L'écriture, vitale ou abyssale ?

Plutôt quelque chose de spontané qui se régénère. Je m'intéresse à ce qui se passe dans le c£ur, l'£il et l'âme. Comment sont-ils liés ? C'est surtout le décalage qui m'interpelle. Souvent, je me sens anormale...
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Plutôt quelque chose de spontané qui se régénère. Je m'intéresse à ce qui se passe dans le c£ur, l'£il et l'âme. Comment sont-ils liés ? C'est surtout le décalage qui m'interpelle. Souvent, je me sens anormale... Elle serait blanche. Quand je la pose sur des choses noires, sa pureté les fait ressortir. On me dit que mes livres sont sombres, or j'y vois de la tendresse et de la gaieté. Oui, mais j'ignore si un écrivain la quitte ou répare ses frustrations, ses peurs et ses exclusions. J'étais une enfant qui avait mal au ventre dans le car scolaire ou qui avait peur d'aller se coucher. La mort de l'homme que j'aime. Hypertimide, rêveuse et polie. On ne m'entendait pas, je faisais l'éponge parmi les grandes personnes. Oui, je m'y suis mise à 12 ans, à la mort de mon grand-père. C'était magique de pouvoir garder les gens qui partent, tout en apprivoisant mes peurs. J'aime la volupté de ce moment. J'aime m'attarder sur un fait divers, car il représente une mine d'informations. L'usurpation d'identité ou la famille me fascinent. Ici, je suis partie du livre que j'étais en train d'écrire pour l'adapter à un mélange d'infos, trouvées sur internet. Evelyne, mon héroïne, existe, mais mon roman est de l'invention pure. Evelyne ne sait pas ce qu'est l'amour, ou comment aimer. Cette escort-girl n'a pas l'impression de faire du mal avec son corps. Axée vers le merveilleux, elle peut transfigurer les choses les plus sordides et commettre des actes monstrueux en gardant un air d'ange. J'ai du mal à penser que je le pourrais mais la pulsion fait l'occasion. Un fusil à pompe, dont j'aime le mouvement. Un chien heureux parce que j'adore leurs petites joies quotidiennes. Mon chien, Lulu, est mort cette année. Le roman décrit cet attachement. En moi, j'ai encore cette envie de " sortir le chien " (rires). Malgré sa sonorité affreuse, je dirais " la boule ", celle que je forme avec mon homme. Trouver sa moitié existe ! L'écriture est mon île, mais je ne pourrais pas vivre sans mon homme, qui conditionne et transforme ce que j'écris. Les Merveilles, par Claire Castillon, Grasset, 237 pages. KERENN ELKAÏMTROUVER SA MOITIÉ EXISTE !