Je viens d'une famille juive tunisienne, et pour nous, Noël, c'est la France. Ça fait partie d'un folklore exotique, magique, qu'on a embrassé - clichés compris : à la maison, ma grand-mère montait la crèche, et on mettait un point d'honneur à faire un sapin et une belle dinde aux marrons. J'adore le...

Je viens d'une famille juive tunisienne, et pour nous, Noël, c'est la France. Ça fait partie d'un folklore exotique, magique, qu'on a embrassé - clichés compris : à la maison, ma grand-mère montait la crèche, et on mettait un point d'honneur à faire un sapin et une belle dinde aux marrons. J'adore les grandes tablées où l'on se régale, avec des préparations que l'on partage, dont on se ressert plusieurs fois. Je suis l'anti-verrine. C'est l'hiver, il faut multiplier les occasions de se donner chaud les uns les autres, avec des bons petits plats, des lumières ou des odeurs, comme celle de la myrrhe. Pour moi, offrir un cadeau, c'est percevoir ce qui va plaire à une personne, mais qu'elle n'osera pas s'offrir elle-même. Un petit luxe, peut-être un truc un peu absurde, une grosse bougie qui sent bon mais coûte cher, un vêtement, un parfum, une petite litho. J'essaye de viser juste, pas d'imposer mes goûts. Et pour éviter cet affreux rush de Noël, où tout le monde finit avec une écharpe, j'achète des cadeaux même hors de la période des fêtes, quand je tombe sur quelque chose qui me fait penser à quelqu'un - par exemple, lors de mon année passée aux USA, une BD sur l'histoire du hip-hop trouvée à L.A., des bijoux navajos du Grand Canyon... Moi, aussi, ce que je préfère, c'est qu'on ait pensé à moi, même avec une toute petite chose, un caillou, un bracelet... N'importe quoi, à part une montre. Ça, ce serait embêtant parce que je n'en porte pas.