On la voit soldate de l'Armée rouge dans l'enfer de " Stalingrad " (actuellement à l'affiche), on la reverra en intello doublée d'une aventurière dans " Le Retour de la momie " (sortie le 23 mai). Rachel Weisz est désormais une vedette et il lui faut s'habituer à une célébrité que le triomphe mondial inattendu de " La Momie " a précipitée. Jusque-là, cette jeune actrice anglaise, fille d'un émigré hongrois rescapé de la Shoah, ne s'était signalée que dans quelques rôles secondaires, le premier dans " Beauté volée ", de Bertolucci. Au théâtre, sa première passion, elle avait été couronnée " révélation de l'année " par les critiques britanniques, et son étoile brillait déjà d'un singulier éclat. Diplômée de la fameuse université de Cambridge, Rachel a la tête aussi pleine que bien faite. Elle a créé sa propre compagnie théâtrale et connaît la littérature anglaise sur le bout des doigts. De quoi donner à cette intellectuelle pas snob pour un sou le recul nécessaire à la bonne gestion d'un succès désormais planétaire. Avec sa lucidité, ainsi que son caractère que l'on devine costaud, Rachel Weisz ne devrait pas céder aux illusions du show-biz ni aux jeux de l'ego où se perdent tant de collègues de son âge...
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On la voit soldate de l'Armée rouge dans l'enfer de " Stalingrad " (actuellement à l'affiche), on la reverra en intello doublée d'une aventurière dans " Le Retour de la momie " (sortie le 23 mai). Rachel Weisz est désormais une vedette et il lui faut s'habituer à une célébrité que le triomphe mondial inattendu de " La Momie " a précipitée. Jusque-là, cette jeune actrice anglaise, fille d'un émigré hongrois rescapé de la Shoah, ne s'était signalée que dans quelques rôles secondaires, le premier dans " Beauté volée ", de Bertolucci. Au théâtre, sa première passion, elle avait été couronnée " révélation de l'année " par les critiques britanniques, et son étoile brillait déjà d'un singulier éclat. Diplômée de la fameuse université de Cambridge, Rachel a la tête aussi pleine que bien faite. Elle a créé sa propre compagnie théâtrale et connaît la littérature anglaise sur le bout des doigts. De quoi donner à cette intellectuelle pas snob pour un sou le recul nécessaire à la bonne gestion d'un succès désormais planétaire. Avec sa lucidité, ainsi que son caractère que l'on devine costaud, Rachel Weisz ne devrait pas céder aux illusions du show-biz ni aux jeux de l'ego où se perdent tant de collègues de son âge...Weekend Le Vif/L'Express: Vous posez des choix très éclectiques. Est-ce votre volonté ou le fruit du hasard ?Rachel Weisz: Je suis naturellement attirée par les choses les plus différentes. Je ne suis pas non plus de ces stars qui sont attendues telles qu'en elles-mêmes. Prenez, par exemple, Meg Ryan. Quand vous allez voir un film où elle joue, vous allez voir Meg Ryan, pas le personnage qu'elle incarne. Tout comme autrefois on allait voir Humphrey Bogart, plus pour lui que pour le rôle qu'il défendait. Il suffit à Meg, comme en son temps à Bogart, d'être elle-même. J'avoue pour ma part que je serais très gênée de devoir ainsi être moi-même sur l'écran. J'ai besoin de composer un personnage différent pour avoir en moi la sécurité nécessaire. Par bonheur, je ne suis pas une star (rire)! Vos personnages vous influencent-ils dans la vie quotidienne?Pas en profondeur, sans doute. Mais je m'habille parfois différemment à cause de tel ou tel personnage. Je suis très jeans et pantalon, mais une femme que j'incarne et qui porte des robes et des jupes peut me donner l'envie d'en porter aussi en dehors des plateaux. Mais c'est assez rare, tout de même. Le fait d'être super-habillée la journée durant un tournage vous donne plutôt envie de retourner le soir à des tenues plus détendues.Pensez-vous, comme dit Morgan Freeman, qu'un acteur est quelqu'un qui cherche des masques derrière lesquels se cacher?Je suis absolument d'accord avec lui! Totalement. A cent pour cent. L'an dernier, ma meilleure amie s'est mariée, et j'étais sa demoiselle d'honneur. J'ai dû faire un petit discours devant les 300 personnes qui étaient à la noce. Eh bien, je me suis retrouvée au-delà de la terreur, carrément pétrifiée, quasi malade physiquement. Tout le monde est venu me dire " Mais qu'est-ce qui t'arrive? Tu es une actrice! " Je ne leur ai pas expliqué la réalité, parce que c'était le jour du mariage de ma meilleure amie et que je ne voulais pas imposer mon psychodrame... Mais la vérité est que, moi, Rachel, je devais prendre la parole en tant que personne et pour dire des choses qui me venaient du coeur. Je n'avais pas cette double protection que constituent un personnage et un texte. Cette double protection