Un vent nouveau souffle sur les collections hiver 10-11 new-yorkaises. Aux côtés des grands noms, Ralph Lauren, Marc Jacobs, Donna Karan et consorts, plusieurs jeunes premiers, comme Alexander Wang, Pragal Gurung et Joseph Altuzarra conquièrent les podiums du haut de leur vingtaine d'années. Question look, on note tout d'abord un retour à la simplicité, aux coupes et aux teintes intemporelles, blanc, gris, noir, à commencer par Marc Jacobs qui donne l'exemple. Ensuite, une tendance androgyne avec beaucoup de tailleurs pantalons et des manteaux aux épaules arrondies qui font la carrure large, chez Calvin Klein et Ralph Lauren notamment. Enfin, une savante infusion de grunge et de bohemian chic, à voir du côté de Proenza Schouler, Alexander Wang, Ralph Lauren, Rodarte... Côté matières, la laine est au rendez-vous, mais aussi beaucoup de fourrure, du cuir et du velours. Moins bling-bling et flashy, la mode new-yorkaise ? C'est certainement la leçon de la crise, qui a relégué Zac Posen, le designer chouchou du red carpet, à un vulgaire horaire matinal du lundi lors de la Fashion Week. Le front row aussi s'est assagi, avec peu de superstars, mais des visages frais comme les s£urs Geldof, Poppy Delevigne, Zoë Kravitz et Tavi Gevinson. Marc Jacobs, lui, joue même les anti-socialites - en février dernier, il avait confié au site Style.com être lassé des caprices de stars, épinglant Madonna et Lady Gaga - pour se concentrer, affirme son attaché de presse, " sur le vêtement ".
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Un vent nouveau souffle sur les collections hiver 10-11 new-yorkaises. Aux côtés des grands noms, Ralph Lauren, Marc Jacobs, Donna Karan et consorts, plusieurs jeunes premiers, comme Alexander Wang, Pragal Gurung et Joseph Altuzarra conquièrent les podiums du haut de leur vingtaine d'années. Question look, on note tout d'abord un retour à la simplicité, aux coupes et aux teintes intemporelles, blanc, gris, noir, à commencer par Marc Jacobs qui donne l'exemple. Ensuite, une tendance androgyne avec beaucoup de tailleurs pantalons et des manteaux aux épaules arrondies qui font la carrure large, chez Calvin Klein et Ralph Lauren notamment. Enfin, une savante infusion de grunge et de bohemian chic, à voir du côté de Proenza Schouler, Alexander Wang, Ralph Lauren, Rodarte... Côté matières, la laine est au rendez-vous, mais aussi beaucoup de fourrure, du cuir et du velours. Moins bling-bling et flashy, la mode new-yorkaise ? C'est certainement la leçon de la crise, qui a relégué Zac Posen, le designer chouchou du red carpet, à un vulgaire horaire matinal du lundi lors de la Fashion Week. Le front row aussi s'est assagi, avec peu de superstars, mais des visages frais comme les s£urs Geldof, Poppy Delevigne, Zoë Kravitz et Tavi Gevinson. Marc Jacobs, lui, joue même les anti-socialites - en février dernier, il avait confié au site Style.com être lassé des caprices de stars, épinglant Madonna et Lady Gaga - pour se concentrer, affirme son attaché de presse, " sur le vêtement ". C'est encore lui qui fait la pluie et le beau temps sur la mode américaine. Cette saison, cap sur les lignes épurées et les tons naturels, qui contrastent avec le grain de folie de ses dernières collections. Une simplicité qui n'exclut en rien la recherche, les coupes structurées et les jeux de constructions. Les jupes en forme s'arrêtent au-dessous du genou, portées avec des vestes et des manteaux cintrés, en général ton sur ton. Pour le soir, Marc Jacobs y ajoute de la fourrure, des imprimés et du lamé. Un look grunge et cuir sous lequel se cache une allure sophistiquée : c'est le défi du duo Jack McCollough et Lazaro Hernandez. Les denims à taille haute, fruits d'une collaboration avec le label J Brand, se parent de graffitis blanc ou bleu Klein sur fond noir. Le cuir s'invite sur les robes et les jupes, portées avec des spencers courts. Ensuite, ce sont les minijupes de patineuses, les cols Claudine, des minirobes plissées aux imprimés profonds et des accents de fourrure bleue ou mauve électrique qui prennent le relais. C'est un peu la collégienne qui rencontre la punkette. Attention les yeux. " Je suis d'humeur romantique et bohémienne ", confiait le grand Ralph Lauren au début de son défilé. Puisant dans la garde-robe Belle Époque, il réussit à lui donner une allure sport chic. Pour le jour, il renouvelle ses classiques, des pantalons jodhpurs ou droits en laine et des vestes redingotes portés avec des cachemires près du corps, dans les tons gris et chocolat, des costumes d'hommes à fines rayures élégamment androgynes et très confortables. Pour le soir, il se lance dans un festival de robes à volants en mousseline fleurie très gypsie. La panne de velours est omniprésente, dans les tons rubis, lapis-lazuli et émeraude. Une silhouette épurée, à la limite de l'androgynie. Du noir, du blanc, une touche de cobalt et de gris perle. Le fashion designer Francisco Costa dessine avec une extrême rigueur les formes féminines. On retiendra de cette collection la simplicité de ses cols raglan, l'asymétrie des manteaux, le tombé flou des fourreaux, mais surtout le volume des manches tubes un peu large qui arrondissent les épaules. Pour les 25 ans de son label, la créatrice new-yorkaise