À partir de ce samedi 20 octobre, la ville de Courtrai redevient pour une semaine l'épicentre du design mondial à l'occasion de sa 23e Biennale Interieur. À la tête de cet incontournable du genre, un nouveau commissaire, Lowie Vermeersch, à qui échoit désormais la tâche d'attirer le gratin des arts appliqués en bord de Lys. Plutôt connu pour avoir brillé au sein de la légendaire " maison de haute couture automobile " Pininfarina, l'homme entend imprimer sa marque sur cette édition 2012 et donner une dimension supplémentaire à l'institution courtraisienne, quitte à déjà en bousculer certa...

À partir de ce samedi 20 octobre, la ville de Courtrai redevient pour une semaine l'épicentre du design mondial à l'occasion de sa 23e Biennale Interieur. À la tête de cet incontournable du genre, un nouveau commissaire, Lowie Vermeersch, à qui échoit désormais la tâche d'attirer le gratin des arts appliqués en bord de Lys. Plutôt connu pour avoir brillé au sein de la légendaire " maison de haute couture automobile " Pininfarina, l'homme entend imprimer sa marque sur cette édition 2012 et donner une dimension supplémentaire à l'institution courtraisienne, quitte à déjà en bousculer certaines traditions. Une reconversion placée sous le signe de l'audace, toutefois sans comparaison avec celle d'Alain Gilles, dont le talent à l'éclosion tardive sera dignement mis à l'honneur pendant la biennale. Après une première carrière dans la haute finance, le Bruxellois a tout plaqué pour vivre de ses créations et très vite vu sa cote grimper en flèche, jusqu'à devenir notre Designer de l'année. Singulière consécration pour ce diplômé de Sciences po, un grade académique également porté par la funambule du design français, Constance Guisset, qu'un itinéraire tout aussi surprenant n'a pas empêché d'être plébiscitée lors du salon Maison & Objet 2010. Que du contraire même, car chez elle comme chez Alain Gilles, c'est une approche éminemment personnelle, nourrie par un riche vécu, qui contribue à séduire critique et public. Ces parcours sinueux offrent une bouffée d'air frais bienvenue à la discipline, à l'instar de ceux du créateur superstar Arik Levy ou du virtuose du bois, le Belge Michaël Bihain, qui délaissèrent l'un les spots de surf de Tel-Aviv et l'autre les étals de boucherie, pour faire le choix périlleux d'une carrière artistique. De nouvelle vie, il sera encore question le 9 novembre prochain lors de Second Hand, Second Life, la soirée de gala annuelle des Petits Riens. Une autre histoire d'audace, celle des organisateurs, de miser sur un thème aussi peu glamour que la récup' pour lancer un événement dont on s'apprête à fêter la décennie d'incontestable succès. Une démonstration supplémentaire de l'importance du facteur humain - avec tout ce qu'il implique en termes de hasard et d'imprévu - sans lequel l'exercice du design, de l'idée originelle à l'édition du produit, est immanquablement voué à louper sa cible. La réussite d'artistes tels qu'Alain Gilles et Constance Guisset nous rappelle que les prises de risques les plus hardies n'accouchent pas nécessairement de projets à l'extravagance criarde, mais peuvent tout simplement s'inspirer des aléas de la réalité pour mieux nous en déconnecter. Inutile donc de s'étonner qu'à une époque trop souvent gagnée par la morosité, ce soit chez eux que l'on aille chercher ce petit supplément d'âme susceptible de nous faire rêver, que l'on soit surfeur ou garçon boucher. MATHIEU NGUYEN JOURNALISTELEUR APPROCHE ÉMINEMMENT PERSONNELLE, NOURRIE PAR UN RICHE VÉCU, SÉDUIT PUBLIC ET CRITIQUE.