Combien faut-il de voyages avant que l'évidence ne vous saute aux yeux ? Dans le cas de Guylaine Tilleau, difficile de les compter tant elle a parcouru le monde pour les besoins de son job de styliste. Toujours, elle en revenait les valises bourrées de tissus vintage ethniques qui la fascinaient, qu'elle chinait alors com...

Combien faut-il de voyages avant que l'évidence ne vous saute aux yeux ? Dans le cas de Guylaine Tilleau, difficile de les compter tant elle a parcouru le monde pour les besoins de son job de styliste. Toujours, elle en revenait les valises bourrées de tissus vintage ethniques qui la fascinaient, qu'elle chinait alors compulsivement mais sans névrose et puis qu'elle rangeait dans ses placards. Jusqu'au jour où son mari osa lui demander ce qu'elle allait en faire, il lui fallut alors bien inventer une réponse : elle recyclerait ces saris venus de Mauritanie, d'Inde ou d'Indonésie. Elle les détourne donc désormais pour créer des pièces chargées d'histoire qui célèbrent la beauté de la matière, dans des soies ou des popelines de coton adoucies par leurs vies antérieures. Mais avec la volonté de respecter le génie des motifs et la grandeur de la main qui les composa, cela aurait été dommage de les sacrifier. Si les formes sont volontairement simples, robes, kimono, kurta, jupe et top, ingénieusement taille unique, c'est pour mieux révéler leur passé, leur délicatesse et leur ennoblissement par des artisanes marocaines venues broder les fils de sabra aux coutures et aux bordures pour " la noblesse et le tombé ". Et si le nom de sa collection, Hand.sø.on, a l'accent anglais, à traduire par " et cætera ", c'est parce qu'il évoque en un clin d'oeil une certaine idée du recyclage, de la continuité et d'un vestiaire " world " où les cultures, les traditions et les époques se fondent dans la grâce.