a frappé fort avec une collection mémorable. Rien que du somptueux, décliné presque exclusivement en noir sur noir. Les silhouettes sont sculpturales avec des cols démesurés façon Elizabeth I, des manteaux boules et des robes qui jouent avec la géométrie. Le tout dans un bel effet de matière : nylon, jersey, chiffon, organdi cachemire, laine, satin, plumes, dentelle et fourrure. Flamboyant ! " J'ai toujours voulu vivre une vie d'homme dans un corps de femme ", confie Diane von Furstenberg pour expliquer le thème de sa collection. Qu'on se rassure, le sensuel n'a en rien disparu de ses parures divines. Il y a du court, du fleuri, du lamé, simplement accompagné de vestes velours ou de gros gilets pour la touche de virilité. La saison automne-hiver sera la dernière que DvF signe avec le jeune créateur britannique Nathan Jenden : il a lancé sa marque éponyme en 2006, va s'y consacrer à temps plein. Yvan Mispelaere, un transfuge de Gucci et de Chloé, rejoint quant à lui la coutière d'origine belge à New York. Cosy, confortable et sexy : le tiercé gagnant de Michael Kors cet hiver. Beaucoup de longs pulls et de robes en laine, des cols en fourrure, des robes de crêpe accessoirisées de ceintures et de bottes en daim (portées sur de grandes chaussettes) ou de sandales pour le côté relax. Le tout dans des couleurs camel et gris. Du grand art. Un rêve éveillé. Originaires de la petite ville de Pasadena, en Californie, les s£urs Kate et Laura Mulleavy ont été inspirées par la petite ville mexicaine de Ciudad Juarez, à la frontière du Texas. Les mannequins défilent devant un parterre de bougies incandescentes. La collection s'ouvre avec un total look en trois pièces : top drapé, minijupe en patchwork ethnique et leggings en tulle brodé. Le détail jusqu'au bout des orteils avec des chaussures lacées aux talons sculptés, créations de Nicholas Kirkwood. Mousselines imprimées drapées sur le corps, des tuniques frangées, pulls en crochet complètent ce voyage de l'autre côté du Rio Grande. Des couleurs pour réchauffer l'hiver. La marque au crocodile prend le contre-pied de la sobriété ambiante. Christophe Lemaire - qui quittera la direction artistique de Lacoste, en septembre prochain, à l'issue de la présentation de la collection été 2011, pour dessiner les collections de prêt-à-porter féminin de Hermès, remplaçant ainsi Jean Paul Gaultier - propose des trios de couleurs savamment aménagés. Beaucoup de leggings, des robes polos, vestes ultracourtes qui montrent bien la taille se télescopent dans une palette rouge, jaune, vert sur fond noir. Un arc-en-ciel bienvenu pour affronter la grisaille. Le défilé Wang dans un dock ultrabrut le long de l'Hudson River était le show qu'il ne fallait pas rater (et pas seulement parce que la belle Natalia Vodianova en faisait l'ouverture). Imaginez un vestiaire Homme qui aurait rétréci au lavage et dont toutes les pièces auraient été mélangées ou encore, comme le décrit le créateur, " quand Wall Street rencontre les saltimbanques ". La veste du costume a été coupée en deux, le haut porté en petit blazer étriqué qui s'arrête en dessous de la poitrine et le bas en jupe, et ainsi de suite, brouillant tous les repères. Look urbain dynamisé par des petits sacs à dos que l'on va s'arracher. Un défilé version 2.0 qui était retransmis en direct dans Times Square. Son manteau " bi-face ", blanc devant, noir derrière, a donné le ton de la collection du nouvel enfant prodige de la Fashion Week new-yorkaise. Après une première collection très remarquée la saison dernière, il rempile en prouvant sa maîtrise de la couture avec des robes doublées de satin peplum très structurées. À 30 ans, le créateur originaire de Katmandou, formé chez Bill Blass et fan de Saint Laurent, a le vent en poupe. Il compte déjà parmi ses fans Demi Moore, Rachel Weisz et Michelle Obama. La Belle et la Bête. Le jeune créateur qui monte a infusé un brin d'animalité dans son style très romantique. Les formes de grandes vestes à capuche, les jupes un peu boules, les hauts kimono sont très cocoon. Dans les derniers looks, les ruchés de petits volants sur les minis sont un hommage aux costumes dessinés par Jean Paul Gaultier pour la chorégraphe Régine Chopinot en 1985. Le designer de la robe de bal de Michelle Obama lors de l'investiture poursuit sa quête de nouveau chic américain. Son inspiration : le photographe de l'élégance, Irving Penn version 1950. Pour sa collection hivernale, il fait le grand écart entre le streetwear, avec un manteau et des vestes larges, épaules tombantes, empruntées à une garde-robe masculine et des robes féeriques en satin, tulle et plumes, et une nouvelle robe de bal brodée de feuilles d'or. Une commande dans l'air ? Une collection affirmée et sexy qui joue l'atout cuir. Les lignes sont près du corps : vestes et manteaux très ceinturés, salopette " bodysuit " intégrale en cuir, jupes droites fendues et pour le glamour, des cols en poil de chèvre. Côté couleurs : le rouge et le noir de la passion, évidemment. Pour sa quatrième collection, le jeune créateur né à Paris d'un père français et d'une mère américaine n'a pas peur d'affirmer son style. Pourquoi se priver ? Joseph Altuzarra est déjà sacré jeune espoir de la mode américaine. Par Elodie Perrodil