C'était le 21 juin, place des Palais à Bruxelles. Une drache toute nationale accueillait l'émission française Taratata qui, pour fêter la musique, avait pris ses quartiers chez nous le temps d'une soirée. Peu importait alors que la météo tire la tronche, Selah Sue serait le " rayon de soleil dans la grisaille ", expliquait Nagui plus tôt dans la journée. Mais quand on a déjà fait la première partie des concerts de Prince, été plébiscitée par Mo...

C'était le 21 juin, place des Palais à Bruxelles. Une drache toute nationale accueillait l'émission française Taratata qui, pour fêter la musique, avait pris ses quartiers chez nous le temps d'une soirée. Peu importait alors que la météo tire la tronche, Selah Sue serait le " rayon de soleil dans la grisaille ", expliquait Nagui plus tôt dans la journée. Mais quand on a déjà fait la première partie des concerts de Prince, été plébiscitée par Moby et qu'on compte Ben l'Oncle Soul ou Benjamin Biolay parmi ses fans, ce n'est pas un petit compliment qui va vous faire rougir. Ni vous décontenancer au moment d'entrer en scène, même devant les 50 000 spectateurs massés ce soir-là devant notre palais royal et bien au-delà ; le physique d'elfe blond de Sanne Putseys, née il y a vingt-deux ans en Brabant flamand, est décidément trompeur. Derrière la candeur du regard océan et la timidité apparente se cache une ferme détermination à vivre pour sa musique, réfractaire aux étiquettes : " Je peux passer, dans le même morceau, du funk au ragga, du hip-hop à l'électro, d'une atmosphère festive avec des beats qui cognent à un climat confidentiel ", nous a-t-elle confié (lire en pages 22 à 25). Mais surtout, Selah Sue, c'est une voix. Puissante, éraillée, de celles qui vous irradient jusqu'à l'épine dorsale. Une voix qui inscrit notre compatriote dans la lignée d'Amy Winehouse, Duffy et Adele et qui a séduit les jurés du prix Constantin, considéré comme l'antichambre des Victoires de la musique. Quitte à faire grincer des dents quelques grincheux d'outre-Quiévrain. Libé faisait remarquer, l'air de ne pas y toucher, que vu le succès de son premier album, Selah Sue n'avait pas été pêchée dans le vivier des talents émergents auxquels se destine cette récompense. Quant au Figaro, volontiers cocardier, il ne pouvait s'empêcher de souligner que " l'artiste belge flamande chante en anglais et ne parle que quelques mots de français ". Ce qui ne l'a pas empêchée, deux semaines après la remise du prix en question, de se produire à guichets fermés à L'Olympia. Ce 10 décembre, elle était aussi triplement primée lors des Music Industry Awards en Flandre. Ce je-ne-sais-quoi que d'autres n'ont pas, Selah, elle l'a. DELPHINE KINDERMANS RÉDACTRICE EN CHEFUN PHYSIQUE D'ELFE BLOND ET UNE VOIX QUI VOUS IRRADIE JUSQU'À L'ÉPINE DORSALE.