Tam Tam, le fameux tabouret en plastique avec son nom qui ricoche est de retour ! Baudelaire disait que " le génie, c'est d'inventer un poncif ". Henry Massonnet eut un coup de génie lorsqu'il créa, presque par hasard, le Tam Tam. En 1968, année historique, s'asseoir sur un tabouret prend aussi l'allure d'une liberté nouvelle. Ce créateur industriel dirige alors la société Stamp à Oxyonnax, fabricante de seaux et glacières en plastique destinés aux pêcheurs. Pourquoi ne pas imaginer le siège léger qui irait avec ? Sitôt dit, sitôt fait. " Un diabolo. Un parallélépipède hyperbolique, deux blocs faciles à assembler. Je l'ai ima...

Tam Tam, le fameux tabouret en plastique avec son nom qui ricoche est de retour ! Baudelaire disait que " le génie, c'est d'inventer un poncif ". Henry Massonnet eut un coup de génie lorsqu'il créa, presque par hasard, le Tam Tam. En 1968, année historique, s'asseoir sur un tabouret prend aussi l'allure d'une liberté nouvelle. Ce créateur industriel dirige alors la société Stamp à Oxyonnax, fabricante de seaux et glacières en plastique destinés aux pêcheurs. Pourquoi ne pas imaginer le siège léger qui irait avec ? Sitôt dit, sitôt fait. " Un diabolo. Un parallélépipède hyperbolique, deux blocs faciles à assembler. Je l'ai imaginé et dessiné en quelques heures, sans grands efforts. C'est simple comme bonjour, il suffisait d'y penser ", plaisante aujourd'hui cet homme de 81 ans qui n'a rien perdu de sa modestie. Il pourrait pourtant avoir la grosse tête : cet objet bon marché, populaire, sans prétention, est entré dans les collections du musée des Arts décoratifs à Paris et au MoMa à New York. Il aura suffit pour cela qu'en 1969 Brigitte Bardot pose dessus ses célèbres fesses, à la Madrague. La mode s'en empare. Il s'en vend en dix ans plus de douze millions d'exemplaires. Mais le plastique vieillit mal. " Il n'était pas performant comme les matières actuelles ", souligne Henry Massonnet. Puis il y a le choc pétrolier. Ce meuble culte des soixante-huitards connaît l'usure et perd son lustre. En 2002, Sacha Cohen, collectionneur de pop, l'estampille Branex Design et lui redonne une seconde vie. Revoici le Tam Tam, décliné dans de nouveaux coloris ou en transparent avec la gamme Krystal... Qu'en pense Henry Massonnet ? Il préfère les oranges, rouge vif et violets originels. Le Tam Tam sur lequel on tambourinait à la fin des surboums, dans les années 1970 ! Branex Design a eu la bonne idée de demander à 55 créateurs de relooker le drôle de diabolo selon les lubies et les envies de chacun. Le résultat de cette carte blanche hors du commun est aussi surprenant que varié. De quoi subjuguer Henry Massonnet qui n'en revient toujours pas, dit-on, du succès planétaire de sa modeste invention ! Trente-cinq ans après son apparition, son siège moulé continue à être fabriqué dans la même usine, à Nurieux, dans le département de l'Ain. Plus étonnant encore, le Tam Tam est toujours issu du moule n° 169 dans lequel il a vu le jour ! Le travail des 55 designers convoqués par Branex Design û et dont nous vous livrons en pages 27 à 29 une sélection haute en couleur û laisse entrevoir avec humour les infinies possibilités de customisation. Seul regret : ces prototypes ne sont pas commercialisés. Mais que les amateurs se consolent : à côté de ses quatre gammes principales û Krystal, Fluo, Pop, Trans û il y a deux collections collector : " Dress code " revisite le Tam Tam en version résille ou sky tandis que " Trends " réinterprète le classique en modèles bi-chromiques noir et blanc. Et si cela ne vous suffit pas, rien ne vous empêche de créer votre propre remix et de vous inspirer des modèles imaginés par des créateurs-designers dont nous vous proposons une sélection particulièrement ébouriffante... Isabelle Forestier et Antoine Moreno