Nerveux. Gracile. 26 ans pile et déjà dix ans de carrière griffés de son regard malicieux, en coulisse ou inquiet. De son jeu, plein et délié : il est capable de passer d'Yves Saint Laurent à Phèdre dans le même élan. Et de Phèdre au Chapeau de paille d'Italie dans la même journée. Pierre Niney en impose, et pas seulement au théâtre ou au cinéma, qui l'a récompensé du César du meilleur acteur. La minisérie Casting(s), écrite et réalisée par lui pour Canal +, a entamé durant le Festival de Cannes une troisième saison sous le signe du rire, du buzz et des guest stars : Marion Cotillard, après Laurent Lafitte ou Denis Podalydès... C'est que le petit monde de Niney se construit à toute vitesse. Récompenses, premiers rôles et superlatifs : surdoué, acteur modèle...

Nerveux. Gracile. 26 ans pile et déjà dix ans de carrière griffés de son regard malicieux, en coulisse ou inquiet. De son jeu, plein et délié : il est capable de passer d'Yves Saint Laurent à Phèdre dans le même élan. Et de Phèdre au Chapeau de paille d'Italie dans la même journée. Pierre Niney en impose, et pas seulement au théâtre ou au cinéma, qui l'a récompensé du César du meilleur acteur. La minisérie Casting(s), écrite et réalisée par lui pour Canal +, a entamé durant le Festival de Cannes une troisième saison sous le signe du rire, du buzz et des guest stars : Marion Cotillard, après Laurent Lafitte ou Denis Podalydès... C'est que le petit monde de Niney se construit à toute vitesse. Récompenses, premiers rôles et superlatifs : surdoué, acteur modèle, prodige. Sans doute, oui. Mais aussi sens du concret, politesse, humilité. " Merci de votre bienveillance profonde, a-t-il déclaré aux votants des Césars. Une bienveillance nécessaire au-delà des artistes. On a besoin en France d'une jeunesse qui rêve et qui a les moyens de ses rêves. " Passion du jeu : il découvre les plateaux à 16 ans avec le téléfilm La Dame d'Izieu, s'extasie tout haut devant la reconstitution d'un marché à Prague dans les années 40, figurants en costume, charrettes, tanks... " Quelqu'un m'a lancé : "Ben, c'est normal." Moi, je ne veux pas tomber dans cette évidence mais cultiver un état d'émerveillement. " Une décennie plus tard, Pierre Niney a endossé une quinzaine de rôles dont le fameux costume Saint Laurent avec un engagement de tous les instants. " Etre concentré, investi, patient, drôle, tout cela à la fois, en me répétant : Allez, vas-y, c'est à toi de jouer maintenant et c'est important. " Plébiscité pour la comédie 20 Ans d'écart (David Moreau), où il séduit une cougar (1,5 million de spectateurs), célébré pour Yves Saint Laurent (Jalil Lespert), qui l'a laissé épuisé mais donc césarisé (1,7 million), c'est un acteur désormais bankable. Et la tête d'affiche d'Un homme idéal (Yann Goslan) (*), un thriller schizophrénique, sensuel et solaire, qu'il porte sur ses épaules recouvertes d'une chemise surnommée " Delon " durant le tournage. Car le film assume ses références à La Piscine ou à Plein Soleil. Niney incarne un écrivain raté qui vole le manuscrit d'un homme décédé et devient une star de la littérature avant d'être rattrapé par son imposture. La spirale du mensonge va le tirer vers le fond. " Le scénario m'a soufflé, dit-il. C'est tellement rare au cinéma que se pose la question d'un personnage passionné mais sans talent. " Sa curiosité pour tous les univers du 7e art l'a mené du scénario à la mise en scène et au montage, qu'il apprend. " L'envie d'écrire des longs-métrages pour des acteurs que j'aime grandit en moi, et pourquoi pas de les réaliser et les produire, mais à terme, car je veux prendre mon temps. Pour parler de modèles, je citerais Leonardo DiCaprio ou Judd Apatow, des artistes qui repèrent des projets et les accompagnent. " Parfois, de jeunes acteurs l'arrêtent place Colette, devant la Comédie-Française - où il était, jusqu'à sa démission en janvier dernier, le plus jeune pensionnaire depuis son entrée en 2010 - et lui demandent des conseils : " Que répondre ? s'exclame-t-il. Dans ce métier, chaque parcours est unique. A chacun de créer des chances, des opportunités, des troupes. Et de croire en ses rêves. " On l'attend dans Altamira, de Hugh Hudson, un second rôle mais en anglais, au côté d'Antonio Banderas. Puis dans Five, signé par son complice de la série Casting(s), Igor Gotesman : " Une comédie sur l'amitié, dans le style du Péril jeune. " Ensuite, ce sera le prochain film d'Eric Barbier, La Promesse de l'aube, d'après Romain Gary, avec Audrey Tautou. Niney, la promesse ferme du cinéma français. (*) Dès le 10 juin prochain dans les salles. PAR GILLES MÉDIONI