qui m'évite la peur lorsque je suis actrice. Je suis parvenue au bout de mon speech, mais ce fut très pénible. Alors qu'à la scène ou sur un plateau de cinéma, je ne ressens jamais qu'une petite pointe de trac...Comment réagit-on à un immense succès aussi inattendu que celui qui vous a emportée avec " La Momie "?Lorsque " La Momie " est sorti, je jouais une pièce de Tennessee Williams dans un théâtre londonien. Je n'ai pas pu assister à la première du film car les producteurs de la pièce ne voulaient pas me donner congé pour aller aux Etats-Unis. Par conséquent, je ne me sentais aucunement impliquée par cette sortie de l'autre côté de l'Atlantique. J'ai donc manqué l'angoisse et puis le plaisir que les autres ont dû vivre là-bas, avec les " parties " hollywoodiennes à la clé. Je n'ai donc aucune expérience directe de ce succès. Il ne m'a donc pas vraiment touchée. Mais je suis très consciente du fait qu'il me permet aujourd'hui de faire des choix entre des projets plus nombreux et passionnants, avec des premiers rôles, et aussi de garantir le financement d'un petit film comme " Beautiful Creatures " par ma seule présence en tête d'affiche.Pouvez-vous nous dévoiler un peu du contenu de la suite, " Le Retour de la momie "?Eh bien, l'action se déroule huit ans plus tard. Brendan (Fraser) et moi sommes mariés et nous avons un fils. Figurez-vous que c'est alors qu'on réalise que je suis la réincarnation de la princesse Nefertiti (rire)! Ce sera très différent du premier film. Cela me fait penser aux films de Bollywood, vous savez, ces films populaires hauts en couleur produits et réalisés en Inde. Ça va délirer, je vous promets! Aimez-vous les scènes d'action?Elles m'amusent beaucoup, oui. Depuis que j'en ai tournées d'assez nombreuses, j'ai un autre regard sur le genre en général. Je trouve que la manière masculine de jouer des scènes d'action est franchement désordonnée. Avec les mecs, ça part dans tous les sens. Lorsque les femmes se lancent dans l'action, c'est, je pense, avec plus de logique. Un homme va, par exemple, dans une bagarre, frapper sans réfléchir là où une femme va viser plus spécifiquement l'un ou l'autre point faible de son opposant(e). Nous nous battons bien moins souvent mais mieux (rire)! Vous vous êtes teinte en blonde pour la comédie noire " Beautiful Creatures " ( NDLR: inédit en Belgique). Vous êtes-vous sentie différente? C'est moins votre personnalité qui change que le regard des autres. On ne regarde pas de la même manière une blonde et une brune. Les hommes, particulièrement, semblent réagir au quart de tour au passage d'une blonde. Vous roulez en voiture et vous voyez la tête des mecs sur le trottoir ou dans les autres voitures qui se tourne illico vers vous, tandis que leurs corps restent droit. C'est une gymnastique assez comique à observer. Je ne constate rien de pareil lorsque je suis brune...Quel est votre type d'humour préféré?L'humour noir et un peu tordu, sans discussion possible. J'aime les gags décalés, les trucs un peu glauques sur les bords. Il y a souvent peu de distance entre quelque chose d'horrible et quelque chose d'hilarant.Avez-vous déjà joué un personnage dont vous vous sentiez extrêmement proche?Oui. Tania dans " Stalingrad ", de Jean-Jacques Annaud. Parce qu'en fait, c'est moi. Ou plutôt c'est exactement ce que je m'imagine pouvoir être dans de pareilles circonstances. Une fille qui prend un fusil et va se battre. Dans la guerre, vous n'avez pas l'occasion de vous demander si vous êtes mystérieuse, drôle, attirante, etc. Il n'y a place que pour des comportements simples, directs, dans le combat comme dans l'amour ou le désir, que la guerre n'exclut pas. Je me suis projetée dans Tania. J'ai pensé aussi à ce qui était arrivé à ma famille à cette même époque...Ressentez-vous parfois un manque, quand vous ne travaillez pas?Cela m'arrive parfois. Surtout après un engagement au théâtre. Chaque soir, sur scène, j'ai ces montées d'adrénaline. C'est incroyablement fort! Cette adrénaline, vous vous y accoutumez très vite. Alors, il arrive que le corps en ressente le manque, comme avec une drogue.Que faites-vous lorsque vous ne travaillez pas?Je respire (rire). Je passe beaucoup de temps avec mes amis. Je vais au pub. Je regarde la télévision. Je voyage. Tout récemment, je suis descendue avec une amie, en voiture, dans le sud profond des Etats-Unis. Je rentre de Memphis, dans le Tennessee, où je suis allée visiter Graceland, la maison d'Elvis ( Rachel Weisz montre le pendentif qu'elle en a ramené). Moi qui adore me sentir immergée dans une culture totalement différente, je peux vous dire que là-bas, j'ai été servie au-delà de mes espérances (rire)! Propos recueillis par Louis Danvers