maria Carla Boscomo, la mannequin romaine star des podiums, car elle marie trois tendances de l'hiver prochain : le doré, le mini et le col bénitier. Exit le manteau d'officier étroit que l'on portait l'hiver dernier, le manteau de la saison prochaine prend du volume. Rien d'étonnant vu que l'on empile des couches de vêtements en dessous. Donc, on le choisit en version XXL. Et pourquoi pas en laine d'agneau comme le modèle griffé Louis Vuitton (photo), ceinturé à la taille, et que l'on laisse traîner derrière nous, avec nonchalance. Une pièce forte qui, en clôture de la semaine de la mode parisienne, a marqué d'un beau point final la saison des défilés. Agnès Trémoulet