Dans ce numéro, deux destins d'exception, aujourd'hui à la barre de deux navires amiraux de l'armada LVMH. Le premier de ces capitaines au long cours, c'est Nicolas Ghesquière, récemment nommé directeur artistique de Louis Vuitton. Formé chez Balenciaga, dont il avait revisité les fondamentaux sans jamais les trahir, il avait très vite été sacré " nouveau messie de la mode ", pas moins, par Suzy Menkes, respectée critique de l'International Herald Tribune. Après Marc Jacobs, qui avait lancé le prêt-à-porter Vuitton en 1997 et l'avait dirigé jusqu'à l'a...

Dans ce numéro, deux destins d'exception, aujourd'hui à la barre de deux navires amiraux de l'armada LVMH. Le premier de ces capitaines au long cours, c'est Nicolas Ghesquière, récemment nommé directeur artistique de Louis Vuitton. Formé chez Balenciaga, dont il avait revisité les fondamentaux sans jamais les trahir, il avait très vite été sacré " nouveau messie de la mode ", pas moins, par Suzy Menkes, respectée critique de l'International Herald Tribune. Après Marc Jacobs, qui avait lancé le prêt-à-porter Vuitton en 1997 et l'avait dirigé jusqu'à l'année passée, c'est à lui que revient désormais de mener à bon port, saison après saison, le géant du luxe mondial. Le 5 mars dernier, à Paris, il avait déjà donné la mesure de son talent lors de la présentation de la collection automne-hiver 14-15, sa première pour la griffe au Monogram. Là, devant 1 200 invités, il avait fait souffler un vent frais sur l'ère Jacobs : mise en scène sobre contre décors barnumesques, mannequins anonymes contre top models iconiques, sacs (quasi) sans logos contre accumulation d'accessoires identitaires du label. Sans conteste un renouvellement des codes, que traduisaient aussi les silhouettes aux accents sixties. Et le 17 mai dernier, le changement de cap était confirmé lors du show monégasque donnant à voir un vestiaire Croisière tout en modernité, jouant sur les associations de matières et de couleurs flashy. Le tout sur un podium projetant des images d'eau sur les galets et d'algues mouvantes... Chez Dior, l'autre tête de pont du groupe présidé par Bernard Arnault, c'est Peter Philips, devenu directeur de la création et de l'image du maquillage, qui tient à présent le gouvernail de la beauté. Le Belge, ami de longue date de Raf Simons - en charge de la mode pour la maison de l'avenue Montaigne -, a derrière lui une prestigieuse collaboration avec Chanel, entamée en 2008, mais est également connu pour ses make-up de défilés extraordinaires - on se souvient notamment de la Mickey Mouse Face pour Olivier Theyskens - et ses accointances avec les plus grands photographes, d'Irving Penn à Mario Testino en passant par Patrick Demarchelier. " Je suis le premier surpris de voir ce qui m'est arrivé, a-t-il confié à Isabelle Willot qui l'accompagnait dans les coulisses de la haute couture. Je me souviens encore de mes débuts dans le maquillage. Je m'y suis mis tard, en réalité, vers 26-27 ans. Ça a tout changé dans ma vie, c'est devenu une passion ! J'ai eu la chance de faire les bons choix, je suis un gars qui bosse avec ses tripes. Ça m'a plutôt bien réussi. " Et naviguer à l'instinct sans pour autant perdre le nord, c'est déjà l'assurance d'un beau voyage.Rédactrice en chefDelphine KindermansDeux destins d'exception à la barre de deux navires amiraux de l'armada LVMH.